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Georges Wolinski

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Présentation de l’artiste

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

Georges Wolinski (1934-2015), est un dessinateur de presse français.

Ses collaborations ont été multiples. Wolinski a en effet dessiné pour plus de 40 journaux (dont France-Soir, Paris-Presse) et périodiques (dont Hara-Kiri, mensuel et hebdomadaire, l’éphémère Action, l’Enragé, avec Siné, Le Nouvel Obs, Phosphore, La Gueule ouverte, Charlie Hebdo…, l’Humanité, et même Paris-Match) !

Il a été assassiné à Paris lors de l’attentat terroriste du 7 janvier 2015 contre la rédaction de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, comme avec lui le furent les dessinateurs Cabu, Charb, Honoré, Tignous, la psychanalyste Elsa Cayat, l’économiste Bernard Maris, Franck Brinsolaro, policier en charge de la protection de Charb, le correcteur Mustapha Ourrad, Michel Renaud, Frédéric Boisseau, de la société Sodexo, et Ahmed Merabet, gardien de la paix tué boulevard Richard-Lenoir. 11 autres personnes ont été blessées lors de cet attentat.

Sans trop nous attarder sur son enfance, signalons tout de même que le père de Wolinski, chef d’une entreprise de ferronnerie d’art à Tunis, fut assassiné alors que Georges n’avait que 2 ans.

Wolinski, Les directions. Dessin original, années 1980 © Wolinski

Il anime au cours de ses années de lycées quelques publications d’élèves, comme au lycée de Briançon Le Potache libéré, puis au lycée Marcelin-Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés, Le Crypto-Journal.

Il publie quelques premiers dessins dans Rustica en 1958, puis, après avoir adressé des dessins à François Cavanna, il entre en 1960 dans l’équipe de Hara-Kiri. Sachez que les dessins de ses débuts étaient pour le moins touffus, et qu’il n’y travaillait que la nuit. Ce fut Cavanna, le grand moustachu, qui sut le décider de n’être "qu’un dessinateur", un métier périlleux, et d’autre part à simplifier ses dessins.

Après quelques recherches de style, Wolinski adopte un graphisme assez proche initialement de celui de Copi, avant de s’en distinguer par l’expressivité amplifiée qu’il confère à ses personnages. Les événements de mai 1968 font largement connaître son travail, au point que ses dessins sont même demandées en publicité (Ibm, Mars, Renoma, Rizla+...). Ces publicités lui seront parfois reprochées par les puristes, alors qu’il les choisissait avec soin, ne laissant décider que son inspiration.

Wolinski dessina aussi en 1968 dans Le Journal du dimanche, et il deviendra de 1970 à 1981 rédacteur en chef de Charlie Hebdo.

Il a produit près d’une centaine d’albums, réalisé des affiches, écrit et monté des pièces de théâtre, des films et des sketchs télévisés.

Dessin original pour la couverture de l’album "C’est pas normal", Éditions du Square, 1976 © Georges Wolinski

J’adore personnellement les longues conversations enfiévrées « au café du commerce » de ses personnages, à l’absurdité enveloppante en forme de bande de Mœbius.

Son « Roi des cons » est également devenu une référence, qui reste disponible dès que l’on sent qu’un orateur, qui peut par son phrasé commencer à séduire, part soudainement en torche. L’épidémie, dit-on, se serait, en ces temps de crise, rapidement répandue parmi les experts et les politiques.

Rien n’aura échappé à cet observateur amusé, marqué par une forte empreinte surréaliste, et totalement à la fois décomplexé-complexé et intéressé-apaisé-détaché.

Présentation de l’exposition

Du 29 juin au 2 septembre 2012, le site François-Mitterrand de la BnF avait accueilli, en entrée libre, dans la galerie François Ier, l’exposition Wolinski, 50 ans de dessins. Plus de 200 de ses dessins originaux, choisis parmi sa collection personnelle !

Ils venaient d’entrer à la BnF, généreux don de leur auteur. Toute une œuvre, quoi : 1 200 dessins au total, 630 affiches, plus d’une centaine de croquis...

Ainsi, de son propre chef, n’écoutant que sa générosité et ses insatiables besoins de gloire (n’oublions pas qu’il avait été décoré de la Légion d’honneur !) et d’amour, celui qui fut l’irrespectueux, le sulfureux, le grinçant et le poétique dessinateur érotomane, Wolinski Ier, entrait de son vivant... mieux qu’au musée ! À la Bibliothèque nationale de France !

Mais que leur arrivait-il à ces dessinateurs radicaux qui avaient tant participé à lever de barrières des censures et de l’ennui occidental à passer ainsi en compacts bataillons du côté joyeux de la révolte à la face obscure et un peu surannée des musées et du "formolisme" !

2012 voyait ainsi Art Spiegelman, à la BPI au Centre Pompidou, puis Robert Crumb, au musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, et maintenant le dessinateur français de presse le plus publié, Georges Wolinski ! Et pourquoi pas ?

Wolinski, Homme poisson Dessin original, fin des années 1960 © Wolinski

Je craignais un peu, sur un tel projet d’exposition, une sélection un peu compassée fleurant bon un projet de retraite et un besoin de longue canne à pêche. La visite m’avait pleinement rassuré : apparemment le style Wolinski bande encore, et sait nous arracher par surprise des vrais sourires heureux et des soupirs de contentement qui resteraient lucides.

Ce philosophe hédoniste était capable de constater au bout de sa carrière : " Oh, vous savez, des barrières morales, j’en ai pas beaucoup (...) On peut tout dire encore faut-il trouver la bonne formule ".

Les choix faits dans cette exposition étaient de la meilleure facture, et des plus corrosifs, pour ce dessinateur qui faisait dire à l’un de ses personnages : « Monsieur, je suis pour la liberté de la presse à condition que la presse n’en profite pas pour dire n’importe quoi ! » Ou à tel autre : « Le socialisme, c’est comme la marijuana : c’est peut-être inoffensif, mais ça peut conduire à des drogues plus dures comme le communisme.  »

Sacré Georges ! Après tout, nous verrons bien !

Un catalogue Wolinski, 50 ans de dessins (coédition Hoëbeke / BnF. 160 pages, 400 dessins, 29,50€) a été réalisé sous la direction de Martine Mauvieux, conservatrice à la BnF et commissaire de l’exposition.

Les textes, particulièrement pertinents et bien écrits sont de Martine Mauvieux (W., un monde suffocant et drôle, hilarant et désespéré, et W., dessinateur de presse), de la psychologue Élisabeth Roudinesco (Wolinski et les femmes), de Cavanna (Un autre W.), de Massin (Le graphisme chez W.), et de sa femme Maryse, qui le décrit comme un reporter de la vie.

Une anecdote rigolote à noter au passage. La grande Élisabeth Roudinesco, dans son article W. et les femmes, commentant son Autoportrait assis (un peu plus haut dans ce texte), lui envoie davantage que des fleurs : " On dirait du Ingres revu et corrigé par Buster Keaton. Planté avec ses yeux ronds et son cigare, nœud papillon et smocking noir année 1950, il trône tel un enfant comblé au milieu de quinze baigneuses hilares et allumées, fièrement assis sur le canapé d’un bordel, sorte de divan freudien en forme de vagin charnu ".

Ce texte sera, n’en doutons pas, une pure délectation, et les collègues en analyse de Madame Roudinesco en savoureront un à un chacun des termes choisis. Cerise sur le gâteau, on est de surcroît justifiés à s’interroger sur l’identité de la 15e des " baigneuses hilares et allumées ", car, si vous les recomptez, vous verrez bien qu’elles ne sont que 14... Wolinski, il est une fois de plus démontré que tu as su rester un personnage troublant !

Le Pire a de l’avenir, de Georges Wolinski, Le Cherche-Midi. Petit format, mais de 928 pages, 23,90 euros. Beaucoup de textes autobiographiques ou de pensées aux profondeurs variables, et pas mal de dessins dont des inédits. Comme dit le poète chinois, ou G. W. : " La vie est une suite de moments, moments en morceaux, de plaisir, d’angoisse, et de réflexions. Il y a un moment où il faut s’en aller. "


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : Paris Expos Hebdo : Nouveautés, Conseils, Derniers Jours.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Vous pouvez consulter quelques dizaines de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, BnF, Wolinski, Wikipédia, Élisabeth Roudinesco

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