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La photographe Catherine Balet est à la galerie Polka, avec Strangers in the Light

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Catherine Balet est peintre de formation. Avec sa série « Strangers in the Light », elle réalise une œuvre paradoxale dans laquelle s’instillent et se confrontent l’hyper-communication et la profonde solitude de notre quotidien.

Les lumières un peu glacées qu’émettent nos engins numériques, tablettes, téléphones, ordinateurs et tutti frutti, viennent remplacer les chaleurs tendres, chaudes et intimistes que produisaient jadis ou hier encore bougies et chandelles.

Dans les tableaux de Catherine Balet, cet éclairage un rien blafard parvient dans un premier temps à tromper notre vigilance.

Strangers in the Light #71, 2009

Ce ne sera qu’au second regard que l’on constatera ce froid meurtre esthétique que commet insidieusement cette modernité, pourtant fugace mais conquérante, sur notre mémoire, nos goûts, certaines valeurs et nos environnements.

Pour souligner l’outrage de ces différences fondamentales, les photographies de Catherine Balet forment entre le passé et la modernité d’insidieux rapports possiblement monstrueux. Ainsi dans de silencieuses ambiances, ces compositions se rapprochent des tableaux de certains grands maîtres de la peinture, comme David, de La Tour, Constable ou Manet.

Chaque scène n’est essentiellement éclairée qu’à la lueur de l’électroménager de nos nouvelles technologies, par ces nouveaux clairs-obscurs bleutés de l’ère numérique.

Pour Catherine Balet : «  La correspondance avec la peinture classique a été un fil conducteur au début de la série. Il s’agissait d’une inspiration et non d’une parodie. Avec le temps, le sujet a pris le dessus. Mon désir était de refléter tous les domaines où la technologie avait pris une certaine influence. »

Membres d’une génération connectée, accros aux smartphones, les personnages de Catherine Balet se photographient dans des miroirs et prennent la pose pour exister sur les réseaux sociaux. Ils sont ensemble, dans la même pièce, mais ne se regardent jamais, trop absorbés par leur reflet.

« L’ère numérique a été une inépuisable source d’influence et d’information. Je souhaite seulement, par mes photographies, interroger la fulgurance de l’ère technologique qui semble avoir accéléré le temps de façon vertigineuse. »

« Mes modèles, accrochés à la prothèse numérique, sont en contemplation de leur vie à travers un écran, comme hypnotisés par un ailleurs. »


Strangers in the Light #2, 2009

Le paroxysme semble atteint avec la scène de la Nativité : à peine né, l’enfant sera photographié sous tous les angles. Pour terminer dispersé, éparpillé, divulgué, dit vulgaire, sur Internet. Et au loin s’entend encore la voix chaude et caressante de Frank Sinatra, comme un regret... Strangers in the Night, doo li lou la la...

Catherine Balet publie au mois d’avril aux éditions Steidl Strangers in the Light.

Polka Galerie, jusqu’au 29 mai 2012. 12, rue Saint-Gilles 75003 Paris, puis très belle cour d’immeubles, du mardi au samedi de 11 à 19h30.

André Balbo

sources : Polka Galerie, Catherine Balet, visite