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L’hôtel Polignac, collection Sainte-Anne

Dernière mise à jour : mardi 25 septembre 2018, par Franck Beaumont

Comme le Palais-Rose, l’hôtel de Polignac, véritable palais du début du XXe siècle, a été édifié grâce à la fortune d’une riche américaine héritière dans l’industrie. C’est un des derniers témoins des fastes parisiens de l’aristocratie, éprise de mécénat artistique, à cette époque.

Comme beaucoup d’américaines fortunées, Winnaretta Singer, héritière des célèbres machines à coudre, vient étudier la peinture à Paris sous la direction de Félix Barrias, puis de Louis Forain. Lorsqu’elle rencontre son futur mari, le prince Edmond de Polignac (1934-1901), premier prix de composition au Conservatoire en 1865 , elle trouve le compagnon idéal. Ce fut toutefois une union essentiellement intellectuelle puisque le prince était plus porté sur les hommes que les femmes.

Les Polignac seront de grands mécènes, comme le seront à peu près à la même époque les Noailles. Ils ont soutenu et influencé des artistes aussi importants que Jean Cocteau ou Marcel Proust (reçu par les Polignac à partir de 1894). Il est dit que Proust s’inspira des soirées Polignac pour évoquer ses mercredis chez Madame Verdurin, dans sa Recherche du Temps perdu. Hélas le prince décède dès l’année 1901. La princesse de Polignac va continuer à mener seule une vie de mécène des arts.

En 1904, elle confie à l’architecte Henri Grandpierre la construction de son hôtel, à l’angle de l’avenue Georges Mandel et de la rue du pasteur Boegner. Celui-ci bâtit une demeure classique, néo-Louis XVI, comme tant d’autres hôtels du quartier.

Contrairement à l’usage habituel qui voulait que tout hôtel particulier soit construit entre cour et jardins , l’hôtel oriente uniquement ses salons sur une terrasse jardin, donnant sur la rue du pasteur Boegner. L’architecte a agrémenté les façades très classiques de l’hôtel de pilastres ioniques, de grandes ouvertures en plein cintre à l’étage de réception, et d’un avant-corps courbe donnant sur le jardin. A l’intérieur, le décor du salon de musique fut réalisé par José-Maria Sers, surnommé le « Tiepolo des milliardaires ». Il représente Apollon musagète sur son char et est resté célèbre.

Dans cet hôtel, la princesse réunissait les meilleurs musiciens de l’époque : Fauré, Debussy, Ravel, Satie, Stravinsky, de Fella, et des interprètes aussi prestigieux que Nadia Boulanger, Caruso, ou Cole Porter. Dès 1928, elle créa une fondation pour la promotion des Arts et des Sciences. A sa mort en 1943, l’hôtel entra dans les mains de la fondation Singer-Polignac, qui y possède toujours son siège.

Rappelons enfin que la princesse de Polignac, richissime, recevait également nombre d’artistes musiciens à Venise , dans son palais Continari-Polignac (il existe toujours), notamment Gabriel Fauré qui y séjourna.

Franck Beaumont

Sources : Guide du patrimoine Paris, Guide du Promeneur 16e arrondissement

Adresse

43 avenue georges mandel

Messages

  • Il est impossible d’adresser un message à la Fondation via le formulaire de contact et il n’y a pas d’adresse-mail. Merci de nous renseigner sur les moyens de contact.

  • Bonjour
    J’essaie en vain, depuis longtemps, d’atteindre la fondation pour présenter un livre (une biographie d’AdolphesSax, la seule sur le marché) au Prix des Muses. Mme Raimbeaux vient de me répondre pour me dire qu’elle ne s’en occupe plus. Impossible d’envoyer le formulaire, ça cale à "sujet", "autres informations".(champ obligatoire). Je voudrais bien avoir une adresse de contact et recevoir toutes les infos utiles svp. C’est un livre de luxe, très cher. si vraiment il faut envoyer 8 ex, mon éditeur, Gérard Klopp (Luxembourg-Thionvoille) sera plus que réticent. Madame Raimbeaux me rassure à ce sujet mais m’invite à contacter sa remplaçante. Je n’ai pas son adresse de contact. jJespère que je ne suis pas hors délai. Merci. JP Rorive, dr en histoire, université de Liège. (032) 0498859981

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