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Exposition sur les Tudors, et la Renaissance anglaise, au musée du Luxembourg

vendredi 6 octobre 2017, par André Balbo

Du 18 mars au 19 juillet 2015, une exposition organisée par la RMN-GP en partenariat avec la National Portrait Gallery.

De toutes les dynasties d’Angleterre, celle des Tudors, qui a régné de 1485 à 1603, demeure certainement l’une des plus populaires, et cela certainement en grande partie par le fait que son fondateur, le jeune Henri VII, il a alors 28 ans, su mettre fin à la guerre civile, que l’on nomma la Guerre des Deux Roses, par la bataille de Bosworth.

Au-delà des légendes inspirées en grande partie par leur vie privée, ces familles royales d’origine galloise ont profondément marqué l’histoire de leur royaume.

Au plan politique, l’Angleterre prenait alors en Europe un rôle stratégique, devenant sous Elisabeth une puissance militaire et maritime de tout premier plan. Sa rupture avec l’Église catholique lui conférait de surcroit une autonomie religieuse et une plus grande liberté de discours et d’action.

Le royaume sous cette dynastie ne fut pas en reste dans le domaine artistique, même si l’exposition ne porte pas de façon marquée son effort dans cette direction. Il est vrai que si l’on compare cette dynastie à celle des Borgia par exemple, l’environnement artistique n’atteint pas les mêmes sommets.

Pourtant, le nouveau rang du royaume, et ses besoins croissants de représentation et de prestige, en pleine Renaissance, virent affluer des artistes d’Italie, de Flandres et des contrées germaniques, qui se rangèrent à son service.

Edouard VI (vers 1546), auteur inconnu, École flamande

C’est à ce moment de pleine mutation, où le pays tire profit de tous ces apports, durant l’ère Tudor, que l’originalité de la Renaissance anglaise prenait forme, quand à la même époque la France s’enlisait dans de sanglantes guerres de religion.

Cette exposition réunit les portraits des 5 Tudors les plus emblématiques. Henri VII (1457-1509, le fondateur de la lignée dynastique, mis en scène par Shakespeare dans Richard III) ; Henri VIII, 1491-1547, le roi aux 6 mariages (Catherine d’Aragon, Anne Boleyn, Jeanne Seymour, Anne de Clèves, Catherine Howard et Catherine Parr) ; Edouard VI (1537-1553, l’Enfant Roi) ; Marie I (1516-1558) ; Elisabeth I (1533-1603, la Reine Vierge).

Modèle de Barbe Bleue, la renommée d’Henri VIII est indissociable de sa vie matrimoniale, de ses drames et de ses fracas.

Catherine d’Aragon fut répudiée. Anne Boleyn, exécutée. Jeanne Seymour mourut en couche. Anne de Clèves, éconduite, à peine épousée. Catherine Howard... décapitée. Et Catherine Parr... apporta enfin un peu de stabilité à son Henri !

Catherine Parr. Attribué au maître dit "Master John". Vers 1545. Huile sur bois. Londres National Portrait Gallery

C’est dans un face-à-face assez impressionnant avec les portraits de ces personnages que le visiteur découvre la Renaissance anglaise, les pratiques et les spécificités de l’art britannique, en même temps que les grands événements qui ont ponctué l’histoire de la dynastie.

Aux portraits qui révèlent le vrai visage des Tudors, de leurs conjoints ou de leurs prétendants, et le faste de leur cour, viennent s’ajouter des objets personnels, témoignages offrant de mieux connaitre leur vie et leur époque.

Concernant les portraits présentés, vous remarquerez qu’un style proprement anglais apparait : alors que le visage est présenté assez sobrement, et peu expressif, costumes et bijoux paraissent donner tous leurs éclats à la splendeur et à la puissance des membres de la dynastie. Chaque tissu, chaque broderie, chaque pierre précieuse forment en cela le vrai et seul message : la grandeur d’un âge d’Or que l’on oubliera pas.

L’exposition évoque aussi les rapports qu’entretenaient la France et l’Angleterre au cours du XVIe siècle. Souvent tendus, entre conflits ouverts et recherche d’alliances, ils ont généré d’incessants échanges artistiques où le portrait, et la miniature en particulier, jouent un rôle essentiel.


Triptyque peint aux armes royales d’Angleterre. Atelier anglais. Vers 1550 avec des ajouts postérieurs. Destinée à être accrochée à l’intérieur d’une église paroissiale.

Des œuvres viennent rappeler certains des épisodes clés des relations diplomatiques entre ces deux pays : la rivalité d’Henri VIII et de François Ier ; leur rencontre au Camp du Drap d’Or ; les projets non aboutis de mariage d’Elisabeth Ière avec l’un ou l’autre des fils de Catherine de Médicis ; sans oublier la menace que la reine d’Écosse Marie Stuart, un temps reine de France, fit planer sur le règne d’Elisabeth.

Joos van Cleve, Henri VIII (détail), vers 1530-1535, 72,4 x 58,6 cm, huile sur panneau, Royal Collection, Londres © Royal Collection Trust/ © Her Majesty Queen Elizabeth II 2014

L’exposition explore également le mythe qui s’est progressivement construit autour des Tudors en se nourrissant des excès qu’on leur a attribués et du fort contraste entre les multiples mariages d’Henri VIII et le célibat d’Elisabeth.

Cette légende, toujours vivace au cinéma et à la télévision, prend sa source dans la France du XIXe siècle qui découvre l’histoire de l’Angleterre, avec de grands maîtres dont notamment Shakespeare et Walter Scott.

À la grande époque du genre historique, les Tudors font leur entrée dans la peinture du Salon, mais ce sera surtout sur la scène des grands théâtres parisiens que de fameux interprètes font revivre Henri VIII et les tragédies de ses 6 épouses, Elisabeth et Marie Stuart, le temps d’une représentation, avec les pièces de Victor Hugo ou d’Alexandre Dumas, les opéras de Gaetano Donizetti ou de Camille Saint-Saëns. De la scène à l’écran, il n’y a qu’un pas que franchit Sarah Bernhardt, en 1912, première incarnation d’Elisabeth au cinéma.

Une vingtaine d’œuvres phares de la collection de la National Portrait Gallery de Londres ont été prêtées pour cette exposition qui vient couronner un vaste programme de recherches, doublé d’une campagne de restauration qui a permis de retrouver l’éclat lumineux et luxueux des couleurs originales de certains tableaux.

Portrait à l’hermine d’Elisabeth I (vers 1585), huile sur toile, attribué à William Segar

D’autres œuvres proviennent notamment de la Royal Collection, du Victoria and Albert Museum, du National Trust, des Royal Armouries, mais aussi de la BnF et du musée du Louvre.

Les commissaires de l’exposition sont Charlotte Bolland, conservateur en charge du projet de recherche Making Art in Tudor Britain à la NPG, Tarnya Cooper, conservateur en chef à la NPG et Cécile Maisonneuve, docteur en histoire de l’art, conseiller scientifique à la Rmn-GP. La scénographie est de Hubert Le Gall.

Une exposition étonnante pour laquelle une curiosité dynastique est pour le moins indispensable, faute de quoi les rois et reines embaumés alignés au mur vous demeureront muets et de pure tradition. Comme dans une maison anglaise anglaise.

Les Tudors, du 18 mars au 19 juillet 2015, au musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard 75006 Paris. 01 40 13 62 00. www.museeduluxembourg.fr. Tlj de 10 à 19h (nocturne le lundi jusqu’à 22h). Les 21 avril (lundi de Pâques) et 9 juin (lundi de Pentecôte) de 10 à 19h30. Fermeture le 1er mai. 12 ou 7,5€. Gratuit aux moins de 16 ans et aux bénéficiaires des minima sociaux. Métro Saint-Sulpice ou Mabillon. RER B Luxembourg.

Les audioguides sont en français, anglais, espagnol, et il en existe une version pour les enfants. 4 ou 3€. Téléchargement 2 €.

***

Vous retrouverez dans l’article 2015 à Paris : LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2015 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer.

Comme les autres années (2014, 2013, 2012), nous établissons au fur et à mesure notre sélection dans l’article Paris 2015 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris.

Nous vous proposons aussi une sélection d’expositions et de festivals dans les villes françaises suivantes :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

De même nous avons commencé :
Les Grandes Expositions 2016 à Paris de A à Z
Calendrier 2016 des grandes expositions à Paris
peuvent déjà être consultés sur Évous.fr... et complétés, si vous disposez de plus d’informations que nous !

Et juste quelques musées et expositions temporaires pour Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, RMN-GP / musée du Luxembourg, Wikipédia

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