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PREMIERS JOURS d’une Renaissance : l’art entre Flandre et Champagne (1150-1250)

vendredi 20 octobre 2017, par André Balbo

Le musée du Moyen-Âge, musée de Cluny, présente du 17 avril au 15 juillet 2013 les trésors d’une renaissance d’avant la Renaissance, l’incroyable floraison artistique qui se produisit de 1150 à 1250 dans cette région extrêmement dynamique qui chevauchait la frontière entre l’empire et le royaume de France, et bénéficiait également des influences de l’Angleterre toute proche.

À cette époque, le Nord et l’Est de l’Europe connaissent l’intensité des échanges commerciaux, le prestige et le flux financier que généraient les grandes cités drapières, mais ils tirent aussi profit du dense réseau des abbayes, sources de développement religieux certes, mais aussi intellectuel et artistique, du fait de ces puissants commanditaires et de leurs esprits éclairés.

Ce style, qui naîtra de l’ensemble de ces données si favorables, ne sera ni plus tout à fait roman, ni pas encore gothique. Certains l’appelèrent le "style 1200". Il couvrira Flandre, Picardie, Artois et Champagne, et sera un art de la frontière, lieu d’échanges par excellence, et où de part et d’autre on parlait la même langue.

Les données et les perceptions changeaient. Les artistes observaient davantage les attitudes et les corps qu’ils commençaient d’incarner, leur inspiration se sourçant aussi à la statuaire de l’antiquité gréco-romaine, notamment dans la recherche de la beauté et de la souplesse du tomber des drapés par exemple.

Deux figures emblématiques de commanditaires s’imposent alors dans cette nouvelle effervescence de l’art du Nord : l’abbé Wibald, de l’abbaye impériale de Stavelot (diocèse de Liège), et l’abbé Suger, à Saint-Denis. Confrontation ou émulation ? Un monde se mettait en mouvement, et de très grands chantiers s’ouvraient, on faisait venir et se déplacer maçons et artisans-artistes de toutes professions.

L’évolution iconographique accompagnait en fait la réflexion théologique. On entrait dans l’usage des allégories et des personnifications (vertus, principes moraux, éléments de la nature). Chaque continent avait sa spécificité : l’Europe était la Guerre, l’Asie la Richesse, et l’Afrique les Sciences.

Quand on regarde le retable de la Pentecôte, de l’abbaye de Stavelot, on remarque au-delà du formalisme de la scène en jeu et de sa "codification", une évolution et une nouveauté : les attitudes extrêmement variées dont sont dotés les apôtres.

Quand Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry, dû quitter l’Angleterre, il vint d’abord à Reims avant de rejoindre le pape, lui-même en exil. De tels personnages d’une telle importance ne se déplaçaient jamais seuls. Ils étaient toujours accompagnés d’artistes, de théologiens, d’artisans comme de gens de culture et de science.

Il était donc naturel que Becket arrive avec les siens et la région y trouva immédiatement encore un surcroît de vitalité artistique et intellectuel. Durant ces 10 à 20 ans, la production de livres à Sens en fit l’un des premiers marchés d’Europe (1170-1180).

Certains artistes étaient des moines. L’un d’eux, moine de Saint-Amand, Sawalon, signait même ses œuvres. Fait rarissime, un objet personnel nous est parvenu, qu’il tailla pour lui-même dans l’ivoire. Il est exposé, c’est un manche de couteau !

Le pied de croix de Saint-Bertin exposé est une œuvre majeure de l’orfèvrerie médiévale. Il est orné d’émaux et de statuettes en ronde bosse évoquant la crucifixion et la rédemption. On y voit les délicates représentations des évangélistes rédiger leur livre, chacun inspiré par son symbole. Des personnifications de la Terre et de la Mer sont discernables. Nous vous les laissons deviner.

Autre pièce tout à fait exceptionnelle dans l’émaillerie septentrionale, le triptyque d’Alton Towers. L’iconographie de son panneau central montre des scènes du Nouveau Testament. Sur le volet gauche figure la pêche au Léviathan, le sacrifice d’Isaac, et Jonas, dégurgité par sa baleine. Sur le volet droit, Samson emporte les portes de Gaza, Moïse se confronte au serpent d’airain (symbole également de la crucifixion)...

Voir attentivement aussi les émaux de la cathédrale de Troyes avec leurs scènes de l’Ancien testament.

Une renaissance. L’art entre Flandre et Champagne. 1150-1250. Du 17 avril au 15 juillet 2013 au musée de Cluny, 6 place Paul Painlevé 75005 Paris, 01 53 73 78 16. Métro Cluny-la-Sorbonne ou Saint-Michel ou Odéon, bus 21, 27, 38, 63, 85, 86, 87, RER B et C Saint-Michel - Notre-Dame. Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 9h15 à 17h45. Fermé le 1er mai.

Vous retrouverez dans les articles 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z et 2013 à Paris : les grandes expositions de A à Z les différentes expositions 2012 et celles de 2013 déjà annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans les articles Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris et Calendrier 2013 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : "LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du...".

Nous tenterons aussi de vous les présenter chaque mois, à partir de Février 2013.

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer.

Nous avions établi notre sélection, pour Paris, des MEILLEURS CATALOGUES des expositions 2012, en vous indiquant en plus les nominés, et les primés au Prix CatalPa 2012 pour les catalogues d’expositions de Paris.

Nous procédons de la même manière en 2013, avec PARIS 2013 : les meilleurs catalogues d’expositions de Paris.

André Balbo

sources : Visite, musée de Cluny

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