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Un lieu romantique : l’allée des Brouillards

Dernière mise à jour : vendredi 18 novembre 2011, par Franck Beaumont

L’allée des Brouillards, ainsi que le "château" éponyme qui le bordure, sont des lieux montmartrois à la fois poétiques et romantiques, restés miraculeusement à l’écart des grands spots touristiques (le Sacré Coeur ou la place du Tertre,). Nous vous emmenons les découvrir...

Remontons au XVIIIe siècle. La butte Montmartre est plantée de vignes et de cultures vivrières, et l’on aperçoit de loin la vingtaine de moulins à vents qui font sa richesse. Le lieu qui nous intéresse est alors lui-même occupé par un moulin à vent, et se situe à côté de l’abreuvoir (une rue porte d’ailleurs ce nom) où l’on y baigne chiens et chevaux. En 1722, un avocat au Parlement de Paris, M. Legrand-Ducampjean, achète la propriété, qui représente 7.000 m2, et se fait construire un petit château, une "folie" comme on aimait alors à appeler ces résidences situées dans les faubourgs de la ville.

En 1850, les communs du château sont rasés. Petit à petit, des pavillons vont les remplacer, séparés du château par l’allée des Brouillards. Tombant à l’abandon, la propriété est occupée - on pourrait même dire "squattée" - dans les années 1890 par des artistes sans argent ayant élu domicile à Montmartre : Steinlein, Poulbot, Duchamp-Villon, Van Dongen. En face, dans un des pavillons, au n° 8 de l’allée s’installe en 1890 la famille Renoir. Auguste y a son atelier ; Jean, son fils, y voit le jour en 1894. Ce quartier de la butte est si misérable qu’on l’a surnommé le "maquis". Outre cette folie qui tombe en ruine, ce n’est qu’un paysage de cabanes de fortune ; Modigliani amènage dans l’une d’elles en 1906.

En 1928, le château des Brouillard est racheté par Marius Casadesus (1892-1981) qui est à la fois violoniste, compositeur, luthier ; 5 générations de Casadesus vont se succéder ici... Il vient d’ailleurs d’être restauré. Ses façades blanches et son joli fronton triangulaire évoquent encore un coin de province française imaginaire du XVIIIe siècle.

L’allée des Brouillards accueillera encore au XXe siècle d’autres artistes : une plaque sur un mur rappelle que Jean-Pierre Aumont vécut ici, tandis qu’à l’entrée de l’allée trône aujourd’hui un buste de Dalida, qui fut elle aussi un personnage incontournable de la butte (sa maison, rue d’Orchamps, vient d’être restaurée, une plaque la signale).

Tous ces fantômes d’artistes hantent sans doute l’allée des Brouillards, et elle dégage encore aujourd’hui un charme particulier, laissant la part belle à la végétation et au calme . Il n’est pas rare d’y voir des couples s’embrasser, assis sur la balustrade qui longe l’allée. L’allée des Brouillards a un tel pouvoir évocateur qu’elle inspira plusieurs écrivains, notamment deux des résidents de la Butte, Francis Carco et Roland Dorgelès. Ce dernier en fit même le titre d’un de ses ouvrages, "le château des Brouillards".

L’origine du nom "allée des Brouillards" reste inconnue. Peut-être les vapeurs d’eau qui se dégageaient de l’abreuvoir y sont-elles pour quelque chose.

Franck Beaumont

Adresse

allée des Brouillards

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