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Marie Laurencin

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Présentation de l’artiste

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

Marie Laurencin fut l’une des plus célèbres femmes peintres du XXe siècle, elle dont l’exigeant Matisse disait : "Au moins, en voilà une qui n’est pas qu’une fauvette".

Et il est vrai que, comme femme et comme peintre, elle aura fait parler d’elle ! Quelle vie ! Enfant naturelle, ce qui la marque profondément, elle est élevée non loin de Montmartre par une mère couturière, taciturne, mais qui lui disait des contes peuplés de princesses, châteaux, chevaliers et dragons.

Marie Laurencin est brièvement formée à la peinture à l’Académie Humbert, où Georges Braque et Francis Picabia sont alors ses condisciples.

Madame André Groult, née Nicole Poiret. Huile sur toile, 110x70cm. Musée Marie Laurencin, Nagano-Ken, Japon Marie Laurencin, Madame André Groult, née Nicole Poiret, vers 1913 © Adagp, Paris 2012

Henri-Pierre Roché, après une courte liaison, l’encourage dans cette carrière et lui prodiguera longtemps ses conseils.

Ah, la vie amoureuse de Marie Laurencin ! Quelle fougue, quelle absence de réserve, quelle spontanéité, quelle franchise, et quel appétit !

Pour simplifier sa carrière artistique, on pourrait la partager en 4 grandes périodes, qui sont aussi des étapes de sa propre vie :
- l’époque cubiste, de Picasso, Apollinaire et du Bâteau-Lavoir,
- L’exil en Espagne, une époque un peu tristounette,
- Le retour de gloire à Paris et l’immersion sans entrave dans le tourbillon des Années folles,
- La maturité, la guerre et ses suites.


Trois jeunes femmes Huile sur toile 91x131cm Musée Marie Laurencin, Nagano-Ken, Japon Marie Laurencin, Trois jeunes femmes, vers 1953 © Adagp, Paris 2012

A-t-elle rencontré Picasso à la galerie Clovis Sagot rue Laffite ou à celle de Berthe Weill ? Les avis divergent. Mais il est commun d’admettre que Picasso annoncera sa visite prochaine à Apollinaire en lui disant : "Je vais te présenter ta femme", et que ce dernier deviendra effectivement pour quelques années son compagnon.

Bientôt, Marie Laurencin intègre et fréquente assidûment le groupe d’artistes et de poètes du Bateau-Lavoir, et la forte personnalité qu’est Berthe Weill nous laisse sur cette époque et sur cette bande effervescente de succulents témoignages dans son jubilatoire Pan dans l’œil, ou 30 ans dans les coulisses de la peinture contemporaine.


Apollinaire et ses amis (2e version) ou Une réunion à la campagne ou La noble compagnie ou Le rendez-vous des amis : Gertrude Stein, Fernande Olivier, une muse, Guillaume Apollinaire, la chienne Fricka, Pablo Picasso, Marguerite Gillot, Maurice Cremnitz et Marie Laurencin, Huile sur toile 130x194cm Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris, Marie Laurencin, Apollinaire et ses amis (2e version) ou Une réunion à la campagne ou La noble compagnie ou Le rendez-vous des amis : Gertrude Stein, Fernande Olivier, une muse, Guillaume Apollinaire, la chienne Fricka, Pablo Picasso, Marguerite Gillot, Maurice Cremnitz et Marie Laurencin, 1909 © Adagp, Paris 2012

Progressivement, tout ce petit monde, André Salmon, Le Douanier Rousseau, Max Jacob, l’Américaine Gertrude Stein, l’adoptent, avant Jacques Doucet, encore grand collectionneur d’art du XVIIIe siècle, le non moins célèbre couturier Paul Poiret, et sa sœur Nicole Groult, pour qui elle ressentira une profonde et durable passion, partagée puisque Marie Laurencin deviendra successivement la marraine des deux filles Groult, Flora et Benoîte.

« Prise au piège entre les fauves et les cubistes », Marie Laurencin, qui a 25 ans en 1908, séduit d’abord par l’originalité de ses points de vue, son timbre, son enthousiasme, sa spontanéité et sa conversation. Mais, ardemment défendue par Apollinaire, elle s’impose rapidement au Salon et participe à la Maison cubiste, comme à l’Armory Show de New York au tout début du XXe siècle.

Cette période, qui reste la plus singulière, démontre de sa part un sens inné du portrait classique, et une modernité soutenue par une palette en camaïeux de gris, bleus et ocres, cernés de noir.

Pendant la Grande Guerre, Marie Laurencin, parce qu’elle venait juste d’épouser (en juin 1914) le peintre allemand francophile, Otto Van Wätjen, juge nécessaire de s’imposer un pénible exil de 4 années en Espagne. Son humeur et la qualité de sa production picturale en pâtiront, ses modèles d’alors paraissant plus mélancoliques, presque tristes.

Toutefois son séjour lui permet au moins de rencontrer avec passion les tableaux de Goya qu’elle va fréquemment étudier au musée du Prado. Elle entretient d’importantes correspondances avec ses nombreux amis parisiens, et reçoit même quelques visites en Espagne, dont celle de Nicole Groult, bien sûr.


La Vie au chateau, 1925. Huile sur toile. Paris Fondation Pierre Bergé Yves Saint Laurent, en dépôt à la maiso Jean Cocteau, à Milly la Forêt.

Revenue à Paris, divorcée, Marie Laurencin renaît et s’affranchit pleinement durant les Années folles, vivant très librement, très exposée, la période Art Déco au sein de l’École de Paris.

Le marchand Paul Rosenberg lui signe un contrat généreux mais contraignant (dit "de première vue"), évoquant la qualité des peintures qu’il est en droit d’attendre d’elle en retour. Il contribue, notablement de cette manière, et par les expositions qu’il organise, à la forte notoriété à laquelle Marie Laurencin accède alors.

Paul Guillaume la propose également, jusqu’aux États-Unis. Il amène sa peinture chez le Docteur Barnes, et son goût lui fait acquérir pour lui-même les toiles aujourd’hui présentées à l’Orangerie.

Son tropisme naturel inclinant l’artiste "vers une grâce féminine non dénuée de saphisme lui inspire une peinture de chevalet toute « laurencine », qui s’inscrit avec élégance et intensité dans l’art décoratif de son temps".

Elle devient alors la portraitiste prisée d’une société très élitiste, sur laquelle règnent la Baronne Gourgaud, la Comtesse Étienne de Beaumont ou Lady Cunard, entourées de quelques amis masculins, dont le brillant Jean Cocteau.

Jean Cocteau, 1921, huile sur toile. Paris Fondation Piere Bergé Yves Saint Laurent, en dépôt à la maison Jean Cocteau à Milly la Forêt.

Quelques remarques en passant. Marie Laurencin peignit finalement assez peu d’hommes, avec bien entendu quelques exceptions comme Apollinaire, Picasso, Salmon et Cocteau par exemples. Ne sachant pas bien dessiner les animaux (dont les chiens et les biches), elle ne pouvait pourtant s’empêcher de les représenter souvent. Regardez bien. Le placement des membres de ses personnages est souvent peu réaliste, disons, par euphémisme, plutôt assez poétique, et proche selon moi de ce que nous montre en ce domaine Marc Chagall.

Autre chose. Marie Laurencin ne triche pas quand elle peint. Les femmes ne sont pas maquillées, elles n’ont pas d’accessoires, au plus une fleur dans les cheveux, ou quelques rubans, mais pas de bijoux. Confrontation frontale sur les accessoires avec l’autre grand portraitiste que fut Van Dongen, qui proclamait haut et fort que rien n’était plus facile que de portraiturer une femme du monde. Il suffisait de la peindre plus maigre qu’elle n’était, et de grossir copieusement ses bijoux...

Ses amitiés lui inspirent en particulier de nombreuses variations comme autant d’autoportraits autour d’un éternel féminin : rondes de jeunes filles aux effigies intemporelles, qu’elle pare volontiers de perles ou de fleurs.

Femme au chien et au chat, Huile sur toile 100x73cm Musée Marie Laurencin, Nagano-Ken, Japon Marie Laurencin, Femme au chien et au chat, 1916 © Adagp, Paris 2012

Les contes de sa prime jeunesse renaissent sur ses toiles. "À quoi rêvent les jeunes filles" en est un bon exemple : le chevalier arrive au galop, mais les deux damoiselles n’ont vraiment pas l’air de l’attendre... Arrivera-t-il trop tard ?

Dans sa maturité, Marie Laurencin préfèrera la compagnie des écrivains (André Gide, Paul Valéry, Jean Giraudoux, Paul Morand, Jean Cocteau), ce qui l’amènera, assez naturellement d’ailleurs, à réaliser quelques décors de théâtre, et des illustrations d’ouvrages, dont ceux des peintres dont elle admire, avec trop de modestie, l’éclatante réussite. N’avait-elle pas dit quelques années plus tôt : "Si je n’ai pas été cubiste, c’est que je ne le pouvais pas (intellectuellement)".

Autoportrait (détail), 1905, huile sur toile, Grenoble, musée de la peinture et de la sculpture.

Jusqu’au soir de sa vie, elle continue de réinventer un monde de rêveries dont la fraîcheur élégiaque est la plus poétique des qualités. Mais sa myopie gagne du terrain... et son chromatisme s’en ressent (usage du rouge de garance).

Elle adoptera finalement, en 1954, sa servante et maitresse connue de tous, Suzanne Moreau.

Au bilan, sa production picturale, toute importante qu’elle ait été, est demeurée raisonnable : 2 000 tableaux et autant d’aquarelles.

Présentation de l’exposition

Marmottan-Monet aura été le premier musée français à organiser, plus de 50 ans après sa mort, une exposition de cette importance en hommage à Marie Laurencin.

Parmi les quelque 90 œuvres rassemblées pour cette exposition, une large majorité provient du musée que les mécènes japonais, M. Takano et son fils M. Yoshizawa, lui ont consacré depuis une trentaine d’années près de Tokyo.

Selon le commissaire de l’exposition Daniel Marchesseau, guidés par leur sensibilité propre et leur fort penchant francophile, ils furent parmi les tout premiers à avoir de l’œuvre de Marie Laurencin, après sa disparition en 1956, une appréciation aussi fine. Et ce fut à l’occasion d’une refonte de ce musée au Japon que nous avons du le rare plaisir de cette exposition.

MM. Takano et Yoshizawa ont patiemment su acquérir les œuvres les plus abouties du peintre, relevant l’évolution subtile de sa facture et de son chromatisme au fil de 50 ans de peinture. Plusieurs musées et collectionneurs français avaient permis de compléter le panorama aussi séduisant qu’emblématique de cette œuvre qui participe pleinement au rayonnement de l’art français de ce jeune XXe siècle.

Pourquoi et comment cette passion pour l’œuvre de Marie Laurencin les a-t-elle touché eux, tout là-bas, dans l’Empire du Soleil levant ? Peut-être parce que cette peinture, si tendre, subtile, distante, réservée, comme les doux tons de sa gamme chromatique, la rapprochent très intimement du culte que les Japonais rendent à l’éternel féminin...

Marie Laurencin (1883-1956), au musée Marmottan-Monet, du 21 février au 21 juillet 2013, 2 rue Louis-Boilly 75016 Paris.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : Paris Expos Hebdo : Nouveautés, Conseils, Derniers Jours.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Le catalogue de cette exposition a fait partie de la sélection CatalPa de 2013.

Vous pouvez consulter quelques dizaines de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : visite, Daniel Marchesseau, musée Marmottan-Monet, Juan Antonio Pérez Simón

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