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DERNIERS JOURS de Circuler. Quand nos mouvements façonnent les villes, à la Cité de l’architecture

vendredi 6 octobre 2017, par André Balbo

Jusqu’au 26 août 2012...

Aller ou demeurer, partir ou rester, la vie d’un homme est faite de moments où il circule, et de moments où il s’arrête.

Sur ces fortes paroles, qu’il s’agisse de l’espace des villes ou de l’espace qui se rétrécit entre les villes, l’architecture accompagne ce mouvement permanent de l’humanité.

L’exposition, dont le commissariat est assuré par l’architecte et ingénieur Jean-Marie Duthilleul, permet au visiteur de suivre à travers le temps, des origines à notre futur immédiat, l’évolution des conceptions urbaines, des espaces urbains, comme des bâtiments générés par la circulation des hommes à travers les territoires.

Le concept de « circulation » est également redéfini, puisque, aujourd’hui, la circulation des hommes évolue de plus en plus vers une circulation virtuelle.

Rues et places, routes, autoroutes ou voies ferrées, ports, caravansérails, gares et aérogares, villes compactes, villes éclatées, sont autant de concepts qui jalonnent l’histoire des territoires, et qui trouvent leur origine dans le désir de chacun de circuler pour aller à la rencontre de l’autre et de sa richesse.

Un parcours ludique et sensoriel, mis en scène comme un décor de théâtre permet au visiteur d’effectuer en 12 séquences un parcours chronologique depuis les premières villes de l’humanité, jusqu’aux villes de demain, et de comprendre comment la mobilité façonne l’espace.

Cette exposition sera utilement complétée par celle, permanente, qui se tient à la Cité des sciences : des Transports et des Hommes.

À la Cité de l’architecture, nous passons en début de parcours dans des environnements sonores un peu surchargés à mon goût, dans lesquels voisinent bruits de cloches, chants d’oiseaux, de sabots de chevaux, de roues et de bruits métalliques. Bruits de la ville, semblables à ces films qui déroulent sans fin la douce vie d’un aquarium ou le feu rassurant dans la cheminée.

Le démarrage du propos de l’expo est un peu lent et simpliste. Nous faisant passer, sans beaucoup de développements, des rues médiévales, que limitent les "portes" en bord de ville, aux rues classiques déjà plus apprêtées, qui mèneront aux places, et deviendront au XIXe siècle de véritables lieux de représentation, l’architecture s’installant dans un "art de façade", et même certaines rues mutant en des boulevards ou avenues, souvent arborées.

Les voies ferrées apporteront leurs transformations urbaines spécifiques, tissant leur propre réseau dans les campagnes, et leurs arrivées en ville se cerneront de quais, d’embarcadères, de gares abritées de halles, qui furent initialement de bois, puis en serres avant de devenir métalliques. Les architectes se rebelleront en adjoignant des parties de pierre autour de ces halles, mais les ingénieurs faisaient alors à cette occasion une belle entrée en scène.

De 1880 à 1900 apparurent les gares palais, puis les gares campaniles, dont les tours d’horloges concurrençaient alors celles des églises et communiquaient une heure... laïque. Le progrès Môssieur !

Puis ce fut l’envolée (ce n’est qu’une expression) des tramways, qui s’installaient en toutes villes, partout, jusqu’au couperet de l’arrêté de 1932. Puis il y eut l’épopée des tubes, des métros, mais vous savez bien tout ça.

En revanche, pour illustrer notre époque, où les déplacements virtuels prennent un essor considérable, des petites gâteries devraient parvenir à vous séduire. Sur des plans de Paris, en géolocalisation, sur des maquettes où le temps est pris comme épaisseur, avec de magiques éclairages, la vie de certains cobayes humains, volontaires nous dit-on, apparaissent par leurs trajets et leurs temps de stationnement : au domicile, au lieu de travail ou à ceux de loisir. Fascinant et fascisant tout à la fois. Orwell ! Pourquoi ne nous as-tu pas tout dit ! D’autres actions seront observées sur le même mode, comme les émissions de SMS, les déplacements, les appels donnés, reçus. À méditer.

Enfin je vous souhaite de pouvoir voir fonctionner le prototype de Honda, présent à la Cité : le U3-X (illustration), fusion parfaite de l’homme assis sur des oreilles confortables de Mickey, et d’une sorte de Segway-siège.

Parfait. Et la jeune femme qui en fit la démonstration rendait l’expérimentation harmonieusement futuriste.

J’eus un peu l’impression que l’exposition finissait court. Pas de grandes projections prospectives vers ce qu’amèneraient d’autres technologies de déplacements et de transports à nos futurs urbanismes. Simplement le souhait que la recherche d’harmonie soit plus effective. Ce qui n’est pas rien.

Mais l’impérieuse nécessité d’obtenir qu’une plus grande fluidité puisse s’installer, dans le futur de nos villes, entre le déplacement individuel et les déplacements collectifs, n’y est même pas évoquée. Nos villes seraient-elles condamnées à l’avenir à laisser apparaître en strates, on aurait pu dire en superposition de plaies, les traces de nos successifs moyens de transports ?

Heureusement nous avions pu rêver ailleurs et avec d’autres, notamment avec l’ex-sénateur René Trégouët, fondateur du Groupe de Prospective du Sénat, vigie attentive des recherches de ce domaine, et qui semblait bien savoir lui, avec des risques d’erreurs d’appréciation infimes, de quoi sera fait le quotidien de notre sur-lendemain dans le domaine des transports et de la ville. Et il n’y aura plus d’accidents…grâce aux voitures d’après-demain. Explorons avec lui ce futur. Remember…

Exposition conçue et réalisée par la Cité de l’architecture & du patrimoine / Ifa.

Cette exposition fait partie de l’agenda Evous de l’été dans le 16e arrondissement de Paris.

Cité de l’architecture & du patrimoine Palais de Chaillot. Exposition Circuler. Quand nos mouvements façonnent les villes / 1 place du Trocadéro / 75016 Paris Métro Trocadéro. Du 4 avril au 26 août 2012. Ouvert tous les jours de 11 à 19h - le jeudi jusqu’à 21h, fermeture le mardi, 8 ou 5€.

Vous retrouverez dans l’article « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 déjà annoncées par leurs établissements et musées, et dans l’article « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions classées par dates.

David méditant devant la tête de Goliath, d’Orazio Gentileschi, huile sur lapis-lazuli, exposition Artemisia

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : "LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du...".

Nous tentons aussi de vous les présenter chaque mois : Février, Mars, Avril, Mai, Juin...

Voir aussi notre sélection, pour Paris, des MEILLEURS CATALOGUES des expositions 2012.

André Balbo

sources : Cité de l’architecture & du patrimoine / Ifa, Honda, visite

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