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La Villa des Platanes

Dernière mise à jour : mercredi 14 mars 2012, par Franck Beaumont

La Villa des Platanes est sans doute un des lieux les plus pittoresques - mais aussi les plus protégés - du 18e arrondissement. En marchant sur le mail central du boulevard de Clichy - devenu une très agréable promenade arborée - on s’étonne d’abord de rencontrer au n° 58 une façade aussi ouvragée avec un porche monumental à caissons...

A travers ce porche et les belles grilles en fer forgé, vous distinguerez au fond de la cour un très bel immeuble brique et pierre, comme celui sur rue, mais doté d’un monumental escalier à double révolution, en forme de fer à cheval - comme au château de Fontainebleau, mais en plus modeste.

Nul doute que l’architecte, nommé Deloeuvre, s’est largement inspiré de la Renaissance lorsqu’il réalisa ce projet en 1896. Outre cet escalier, les façades de brique rouge appareillées de croisillons noirs rappellent fortement le Val de Loire ou encore le château du Plessis-Brion dans l’Oise. Les colonnes baguées - et parfois cannelées - sont quant à elles une invention médiévale utilisée dès le 12e siècle. Nous sommes bel et bien en pleine période de l’éclectisme (deuxième moitié du XIXe siècle) durant laquelle les architectes aimaient alors mélanger les styles architecturaux... jusqu’à la déraison.

Ainsi l’immeuble en fond de cour dispose en tout de 5 entrées, deux côté cour, trois côté jardin, toutes dotées de colonnes baguées encadrant la porte, et surmontées d’un fronton brisé richement sculpté - comme sur le portail de l’église Saint-Etienne du Mont. Un luxe insensé pour ce quartier populaire... Des sculptures féminines ont également été placées en bas des escaliers, portant d’anciens candélabres, destinés à éclairer la cour (photo ci-contre).

Mais la surprise est grande encore en traversant l’immeuble en fond de cour. A son arrière, un grand jardin en pente - nous sommes à Montmartre - avec un square foisonnant de verdure qui abrite des ateliers d’artistes, ainsi que d’autres immeubles. La parcelle de la villa des Platanes, très profonde, communique en effet avec la rue Robert Planquette, située plus haut vers la rue Lepic.

Autre détail étonnant : la première cour abrite plusieurs bas-reliefs en bois sculptés qui évoque les événements de la Commune de Paris. On sait que pendant la semaine sanglante, Montmartre fut un des derniers quartiers de résistance, et que des combats mortels eurent lieu autour de la villa : rue des Abbesses, rue Lepic, au Moulin de la Galette. Un artiste - pas identifié - a ainsi voulu rendre hommage au courage de ces hommes et de ces femmes résistant aux Versaillais.

La Villa des Platanes, véritable havre de paix resté hors du tumulte de Pigalle, est privée et bien gardée du public par un digicode. Mais rien ne vous empêche de demander poliment à un résident à en admirer discrètement la cour.

Franck Beaumont.

Adresse

58 boulevard de clichy

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