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DERNIERS JOURS de l’exposition Beauté Congo (1926-2015)

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

À la Fondation Cartier, du 11 juillet 2015 au 10 janvier 2016 (prolongation), l’exposition Beauté Congo (ou Congo Kitoko).

Déjà 91 ans d’art contemporain en Afrique. Qui dit mieux ?

Le catalogue de cette exposition s’est vu décerné une Mention spéciale au Prix CatalPa pour les catalogues d’expositions de Paris.

La Fondation Cartier pour l’Art contemporain, après son exposition intrigante, agaçante, suffisante et insuffisante à la fois, de l’Américain Bruce Nauman, qui sacrifiait à une gloire installée du marché de l’art, se rattrape et frappe même cette fois un grand coup avec l’exposition Beauté Congo, qui rend collectivement, et en précurseur, hommage à ce pays d’Afrique qui peut se targuer d’avoir déjà développé près d’un siècle d’art moderne et contemporain. Bel effort. Respect.

Et si la conférence de presse de présentation a été un peu maladroite du fait des organisateurs, qui ne voulaient que ne s’expriment que les nombreuses individualités des artistes présents, quand le pack était déjà par lui-même formidable, quasiment rien ne fut dit de ce bouquet à la fois si abouti et prometteur d’œuvres exposées, de cet accrochage qui rend si évident le foisonnement de talents étonnants. Là est l’événement. Là, la démonstration.

Des artistes congolais présents s’interrogent : "Pourquoi faut-il passer par Magnin pour disposer d’un si bel endroit d’exposition de nos œuvres ?" L’impatience est palpable.

André Magnin, c’est le commissaire de cette exposition. C’est le directeur artistique qui gère la Contemporary African Art Collection (CAAC), collection privée de l’investisseur italien Jean Pigozzi, exposée dans les musées les plus prestigieux (Houston, Washington, Monaco, Bilbao, Londres). Elle a été commencée en 1989 au lendemain de l’exposition "Magiciens de la Terre", dont Magnin était alors commissaire adjoint. De nombreuses œuvres montrées à la Fondation ont cette origine.

Chéri Chérin. Parle menteurs des parties pourritiques, 2011. Acrylique sur toile

Cette exposition offre à nos sens des exemples spectaculaires : peintures, sculptures, photographies, bandes dessinées, mais aussi de petits lieux cosy où peut s’entendre, sur quelques consoles un peu retirées, une sélection musicale, avec la judicieuse idée de traduire sur écrans les paroles de ces chansons dont on reconnaitra certaines mélodies. Le choix a été fait par Vincent Kenis et Césarine Sinatu Bolya (Franco et son groupe OK jazz, Mbilia Bel, Papa Wemba le sapeur, le Trio Madjesi...).

La musique est omniprésente au Congo. Son industrie s’est développée depuis l’âge d’or de la rumba des années 1950, et elle a embrassé jazz, soul, rap et musiques populaires.

JP Mika. Né en 1980 à Kinshasa, où il vit. Mandala dignité pour l’Afrique, 2014. Acrylique et huile sur tissu. CAAC - The Pigozzi Collection, Genève

Écoutez, écoutez cette formidable sélection... Tchat Cho Muluba (Mulunge, 2014), Adou Elenga (Ata Ndele, 1976), OK Jazz (Merengue, 1958), Bozi Baziana et l’Anti-Choc avec Déesse Mukangi (Lubuaku, 1988), OK Jazz (Retroussons les manches, 1966), Joseph Kabasele et l’African Jazz (Independance Cha Cha, 1960), Konono N°1 (Konono Wa Wa Wa, 2011), Papa Wemba et Viva La Musica (Matebu, 1982), Fabregas le Métis Noir (Mascara, 2014), Staff Benda Bilili (Kuluna, 2012), OK Jazz (Liwa ya Emery, 1961), Groupe Bazamba et la soliste Zetango Isabelle (Mbote Madame Pauline, 1950) L’équipe de Zila Pierre (Bankento Fiele ya Mpamba, 1947), Georges Doula avec Joseph Kabasele (Chéri Loboga, 1950), Jhimmy de la Hawaïenne et Paul Mwanga (Amis Benatar, 1950), Verckys (Nakomitunaka, 1967)...

Concernant les arts plastiques, dès la fin des années 1920 des artistes précurseurs créent de premières œuvres, figuratives, graphiques ou abstraites, sur papier, mettant en scène la nature, le quotidien, ou rêves et contes.

À Élisabethville, le peintre français Pierre Romain-Desfossés installe ce qui deviendra l’Atelier du Hangar, qui, jusqu’en 1954, aura accueilli et encouragé des artistes de la trempe de Bela, Mwenze Kibwanga et Pilipili Mulongoy aux styles lumineux, inventifs et... jubilatoires.

L’objectif du lieu était nullement d’apprendre aux élèves à peindre d’une manière européenne mais de les encourager à laisser libre cours à leur imagination et à créer en s’inspirant de leurs traditions et du monde qui les entoure.

Bela appliquera la peinture de façon délicate et méticuleuse, Pilipili Mulongoy comblera de touches de couleurs vives ou d’une multitude de petits cercles chaque espace encore disponible, et Mwenze Kibwanga couvrira ses toiles de hachures horizontales ou verticales en alternant ocre, beige ou brun.

Ces artistes bénéficieront d’expositions à Bruxelles, Paris, Rome, et Londres. Quand Romain-Desfossés meurt en 1954, le Hangar est intégré à l’académie des Beaux-Arts d’Élisabethville.

Amour et pastèque, 1984, Huile sur toile. Collection privée.

En 1978, l’exposition "Art partout" est présentée à Kinshasa, animée par des créateurs se proclamant "artistes populaires". Ils s’inspirent d’événements politiques, sociaux ou quotidiens. Le peuple les comprend d’autant mieux qu’il retrouve dans leurs œuvres son environnement urbain et sa propre mémoire collective.

Ils ont commencé comme peintres publicitaires, illustrateurs ou décorateurs, et leurs travaux se voient dans les rues les plus passantes de Kinshasa...

Ce sont déjà Chéri Samba, remarqué dès 1987 par Jean-François Bizot dans Actuel, Chéri Chérin et Moke, devenus de sages chefs de file bienveillants, et, en bande dessinée, Papa Mfumu’eto 1er, qui transcrit les combats ordinaires. Ça ne vous rappelle rien ?


Chéri Samba, mimant son personnage, devant son tableau Little Kadogo - I am for Peace, That is Why I Like Weapons, 2004. Acrylique sur toile. CAAC - The Pigozzi Collection, Genève.

Vous aviez bien sûr remarqué la main qui arme l’enfant...

Les mêmes sources d’inspiration que l’on retrouve chez les jeunes comme JP Mika ou Monsengo Shula, accros aux actualités mondiales.

Des sculpteurs (Bodys Isek Kingelez, Rigobert Nimi) se lanceront à partir des années 1980 dans de vastes maquettes architecturales de villes futuristes, idéalisées. Davantage capables d’assurer une meilleure cohésion sociale ? L’art peut-il participer à améliorer l’avenir de la collectivité ?


Rigobert Nimi réalise dès 13 ans ses premières maquettes qui lui valent le surnom de "l’ingénieur". Sa rencontre avec le sculpteur Bodys Isek Kingelez, surnommé lui "l’architecte maquettiste" sera décisive dans l’ambition de son œuvre qui s’appuiera plus fortement sur son imaginaire, les images télévisées, et la conquête spatiale. Pour ces sculptures monumentales et futuristes qui intègrent mouvement, son et lumière, il en vient à utiliser différents métaux, des plastiques et des composants électroniques.

La Cité des étoiles, 2006. Aluminium, plastique, composants électroniques et matériaux divers. CAAC - The Pigozzi Collection. Genève.

Mais déjà une nouvelle vague d’artistes arrive au début des années 2000, qui s’affranchissent de l’académie des Beaux-Arts de Kinshasa. Les membres fondateurs du collectif Eza Possibles, Pathy Tshindele et Kura Shomali surprennent par leurs peintures, leurs collages et leur esprit critique.

Pathy Tshindele. Né en 1976 à Kinshasa, où il vit. Sans titre, 2007. Acrylique sut toile. CAAC - The Pigozzi Collection, Genève

La photographie est aussi représentée dans cet événement par des clichés de Jean Depara, reporter des fêtes et des nuits kinoises des années 1950-1960, et Ambroise Ngaimoko, du Studio 3Z, qui nous révèle le monde des ambianceurs, de l’élégance et de la jeunesse des années 1970.

Une exposition pleine de vitalité, de critique et d’ironie politique, de jubilation et de pêche, à voir toute affaire cessante, non pas sur les stars montantes de l’art contemporain africain qui prennent leur envol, mais sur ce mouvement puissant et entrainant, collectif, qui montre un continent bien plus dans notre présent (et dans le sien) que certains le décrivent. Un vrai bonheur !


Jean-Bosco Kamba. Sans titre, 1958. Huile sur panneau Unalit. Collection Pierre Loos, Bruxelles
Kamba est né en 1939 à Luluabourg (auj. Kananga), province du Kasaï-Occidental. Il a fait partie de l’académie des Beaux-Arts d’Élisabethville dans les années 1950

Beauté Congo. 1926-2015. Congo Kitoko, du 11 juillet 2015 au 10 janvier 2016 (prolongation), à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, 261, bld Raspail, 75014 Paris, 01 42 18 56 67, tous les jours sauf le lundi de 11 à 20h, mardi jusqu’à 22h. (Exceptionnellement, la Fondation sera fermée du 30 juin au 4 juillet, et du 25 au 29 août.) 10,50 ou 7€. Accès illimité aux Mémoires vives : 20€.

Voir aussi Toutes les expositions 2016 à la Fondation Cartier pour l’art contemporain.

Voir aussi, pour les arts traditionnels, Chefs-d’œuvre d’Afrique. Dans les collections du musée Dapper, au musée Dapper . Du 30 septembre 2015 au 17 juillet 2016.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établirons bientôt pour Paris, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016, comme nous l’avions fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, Fondation Cartier pour l’art contemporain, Wikipédia

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