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Artemisia Gentileschi

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Présentation de l’artiste

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

Artemisia Gentileschi fut l’une des toutes premières femmes à se faire un nom dans le redoutable et impitoyable milieu de la peinture, bien qu’il y en eut d’autres, et de fameuses, dont Giovanna Garzoni, et plus tard Élisabeth Vigée Le Brun puis Berthe Morisot.

Mais Artemisia fit mieux encore et plus difficile qu’aucune de ses consœurs. Elle se fit un prénom dans la peinture, car son père, Orazio Gentileschi, était un peintre réputé, et bien entendu, autoritaire, possessif, et forcément jaloux des succès que remportera sa fille.

Il lui fallut avoir du caractère, donc, quand les femmes étaient encore mineures à vie. Artemesia n’en était apparemment pas dépourvue ! Née le 8 juillet 1593 à Rome, morte à Naples vers 1654, elle fut une peintre italienne baroque de l’École caravagesque, remarquablement douée.

Artemesia Gentileschi, peintre de cours à succès au XVIIe siècle, fut honorée et reconnue comme l’une des meilleures artistes baroques de son époque.

Cette fille aînée du peintre caravagesque Orazio Gentileschi mena une incroyable carrière, volant de succès en succès, que cela fut à Rome, ou à Naples, à Florence à la cour des Médicis, ou jusqu’à la cour royale de l’Angleterre de Charles 1er.

Orazio Gentileschi et sa fille intentèrent un procès retentissant pour viol contre un ami du père, le peintre Agostino Tassi, qui bénéficiait de puissants protecteurs. Ils brisaient ce faisant l’omerta totale pratiquée alors sur de tels sujets, et pas mal d’autres conventions sociales. Il fallait à l’un comme à l’autre plus que de la détermination. On n’y trouvait en général que l’opprobre le plus cruel, et la plaignante devait confirmer ses plaintes... sous la torture ! Les minutes de ce délicat procès (1612) sont parvenues jusqu’à nous, et ont été publiées aux Éditions des Femmes.

On s’est interrogé bien souvent sur l’importance que le viol aurait pu avoir sur le choix des thèmes et des personnages des tableaux d’Artemisia. Est-ce pour cela que l’héroïne juive Judith tranchant la tête d’Holopherne, général de Nabuchodonosor, traverse l’ensemble de son œuvre de façon si insistante ? Vous n’y êtes pas du tout et vous vous faites un mauvais film ! Ces thèmes mythologiques ou bibliques étaient récurrents et très en vogue à cette époque depuis Le Caravage, un autre ami de la famille...

Et que ses représentations ont souvent cette force dramatico-tragique, sur ce sujet ou sur d’autres de même ordre, comme Yaël tuant le général Sisera ? Pas vraiment, nous dit-on. Mais finalement peut-être, après tout.

La Bible sait en tous cas fournir de bien belles histoires édifiantes à qui recherche un tant soit peu violence, sexe, sang, injustice, courage ou clairvoyance !

On pourra par ailleurs remarquer que certains des personnages peints sur ses tableaux passaient parfois trait pour trait, attitude pour attitude, des tableaux du père à ceux de la fille. Étonnant, non !

Soulignons par ailleurs le fait que les femmes peintres n’étaient alors pas autorisées à reproduire des nus. Encore moins à se servir de modèles, et a fortiori masculins. Et que cette profession ne choisissait pas ses sujets, qui n’étaient alors exclusivement que des travaux de commandes. Ce serait donc sur ces derniers points que l’on pourrait souligner qu’Artemisia avait tout d’une grande, et d’une pionnière.

De sa vie, la grande et romanesque Artemisia Gentileschi n’appartint jamais qu’à son art. Elle épousa un peintre, pour être mère de deux filles et se satisfaire du libre exercice de son art, mais leur vie à chacun devint vite indépendante. Elle eut de son côté bien entendu des amants, reçut de prestigieux honneurs, des commandes de clients couronnés et riches qui devenaient ses puissants protecteurs, et attirait de nombreux élèves dans ses ateliers...

Retrouvez chez Artemisia l’héritage d’Orazio, son maniérisme et la rigueur de son dessin, ses portraits et ses scènes historiques ou religieuses, fréquemment d’une violence extrême, donc, et toujours d’une grande intensité et d’une grande retenue. Percevez aussi l’accentuation dramatique de ses œuvres, et leurs effets théâtraux.

Dans l’œuvre d’Artemisia, on peut remarquer que les thèmes de ses tableaux étaient souvent repris 5 à 10 années plus tard. Et qu’ils étaient alors de dimensions toujours plus importantes, et de colorations de plus en plus vives. L’ivresse du succès ou la maturité du talent, certainement !

Il règne sur ces toiles, parmi ses personnages, une solidarité de femmes pratiquement tangible. La détermination, quand l’action le demande, est totale et ferme les visages. On ne se perd pas en mots, les bouches sont closes, et les gestes fermes et définitifs.

Parmi les nombreuses interprétations qui furent faites de son plus célèbre tableau Judith et Holopherne,, l’une, plus radicale que les autres, lui trouve une ressemblance aveuglante avec un accouchement. C’est osé, mais regardez bien ! Une autre, prétextant la poignée de cheveux du général dont se saisit Judith, évoque un geste d’amour, de passion, de sueur, et aussi de rejet.

Une fois de plus, un peintre revient sur ses mêmes sujets de façon répétitive voire obsessionnelle.

Un splendide catalogue a été publié à l’occasion de l’exposition au musée Maillol : Artemisia (1593-1654). Pouvoir, gloire et passions d’une femme peintre, par Alexandra Lapierre (Hors-série Découvertes), en coédition, par le musée Maillol-fondation Dina Vierny et Gallimard. 245 x 285mm, 256p, 120 illustrations d’excellente qualité, 39€. "En quête de sa propre gloire et de sa liberté, Artémisia a travaillé pour des princes et des cardinaux, et, inlassablement, a construit son œuvre."

La biographie, des textes riches, des tableaux que l’on est pas prêt de revoir, et encore moins ensemble... Les plus grands spécialistes ont participé à la rédaction de cet ouvrage : Roberto Contini, co-commissaire de l’exposition, avec Francesco Solinas, et tous les autres. Un ouvrage à ne pas laisser passer... Un seul regret, l’incroyable David sur lapis-lazuli, d’Orazio, dont, petits gâtés, vous avez la reproduction plus bas, n’est pas dans l’ouvrage, ayant été découvert trop tardivement.

Deux autres livres, pour mieux comprendre l’époque, les épreuves, et peut-être aussi la sensibilité particulière d’Artemesia, au cœur, au-delà, ou à côté du drame qui la toucha, sa sensibilité d’artiste vouée corps et âme à son art, et cela en tous instants :

- Catherine Weinzaepflen, Orpiment, aux Éditions des femmes (illustration), une réussite dans l’approche, de fines hypothèses de compréhension ;

- Artemisia Gentileschi, Actes d’un procès pour viol en 1612, aussi aux Éditions des Femmes (illustration), méticuleux, cruel, et si actuel.

Le film "Artemisia", d’Agnès Merlet, s’inspirant de sa vie, avec Valentina Cervi, Emmanuelle Devos et Michel Serrault existe en DVD.

Présentation de l’exposition du musée Maillol

Cette exposition fut littéralement exceptionnelle, car cette femme aura certainement été, du fait de ce que l’on aura connu de sa vie involontairement "scandaleuse", puis indépendante et, à sa façon, moderne, la plus méconnue des peintres célèbres. Ses peintures auront très rarement été montrées en France. Elles étaient à voir... Superbe exposition et occasion unique.

45 tableaux d’elle, mis en présence de 15 peintures d’Orazio Gentileschi, son auguste père.

Signalons une sublime perle du papa, peinture inédite qui ne fut découverte que quelques semaines avant l’inauguration de l’exposition par Roberto Contini et Francesco Solinas, les deux commissaires de l’exposition, dans une collection privée belge.

Elle était au 1er étage : David méditant devant la tête de Goliath, une peinture sur pierre, une plaque de lapis-lazuli d’Afghanistan... qu’ils ont reconnu comme œuvre certifiée d’Orazio Gentileschi (vers 1612-1615, huile sur lapis-lazuli, 25×20cm, collection particulière). Orazio aurait réalisé cette œuvre précieuse suite à une commande du pape, comme un don diplomatique destiné à un prince d’Europe. C’est en fait une version autographe du "David contemplant la tête de Goliath" de la Galerie Spada à Rome. La restauration de l’œuvre a été effectuée par Cinzia Pasquali, également restauratrice de la "Sainte Anne" de Léonard de Vinci. La parfaite conservation de l’œuvre a été révélée lors du nettoyage.

Voir aussi, du père d’Artemisia, le portrait qu’il fit de sa fille en Sibylle.

Les formats montrés dans cette exposition étaient plutôt grands... puisque les plus petits formats n’avaient pu être obtenus pour l’événement.

Musée Maillol - Fondation Dina Vierny, du 29 février au 15 juillet 2012. 59-61 rue de Grenelle 75007 Paris Métro Rue du Bac, bus : 63, 68, 69, 83, 84, 94.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : Paris Expos Hebdo : Nouveautés, Conseils, Derniers Jours.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Celui de cette exposition a obtenu une Mention Spéciale au Prix CatalPa 2012 pour les catalogues d’expositions de Paris.

Vous pouvez consulter quelques dizaines de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : musée Maillol, Connaissance des arts, visite, Orpiment, Actes d’un procès pour viol, France Culture, Roberto Ballabeni