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DERNIERS JOURS des Amours Libres, photos de Sutkus et de Charbonnier, à la Galerie RTR

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

La Russiantearoom Gallery, rue Volta, dans le Haut-Marais, présente, en collaboration avec la galerie Agathe Gaillard, du 13 avril au 19 mai 2012, son exposition « "Amours Libres" - Antanas Sutkus et Jean-Philippe Charbonnier ».

45 tirages, pour la plupart vintages.

Antanas Sutkus, « Marathon. La rue de l’Université, Vilnius », 1959, 31,5x46,5cm, tirage argentique moderne, signé

Charbonnier et Sutkus portent tous deux un œil curieux et bienveillant à leurs semblables.

Cela suffit-il à faire d’eux des maîtres de la photographie humaniste ?

Jean-Philippe Charbonnier fut reporter, comme Édouard Boubat et Jean-Louis Swiners, pour le magazine Réalités dès 1950.

Il fit partie de cette école de photographes, dont Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, (encore à l’Hôtel de Ville jusqu’au 28 avril 2012), et Willy Ronis, témoins des bouleversements sociaux que connaissait alors la société française.

Tout un monde disparaissait, engloutissant avec lui paysans et petits métiers d’avant-guerre, et laissant émerger sa majesté le Citadin moderne, élite autoproclamée, en quête de divertissements et de frivolités.

Jean-Philippe Charbonnier, « Les coulisses des Folies Bergère », 1960, 36x23,5cm, tirage vintage, signé

Charbonnier est maître de ces petits instants, qu’il capture dans son appareil, de son regard facilement ironique, mais quelquefois tendre, posé sur ces personnages, qu’ils soient pauvres ou riches, célèbres ou anonymes.

Il est dans sa photo, totalement partie prenante, loin d’un jugement de valeur, au-delà des conventions ! Le reporter dira : « On fait de bonnes photos au bout de plusieurs voyages, après avoir évacué l’exotisme, le folklorisme, le côté "photo de tourniquet" ».

Ses photos ne recherchent dans ses modèles que ses semblables, leurs chrysalides en sont enlevées. Il n’y a plus ici de postures. Sa première exposition à la galerie Agathe Gaillard s’était malicieusement appelée : « I think we met before »…

Antanas Sutkus, le Lituanien, sensiblement à la même époque, recherche tout aussi goulûment l’humain.

Antanas Sutkus, « Jean-Paul Sartre à Nida », 1965, 56x46,5cm, tirage argentique de 1991, signé

Mais, grande différence, lui, pour le trouver, doit fouiller sous le glacis de l’Occupation soviétique.

Ce qu’il remonte dans les filets de son regard, ce sont des photos qui transpirent chaleur et tendresse pour ses contemporains, épicées de l’humour, corrosion ultime contre le totalitarisme, rarement d’ailleurs présent à l’image.

Pouvait-il montrer plus forte masse d’amour et d’oubli de soi que dans ce visage de fillette épousant si fort la main de sa maman ?

Ou mieux la volonté tenace de Sartre, le lutteur, et sa réflexion le pressant en avant, sur une plage lituanienne livrée aux bourrasques, penché à en tomber afin de mieux et plus vite progresser ?

Antanas Sutkus, « La main de la mère. Vilnius », 1966, 45,9x36,8cm, tirage argentique moderne, signé

Charbonnier et Sutkus photographiaient avec respect et humanité. Le premier saisira un touchant portrait de la Piaf, désarmant et personnel, mais disait avec modestie de l’ensemble de son travail : « C’est la photographie qui prend le photographe ». Ben voyons !

Sutkus partageait avec conviction le même sentiment : « La photo se prend toute seule, je ne suis que l’instrument. »

Puisque leurs clichés noirs et blancs tissaient de tels liens d’humanité entre les individus, puisqu’ils étaient si fortement soumis à l’empathie et au partage, ces deux photographes n’étaient-ils pas destinés à se rencontrer ainsi, leurs travaux côte-à-côte ?

Une bien belle exposition.

"Amours Libres" - Antanas Sutkus et Jean-Philippe Charbonnier, à la Galerie RTR, métro Arts-et-Métiers ou Temple. Du 13 avril au 19 mai 2012.

André Balbo

sources : http://www.rtrgallery.com, Wikipedia, visite

Adresse

42 rue Volta 75003 Paris

Horaires

Ouvert du mardi au samedi de 14 à 19h, et sur rendez-vous.

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