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Paul Durand-Ruel

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Du 9 octobre 2014 au 8 février 2015, le musée du Luxembourg nous faisait mieux connaître le premier et certainement le plus grand des marchands d’art.

Paul Durand-Ruel, découvreur et propagateur de l’impressionnisme en France comme à l’étranger, posa les bases de ce métier d’exception.

Présentation de Paul Durand-Ruel

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

Paul Durand-Ruel (1831-1922) a été l’un des premiers marchands d’art du monde. Certainement l’un des plus grands. Il est justement passé à la postérité comme l’une des figures majeures de l’histoire de l’impressionnisme comme du marché de l’art.

Il n’est pas inutile d’apprendre que son père s’était occupé de peinture avant lui. Mais avec des pratiques plus désuètes, qui consistaient à louer des tableaux pour décorer les occasions et autres dîners bourgeois, ou permettre aux jeunes filles de bonnes familles de faire des copies, à domicile... ou dans des institutions religieuses. À l’abri des regards.

Pierre Auguste Renoir (1841-1919), Jeune Fille endormie, ou La Jeune Fille au chat, 1880. Williamstown. The Sterling and Francine Clarck Art Institute. Ce tableau a pour modèle Angèle, une "gamine de Montmartre". Renoir le montre au Salon de 1880 avant que Durand-Ruel ne le lui achète 1500F en 1881. Il le vend 2 ans plus tard, puis le récupère 10 ans plus tard, refusant par la suite de le céder.

Initialement, le jeune Durand, qui secondait son père, n’était guère enchanté de devoir reprendre le flambeau. Il s’imaginait davantage en missionnaire, ou en militaire. Il allait appliquer par la suite à la peinture et au développement de son négoce des stratégies dignes de ces deux carrières. D’autant qu’il devint veuf jeune (sa femme meurt, enceinte de leur 5e enfant), qu’il était très entreprenant, et fougueusement curieux des autres et du monde.

La vocation de marchand d’art lui vint brutalement, par surprise, à l’occasion d’un choc esthétique. C’était en 1865 à Paris. Une exposition le mettait notamment en présence de deux tableaux de Delacroix : L’amende honorable, et L’assassinat de l’évêque de Liège. Du plus pur romantisme échevelé ! Il en fut bouleversé.

Par la suite, il s’attache à la peinture de "cette École de 1830", de l’École de Barbizon, à cette esthétique de la nature, à Corot, Millet, Courbet. Dès la disparition de son père, en 1865, Paul impose immédiatement sa marque à l’entreprise familiale par des achats en nombre, ne suivant plus alors que son goût personnel.

Édgar Degas (1834-1917). Mademoiselle Lala au cirque Fernando, 1879. Londres, The National Gallery, acquis grâce au Courtauld Fund, 1925.

Fuyant la guerre de 1870, réfugié à Londres, il y rencontre par l’intermédiaire de Charles-François Daubigny, Claude Monet ("Cet artiste sera plus fort que nous tous !"), puis Pissaro avec lesquels il sympathise, se prenant de passion pour cette peinture claire et lumineuse dont il avait pourtant certainement du déjà voir, sans les remarquer plus que cela, quelques tableaux à Paris.

Dès le début des années 1870, il accompagne ces peintres et leurs amis avec flair et passion, leur demandant de bien vouloir lui faire "des chefs-d’œuvre", n’est-ce pas mignon ! Il s’entiche de Renoir, à qui il passe commande de portraits de plusieurs membres de sa famille. Il achète et vend alors, dans un contexte souvent difficile, des milliers de tableaux impressionnistes, parmi lesquels ceux qui deviendront les plus fameux du mouvement.

Durand-Ruel inventa de façon pragmatique l’environnement le plus favorable alors au commerce de tableaux : qu’ils soient exposés en nombre dans un vaste appartement opulent et bourgeois, en un mot : valorisant. Le sien propre, rue de Rome. Il s’agissait de planter le décor le plus favorable à la vente. Et de capter, et d’entretenir, la curiosité des leaders d’opinion.

Il s’attachait les artistes par d’amicales et incessantes attentions, le versement d’avances sur toiles non encore peintes, tentait d’obtenir des exclusivités, raffolait des achats en nombre effectués directement dans les ateliers (100 tableaux de Théodore Rousseau furent acquis en une fois !), qu’il parachevait d’achats complémentaires d’autres œuvres de ces mêmes peintres restées esseulées chez ses concurrents. Ainsi pouvait-il contrôler au mieux le marché et mieux en faire varier les cotes.

Édouard Manet (1832-1861). L’Enfant à l’épée, 1861. New York, The Metropolitan Museum of Art, don Erwin Davis, 1889. En janvier 1872, Durand-Ruel s’intéresse à Manet dont il acquiert près de 30 tableaux en un an.

« Missionnaire » de la peinture, comme Renoir aimait le nommer, Durand-Ruel contribue ainsi à inventer le marché de l’art moderne, conférant à sa galerie une dimension internationale sans précédent (on estime que plus de 12 000 tableaux lui seraient passés entre les mains !), en particulier par les affaires qu’il traite aux États-Unis. Il y sera activement aidé par Mary Cassatt, dont le frère, Alexander, collectionneur, possédait les chemins de fer de Pennsylvanie...

"Cher Monsieur Monet (...) Je travaille avec une ardeur que vous ne soupçonnez pas pour recruter de nouveaux amateurs et chauffer les autres."

Durand-Ruel fut également très actif en Angleterre bien entendu, mais aussi en Allemagne (où il vendra en 1896 le premier tableau de Cézanne entrant dans un musée), et en Belgique.

Curieusement, il n’y eut en France que le musée des Beaux-Arts de Lyon qui lui acheta un tableau... Et si Durand-Ruel ne cherchait aucunement à forcer les portes de ces établissements, il s’entendait souvent avec ses collectionneurs pour que ceux-ci fassent par la suite donation à des musées des chefs-d’œuvre qu’ils acquéraient par son entremise.

Notons aussi que Durand-Ruel évite les toiles qui font scandale, comme L’Olympia ou Le Déjeuner sur l’herbe, de Manet. Pour lui, leur place serait davantage au musée.

Édouard Manet (1832-1883). Clair de lune, ou Clair de lune sur le port de Boulogne, 1868. Paris, musée d’Orsay, legs du comte Isaac de Camondo, 1911. Acquis par Durand-Ruel pour 800F dans l’atelier d’Alfred Stevens. Parmi le lot de 21 tableaux acheté d’un coup par le marchand en 1872, celui-ci sera acquis dès 1873 par le baryton Faure qui comptera jusqu’à 67 Manet dans sa collection.

Enfin il invente l’exposition monographique, ce qui ne fut pas si facile de faire accepter par des artistes qui avaient pris l’habitude d’exposer en groupe, et étaient encore, pour certains, durement attaqués par la critique. Ainsi organisa-t-il des événements Monet, Boudin, Renoir, Pissaro et Sisley.

Les plus grandes collections impressionnistes européennes et américaines, publiques et privées, se constituent au tournant du XXe siècle, par l’entremise de ce marchand. Aujourd’hui faut-il louer ou maudire Durand-Ruel qui, par son trop grand talent, dispersa tant de chefs-d’œuvre français à l’étranger, ou l’administration française de l’époque d’avoir été si aveugle ?

L’exposition au musée du Luxembourg

À travers quelque 80 tableaux, dessins, photographies et documents, l’exposition retraçait cette période charnière, de 1865 au tournant du XXe siècle, quand une avant-garde artistique accédait à une reconnaissance internationale presque simultanée sous l’impulsion de ce marchand entreprenant et inventif.

Paul Cézanne, Le Moulin de la Couleuvre à Pontoise (détail), 1881, huile sur Toile, Berlin, Alte Nationalgalerie, Staatliche Museen zu Berlin © BPK, Berlin, dist. RMN-Grand Palais / Klaus Göken

L’exposition se terminait par l’extraordinaire exposition qu’il tint à Londres en 1905, exposant 315 œuvres, réunissant profusion et très haute qualité. Un musée formidable. Une apothéose !

En s’interrogeant sur la part prise par un marchand dans l’écriture de l’histoire d’un mouvement et la reconnaissance obtenue, l’exposition rendait compte d’une intense recherche, qui fut favorisée par le soutien des Archives Durand-Ruel, archives familiales et vivantes. Les registres étaient largement ouverts, comme les correspondances entre le marchand et ses peintres.

À ce jour, aucune manifestation ni étude d’ensemble ne lui avait encore été consacrée par aucun musée.

Le choix des tableaux était exceptionnel, et leur lecture s’agrémentait merveilleusement de la trajectoire de ce découvreur de talents qui tentait avant tout de répandre sa passion pour cette peinture auprès de toujours davantage de nouveaux collectionneurs, s’attachant de plus à ce que les plus belles œuvres... aient l’occasion in fine d’être présentées dans les plus grands musées au plus grand nombre, au public. 3/4 des tableaux présentés provenaient des États-Unis et d’autres pays étrangers.

L’autre caractéristique d’un tel événement était de mettre systématiquement en exergue les prix et les dates d’achat et de vente de chacun des tableaux présentés...

Il était amusant de constater que cette exposition se tenait au musée du Luxembourg, musée chargé en ces temps d’exposer les œuvres des peintres vivants, et qui le fit si peu et si mal...

L’événement était organisé par la RMN-Grand Palais, en partenariat avec le musée d’Orsay, et en collaboration avec la National Gallery de Londres et le Philadelphia Museum of Art.

Il était présenté à la National Gallery de Londres, du 4 mars au 31 mai 2015, puis au Philadelphia Museum of Art, du 18 juin au 13 septembre 2015.

Paul Durand-Ruel, le pari de l’impressionnisme, du 9 octobre 2014 au 8 février 2015, au musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard 75006 Paris.


***

Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions et musées : que faire à Paris du....

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Vous pouvez consulter quelques dizaines de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, RMN-GP / musée du Luxembourg

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