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DSK : peut-il vraiment s’en sortir indemne ?

Après son intervention télévisée au 20h de Claire Chazal, durant laquelle bien des observateurs ont critiqué son attitude froide et hautaine, ainsi que la bienveillance presque complice dont la journaliste a fait preuve à son égard, Dominique Strauss Kahn va devoir maintenant affronter la justice dans deux affaires. Pourra-t-il s’y montrer plus convaincant ?

L’affaire l’opposant à la jeune romancière Tristane Banon semble être celle qui lui causera le moins de soucis, en raison de l’absence de preuves matérielles et de l’éloignement temporel des faits qui remontent à 2003. DSK et Mlle Banon se rencontreront jeudi au siège de la brigade financière, dans le 13e arrondissement de Paris afin de procéder à une confrontation.

Quand la romancière l’accuse de tentative de viol, l’homme politique ne reconnaît qu’une agression sexuelle - il aurait, selon ses dires, simplement tenté de l’embrasser. Dans le premier cas, la prescription est de 10 ans - 2013 - et dans le second elle est de trois seulement. Autrement dit, si Tristane Banon espère engager de véritables poursuites contre DSK, il va falloir qu’elle et ses avocats prouvent qu’il y a bien eu tentative de viol, chose qui semble presque impossible en l’absence d’éléments matériels. Si le parquet classe l’affaire, ce qui est fort probable, Tristane Banon aura toujours la possibilité de saisir un juge d’instruction, mais le résultat risque d’être sensiblement le même.

La carte de l’immunité

La plainte au civil déposée par Nafissatou Diallo auprès du tribunal du Bronx à New-York devrait lui donner plus de fils à retordre. Le juge McKeon avait donné aux avocats de DSK jusqu’à ce lundi pour se prononcer sur la plainte déposée, et c’est maintenant chose faite. La défense va jouer la carte de l’immunité diplomatique pour justifier un rejet de la plainte. Leur argumentaire est simple : d’après ses avocats, DSK bénéficiait de l’immunité du fait de son rôle de directeur du FMI, même après sa démission en mai 2011, et ce jusqu’à son départ du territoire des Etats-Unis début septembre. Par conséquent, la plainte au civil déposée par Nafissatou Diallo début août devrait être abandonnée.

Bien entendu, l’accusation ne voit pas les choses de la même manière. Dans un courrier adressé à Reuters, l’avocat Kenneth Thompson explique pourquoi l’argument de l’immunité n’est pas valide selon lui : « 1) il n’est pas diplomate ; 2) selon ses propres dires il se trouvait à New York pour affaires privées ; 3) c’est lui et non le FMI qui avait réglé sa chambre au Sofitel ».

A savoir s’il est possible que Dominique Strauss Kahn sorte indemne de ces deux affaires, la réponse est : oui. Il pourrait balayer d’un revers de main la plainte l’opposant à Tristane Banon, et celle de Nafissatou Diallo semble bien mal engagée. Si d’un point de vue juridique, DSK pourrait terminer grand gagnant de ces affaires, c’est une autre histoire pour ce qui est du point de vue moral. DSK a raté sa grande interview du 20h, malgré des conditions favorables, et la multiplication des affaires contre lui devrait finir d’élargir la fracture le séparant de l’opinion publique. Finalement, la magie de la justice s’opérera, mais sans doute pas de la façon dont ses victimes supposées l’espéraient.

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