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Anciennes usines Panhard et Levassor

Véritables pionniers de l’automobile, Panhard et Levassor ont constitué un duo de génie dans l’histoire de l’automobile française. A l’instar de Citroën (Javel) ou Renault (Boulogne), leurs usines eurent pour cadre le 13e arrondissement de Paris, sur une douzaine d’hectares situés à la porte d’Ivry. Retour sur une belle aventure industrielle qui fit de Panhard et Levassor le premier constructeur français jusqu’en 1912 et s’acheva en 1967.

En 1867, René Panhard s’associe Jules Perin, découpeur de bois au faubourg (Saint-Antoine) pour produire des machines à scier le bois et installe ses usines avenue d’Ivry. En 1875, ils produisent un moteur à gaz, mais à la suite du décès de Perin, Panhard fait une rencontre capitale : il s’associe à un ingénieur centralien comme lui, Emile Levassor. Ce dernier s’est assuré l’exclusivité du moteur à essence Daimler grâce à un ami ingénieur commercial, Edouard Sarrazin. Et rappelons que Panhard est issu d’une famille de carrossiers ; il s’intéresse donc tout naturellement à la motorisation de voitures hippomobiles.

En janvier 1891 sort un véhicule qui réussira un trajet jusqu’à Versailles, puis Etretat. La même année, les constructeurs livrent à des clients fortunés 5 modèles... il semblerait donc que la première voiture commercialisée au monde soit une sorte de fiacre propulsé par deux cylindres en V de 817 cm3 atteignant des pointes à 16 km/h !

Mais le génie de Levassor - Panhard est plus l’entrepreneur - c’est de révolutionner la conception architecturale : au lieu de placer le moteur au centre ou à l’arrière, il est le premier à disposer le moteur à l’avant, devant l’embrayage.

L’essor de la marque est également étroitement lié à la compétition automobile. 1ere course au monde : Paris-Bordeaux-Paris en mai 1895, remportée par Emile Levassor. Par la suite, les constructeurs remporteront des courses importantes : Monte-Carlo, les Mille miles, le tour de France.

La marque va acquérir une solide réputation ; elle devient célèbre das le monde entier pour des voitures robustes, puissantes, luxueuses et chères. Innovatrice, la marque soit en 1936 la première Panhard aérodynamique, sous le crayon de Louis Bionier ; elle sera le flambeau de la marque avant la guerre. Des dizaines de milliers d’automobiles seront donc fabriquées dans le 13e arrondissement et les usines emploieront jusqu’à 6.000 personnes.

Après la Seconde Guerre Mondiale, les Trente Glorieuses signent le début de la production de masse avec des modèles plus abordables et célèbres comme les Dyna concept de voiture "minimum"), les PL 17 (toujours de Louis Bionier, avec un moteur Tigre très envié), dont la fameuse Relmax (illustration ci-dessous) les coupés 24, très élégants et originaux, et le cabriolet junior (produit jusqu’en 1956). On les identifie très bien dans bon nombre de vieux films français.

Mais le manque de moyens financiers et la relative modestie de la gamme vont finir par handicaper Panhard et Levassor. En 1965, l’absorption par Citroën est inévitable. Malheureusement, l’acquéreur se révèlera exécuteur et stoppera la production dès 1967. Dès lors, Panhard va se concentrer sur la production de 2 CV fourgonnette et de véhicules militaires. Encore aujourd’hui, la marque propose une quinzaine de véhicules militaires légers dont la commercialisation marche très bien, conflits oblige, mais c’est une aventure toute différente.

En vous promenant autour du triangle formé par la rue Nationale, l’avenue d’Ivry et la rue Regnault, vous longerez ce qui subsiste des anciennes usines Panhard et Levassor. Actuellement en rénovation et destinés à des bureaux, les bâtiments ne manquent pas d’allure avec leur base en meulière, leurs hautes façades en brique rythmées par de grandes ouvertures et la corniche moulurée.

Franck Beaumont

Sources : Guide du Promeneur 13e

19 avenue d'ivry

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