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Abbaye cistercienne du Thoronet, Var

L’abbaye du Thoronet se trouve sur la commune de Thoronet dans le var. C’est l’une des trois soeurs provençales avec Sénanque dans le Vaucluse et Silvacane dans les Bouches du Rhône.

L’Abbaye du Thoronet est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Cette abbaye passe pour être le plus bel exemple d’architecture cistercienne, tant sa simplicité révèle harmonie et pureté. Cachée sous les chênes, elle est un parfait exemple du respect de la règle de saint Benoit chère à l’ordre de Cîteaux.
20 moines seulement ont assuré sa fondation en 1160. Les donations affluent et l’abbaye prospère rapidement autour de l’agriculture et de l’élevage de moutons ( les moines végétariens vendent la viande et utilisent les peaux comme parchemins dans le scriptorium).
L’eau représentait une ressource importante pour l’abbaye, au même titre que la forêt et la roche pour la construction ( 40 000 m3 de "Pierres sauvages"). Avec la proximité d’une zone d’affluence, toutes les conditions requises à l’édification d’une abbaye sont réunies à Thoronet. Si ce n’est que la ressource en eau n’a jamais pu permettre la construction d’un moulin.

C’est à partir du XVe siècle que s’entame le déclin comme nombre de ses consœurs. Les guerres de religion accélèrent les défections des moines qui vivront à Thonoret jusqu’à la révolution dans une extrême pauvreté. Vendue comme bien national, il faudra attendre 1854 pour que l’Etat se porte acquéreur du lieu, sur l’intervention de Mérimée. Depuis les restaurations se sont succédé.

L’église abbatiale est le plus grand des bâtiments, situées au point le plus haut, au sud. Un bâtiment simple dans ses volumes qui n’a rien à voir avec Cîteaux. Ici l’édifice fait 40m de long pour 20 de large. Les bras du transept sont moins haut que ceux de la nef. Le plan en croix est très nettement visible depuis l’extérieur. ici, pas de portail seulement deux portes. Celle du nord est destinées aux frères convers (les besogneux) et la porte sud, celle des morts.
Pas de cloche dans le clocher de l’abbatiale.

Des fenêtres rares (14) et étroites. Un paradoxe par rapport aux coeurs des églises cisterciennes qui s’ouvrent largement à la lumière. Toute fois, la luminosité ne fait pas défaut et Thoronet offre aux heures extrêmes de la journée (celles qui correspondent aux offices majeurs) un mouvement qui sculpte la pierre.
Ce qui fera dire à Le Corbusier : « La lumière et l’ombre sont les haut-parleurs de cette architecture de vérité. »

Appuyée au mur du transept, on remarquera la sacristie qui contenait la salle du trésor.

Dans tous les monastères de l’Ordre, la salle capitulaire devait avoir au moins trois fenêtres à l’est et trois baies à l’ouest, sur le cloître, l’une servant d’accès, ce qui est bien respecté au Thoronet. Le pupitre du lecteur était au milieu, entre les deux colonnes.

Le bâtiment des convers est de la même qualité que celui des moines, il est construit sur deux niveaux comprenant en bas un réfectoire voûté d’ogives et en haut un dortoir éclairé par de nombreuses baies.
Le lavabo est considéré comme l’un des plus purs exemples de lavabo cistercien. Il trône dans le préau qui communique avec le cloître. Le toit est une coupole de pierre à cinq pans, soutenue par six ogives.

Le cloître est au centre du monastère, sa forme trapézoïdale est traditionnelle. Les galeries sont construites dans et sur le rocher. Nous sommes devant l’un des plus anciens cloîtres cisterciens conservés.
Dans ce lieu, la lumière varie fortement au grès des heures et des saisons, elle se fait feutrée, ou diffuse. Elle se réfléchit sur les parois des murs ou des voutes.

Selon l’usage, le dortoir des moines rempli l’étage de l’aile des moines. Un accès de nuit conduit à l’abbatiale pour les matines, un accès de jour mène au cloître. Dans cet pièce, la lumière ne joue pas un rôle spirituel mais simplement fonctionnel.

L’aridité des lieux actuels n’a rien à voir avec la situation à l’époque de la construction. l’exploitation de la bauxite, au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, à proximité, a épuisé le sous-sol. De même que cela a entrainé des glissements de terrain qui ont provoqué l’effondrement de la voûte du dortoir des moines.

Toute fois, l’abbaye offre une acoustique dont l’écho se prolonge. Ce qui signifie que le chant y est lent et impose une grande rigueur d’exécution tout à fait dans l’esprit de spiritualité du lieu.

- Ouvert 1er avril au 30 septembre : 10h00 à 18h30 (10h00 à 12h00 et 14h00 à 18h30 le dimanche) 1er octobre au 31 mars : 10h00 à 13h00 et 14h00 à 17h00 (10h00 à 12h00 et 14h00 à 17h00 le dimanche) - Fermé Les 1er janvier, 1er mai, 1er et 11 novembre, 25 décembre

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