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DERNIERS JOURS : l’Impressionnisme et la mode, au musée d’Orsay

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Les peintres impressionnistes, soucieux d’être dans leur temps et de rendre compte de la vie de leurs contemporains, s’entendaient, sans se l’être forcément formulé entre eux, pour privilégier la représentation de la figure humaine dans son milieu quotidien. Ils tenaient à saisir la femme et l’homme "modernes", avec tout de même une préférence marquée pour les femmes, dans leurs activités habituelles, à la ville comme à la campagne.

Ainsi, sans rechercher à reproduire trop scrupuleusement la physionomie, la robe, le costume ou l’habit, ces peintres n’en rendaient pas moins compte des modes et des attitudes de leur époque.

Ils y parvinrent par leur volonté de considérer le portrait comme l’instantané d’une femme ou d’un homme dans son cadre familier, par leur capacité à renouveler, du double point de vue de la typologie et de la topographie, la scène de genre, et, plus que tout, par leur attention à "la métamorphose journalière des choses extérieures", pour reprendre l’expression de Charles Baudelaire.

Par leurs positions comme par leur parti pris esthétiques, la réalité de la femme et de l’homme des Années 1860-1880... et de leurs vêtements subissait alors une incontestable transfiguration, voire, si je l’osais, un véritable Coming out.


Une soirée, 1878, par Jean Béraud, L’Impressionisme et la Mode, au Musée d’Orsay. Photo Patrice Schmidt / Musée d’Orsay, dist. RMN

Ce fut dans ces années-là que la journée de la femme (entendons-nous, nous parlons là des classes aisées, tout de même !) se ponctua, prenant modèle sur la geste des cours européennes, par des changements de vêtements adaptés ou codés à chaque événement du chapelet quotidien. Les robes, qui précédemment se transmettaient de génération en génération, pouvaient alors... n’être plus portées qu’une seule fois. Naissance de la mode telle qu’on la connaît encore aujourd’hui. Merci Monsieur Worth, couturier notamment de la cour d’Angleterre, installé à Paris et annonceur des Jacques Doucet, Paul Poiret et des autres.

Dans ce même temps où les femmes s’habillaient de splendides parures de couleurs, changeantes et étourdissantes, les hommes se moulaient dans la ternitude d’habits aux couleurs éteintes la plus absolue, passant de l’habit de jour noir, bleu marine ou marron, à l’habit de soirée, résolument noir évidemment ! Ils devenaient alors visuellement le simple faire-valoir de ces dames, chargées elles de porter spectaculairement et si possible avec élégance la réussite de leur époux ou de leur protecteur.

L’exposition L’Impressionnisme et la mode commence assez tranquillement avec, en mise en bouche, quelques robes de l’époque, confiées par les musées Galliera (toujours en travaux) et des Arts décoratifs. Pénombre, forcément, les tissus anciens sont si sensibles... et deux jolies liseuses, l’une peinte par Manet, l’autre par Renoir. Liseuses, donc dans leur siècle, et, bien qu’encore corsetées, déjà modernes.

Ici entre en scène Eugène Disderi, personnage-clé dans ce tournant d’époque. En effet, il invente dans les Années 1850 le portrait photographique, format carte de visite. Étonnant, non ? Et qui plus est, son invention permet d’avoir sur la même plaque 6 à 8 prises de vue différentes. M. Disderi prodiguait des conseils divers à ses client(e)s : sur le choix des vêtements, des couleurs, même sur les attitudes des mains ou le port de tête. Et ces cartes de visites photographiques, qui nécessitaient 10mn de pose puis 8 jours d’attente, se vendaient à l’unité, à la douzaine, par centaines, s’échangeant entre membres d’une même famille ou entre ami(e)s.


Edgar Degas (1834-1917) Chez la modiste [The Millinery shop] Entre 1879 et 1886 Huile sur toile 100 x 110,7cm Chicago Art Institute Mr. and Mrs. Lewis Larned Coburn Memorial Collection © The Art Institute, Chicago

Dans son roman Au Bonheur des dames (1883), Émile Zola raconte le grand magasin, qui naît alors, plaçant au passage quelques banderilles : "La grande puissance était surtout la publicité. (Le propriétaire, ndlr) Mouret en arrivait à dépenser par an 300 000F de catalogues, d’annonces et d’affiches (...) Il professait que la femme est sans force contre la réclame, qu’elle finit fatalement par aller au bruit."

Voir le tableau La Demoiselle du magasin (1883-1886), de James Tissot, qui, pour n’avoir pas été impressionniste, n’en dévoile pas moins précisément en fond de tableau le Paris haussmannien de la bourgeoisie triomphante.

Dans cette exposition, située dans un espace un peu serré, la mise en scène a prévu en compensation quelques grands miroirs face aux tableaux de plus grands formats, laissant l’opportunité au visiteur de se fabriquer son propre recul... et de voir ces tableaux à l’envers. Ce qui est bon pour la mode ne le serait-il pas pour la peinture ?

Quelques autres fort belles toiles de Jacques Tissot, égrainant les mois et leurs parures, maître dans l’art de peindre les tissus, comme dans sa scène d’un bal sur un bateau (1874), ou pour l’assistance d’un spectacle de cirque (1885).

5 beaux Berthe Morizot. De splendides Manet, bien sûr, qui s’attarda au cours de ses 5 dernières années à peindre de fort belles femmes. D’intéressants Mary Cassatt (Dans la loge, 1878 ; Femme au collier de perles dans la loge, 1879), qui permettent de constater qu’au spectacle la mode permettait que les dos et les poitrines soient avantageusement offerts aux regards, et que les jumelles... étaient rarement orientées vers la scène.

Un peu de misogynie traîne toujours sur de tels thèmes. Pour Cézanne, tel tableau montrant deux femmes s’appellera La Conversation ou Les deux Sœurs, alors que les deux messieurs du second plan discutent apparemment tout autant. Pour la Dame au gant, de Charles Durant, le singulier se justifie-t-il alors que le second gant est à terre et que la Dame nous regarde d’agréable manière ?

Un peu étonné de retrouver le spectaculaire tableau de Gervex, présenté dans l’exposition "Degas et le nu", avec sa légende inchangée, mentionnant le conseil de Degas à Gervex de placer un corset au sol, pour montrer que cette femme est une femme qui se déshabille.

Ne serez-vous pas aussi surpris que moi de trouver dans la partie consacrée aux plaisirs de plein air... un faux gazon au sol et d’entendre les gazouillis des rossignols ?

Quelques hommes élégants ont été bien attrapés et décrits par nos peintres, dont L’Homme à l’Ombrelle (vers 1868), de Claude Monet, ou un portrait craquant du jeune Renoir, se tenant acrobatiquement les genoux sur un fauteuil, réalisé par Frédéric Bazille, en 1867, quand ils occupaient encore le même atelier, rue Visconti.

Et une petite merveille, en fin d’exposition : un essai de "Figure en plein air" (1886), de Claude Monet, pour son célèbre tableau de La Femme à l’ombrelle.

Les commissaires de cette exposition sont Guy Cogeval, président des musées d’Orsay et l’Orangerie, Philippe Thiébaut, conservateur en chef au musée d’Orsay, Gary Tinterow, de New York, Metropolitan Museum, et Gloria Groom, de Chicago, Art Institute.

Cette exposition se tiendra du 25 septembre 2012 au 20 janvier 2013 au musée d’Orsay. Elle sera ultérieurement présentée à New York, au Metropolitan Museum of Art, du 19 février au 27 mai 2013, puis au Chicago Art Institute, du 30 juin au 22 septembre 2013.

Vous retrouverez dans les articles « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » et 2013 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 et celles de 2013 déjà annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans les articles « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », et « Calendrier 2013 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : "LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du...".

Nous tenterons aussi de vous les présenter chaque mois , à partir de Février 2013.

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous avons établi notre sélection, pour Paris, des MEILLEURS CATALOGUES des expositions 2012, en vous indiquant en plus les nominés, et les primés au Prix CatalPa 2012 pour les catalogues d’expositions de Paris.

Nous procéderons de la même manière en 2013, avec PARIS 2013 : les meilleurs catalogues d’expositions de Paris.

André Balbo

sources : visite, musée d’Orsay

Adresse

1 Rue de la Légion d’Honneur 75007 Paris

Horaires

- Du 25 septembre 2012 au 20 janvier 2013

- Ouvert de 9h30 à 18h, jusqu’à 21h45 le jeudi, fermé le lundi
- Nocturnes supplémentaires prévues les 28, 29 et 30 décembre 2012.

Messages

  • Ah oui "ternitude" !!! Vous vous prenez pour... Ségolène Royal sur la muraille de Chine ?!! J’avoue que déjà "bloquée" par votre (expression !) "coming out", je m’étais arrêtée là dans ma lecture (c’est le commentaire d’1 autre lecteur qui m’a fait revenir sur votre texte, vraiment très... "réclame" lui aussi ! Autre emploi, incorrect en bon français, du terme : opportunité. Décidément ! Il faut en outre savoir que la +part de ces tableaux, sinon tous (?) se trouvent à Orsay en permanence ! Mais ce genre d’expo. avec "teasing" (moi aussi, je me risque !) est de + en + utilisée par les musées - même, sinon surtout très réputés et...sérieux - pour faire venir le monde...en masse !

  • Il y a des moments où mieux vaut ne PAS oser (Cf. votre choix de l’expression anglaise "coming out" complètement à "côté de la plaque" !)...
    D’autant + dommage placée en début car le reste du texte est intéressant mais, du coup, on n’a guère envie d’aller + loin dans sa lecture... Heureusement, les reproductions parlent d’elles-mêmes et pour elles !

  • Ne pensez-vous pas que "La mode au temps des impressionnistes" eut été un titre plus juste au regard des peintres comme James Tissot, jean Béraud ou Gervex ? Petite erreur : "Au Bonheur des dames " est de 1883( et non 1983)et puis "ces" années plutôt que "ses" années. Enfin, bien que ce néologisme ne me déplaise pas, je n’ai pas trouvé dans le dico la "ternitude" des habits des hommes !