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Sur les traces de la maison Pleyel à Paris

L’histoire de la saga Pleyel à Paris remonte à la fin du XVIIIe siècle. Ignace Pleyel, le 24e enfant d’un maître d’école, naît le 1er juin 1775 à Ruppersthal, près de Vienne. Il passe 5 années en pension chez le compositeur Haydn, dont il devient l’ami. Pleyel s’avère être un compositeur réputé, auteur de 41 symphonies, 70 quatuors, de quintettes et d’opéras. Il part s’installer en 1795 à Paris et y fonde d’abord une maison d’édition qui publie ses oeuvres, et celles de Haydn, Beethoven, Boccherini ou Onslow.

En 1808, il décide de créer une fabrique de piano avec son fils Camille et s’installe au 9 rue Cadet. Il occupe alors le bel hôtel Cromot du Bourg (toujours existant), du nom d’un jardinier-fruitier de Louis XV qui l’avait fait construire au milieu du XVIIIe siècle (ce quartier est alors un faubourg de la ville). Au premier étage, il organise des concerts - ce qui lui permet de faire connaître ses pianos - et le jeune Chopin y donnera son premier récital. Il a alors pour concurrent les pianos Erhard, mais le succès vient tout de même, avec notamment une cliente de marque, la reine d’Espagne, puis toutes les cours d’Europe, y compris l’impératrice Joséphine. Ses ateliers emploient alors 350 ouvriers et fabriquent jusqu’à 1400 pianos par an.

A la mort d’Ignace, en 1831, son fils Camille Pleyel, lui-même grand pianiste, reprend le flambeau et donne une impulsion à la marque. Aidé notamment par le compositeur et pianiste Friedrich Kalkbrenner, il réussit à améliorer les qualités des pianos Pleyel afin de répondre aux exigences de sonorité des sonates de Beethoven ou de la Symphonie fantastique de Berlioz. Nous sommes en pleine période romantique, et les nombreux virtuoses installés à Paris viennent se produire dans les salons Pleyel.

En 1839, Camille déménage sa fabrique non loin, au 22 rue de Rochechouart - emplacement occupé aujourd’hui par le centre sportif et culturel Valeyre. Il y inaugure une nouvelle salle de concert, doublée d’une salle dédiée aux quatuors. Pour impressionner son auditoire, il y fait jouer un morceau pour 32 mains et 8 pianos !

A partir de 1855, Auguste Wolff succède à la famille Pleyel et contribue lui aussi à l’essor de la marque, avec notamment l’invention du piano droit. En 1865, la maison Pleyel déménage encore et se modernise avec la création de la Manufacture de Saint-Denis, au nord de Paris, déployée sur plus de 55.000 m².

A partir de 1887, Gustave Lyon, ingénieur et pionnier de l’acoustique architecturale, continue le développement de l’illustre maison. En ouvrant en 1927 la fameuse "salle Pleyel", rue du faubourg Saint-Honoré, il perpétue ainsi la tradition des "salons" et donne aux musiciens une salle offrant les meilleures conditions de travail et d’interprétation.

Depuis 1996, les pianos Pleyel sont fabriqués à Alès dans le Gard.

Franck Beaumont

Pour découvrir l’histoire et les lieux insolites du 9e arrondissement, vous pouvez suivre la visite guidée de la Nouvelle-Athènes, berceau du Romantisme.

9 rue Cadet

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