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DERNIERS JOURS : Degas et le nu, son vrai grand thème, à Orsay

Dernière mise à jour : mardi 5 août 2014, par Expositions, Jean

Peintre souvent rattaché à la mouvance des impressionnistes, Edgar Degas a droit à une exposition thématique assez inusitée sur son œuvre au Musée d’Orsay. Ne manquez pas cette exposition explorant les nus de l’artiste.

Hilaire-Germain Edgar de Gas, dit Edgar Degas (1834-1917).

Une rétrospective de son œuvre s’était tenu au Grand Palais, il y a près d’un quart de siècle. Depuis, silence !

Edgar Degas, Femme nue couchée, 1886-88 Pastel © RMN (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

Il était donc plus que temps qu’une exposition monographique conséquente lui soit enfin consacrée à Paris. C’est chose faite avec l’événement « Degas et le nu », qui se tiendra du 13 mars au 1er juillet 2010 au musée d’Orsay. De plus le thème, merveilleusement bien choisi, est, dans son cas, tout particulièrement judicieux.

Ainsi, après l’exposition de Claude Monet, puis celle consacrée à Édouard Manet, ce musée poursuit-il sa mission de faire mieux connaître les grands maîtres de la deuxième moitié du XIXe siècle. Un poil d’audace de plus, et nous aurions eu droit à Orsay à une rétrospective de l’œuvre de Berthe Morisot, (grande amie de Degas comme elle le fut de Manet), mais nous attendrons encore un peu, et cette fois Marmottan a su prendre l’avantage.

Les autres grands thèmes récurrents de l’œuvre de Degas, comme la danse ou les courses de chevaux, ont été assez complètement explorés, commentés et présentés. A contrario, le nu, qui a pourtant tenu pour lui une place au moins aussi importante, présent aussi bien dans ses dessins et ses estampes que dans ses peintures ou ses sculptures, n’avait jusque-là pas eu voix au chapitre ni à l’attention qu’il méritait.

La représentation de corps nus fut une constante dans l’œuvre de Degas, de l’approche académique de ses débuts à une inscription plus moderne, plus réaliste, plus quotidienne du corps. Et cela deviendra même progressivement un motif très prégnant sur lequel il travaillera inlassablement, particulièrement à la fin de sa vie, n’hésitant pas à reprendre certaines poses à plusieurs décennies d’intervalle.

Edgar Degas, Après le bain, une femme s’essuyant les pieds, 1886 Pastel, legs du comte Isaac de Camondo, 1911 © RMN (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

Camondo, qui collectionna certaines de ses œuvres, dira de Degas le 9 décembre 1918 : « Depuis 30 ans, il voulait que rien ne sorte de son atelier ; parfois, nous obtenions une étude. Quand il venait nous voir, nous devions le surveiller pour qu’il n’emporte rien. Il eût été très capable de nous reprendre une de ses toiles sous le prétexte de l’améliorer et nous ne l’aurions jamais revue. »

Plus que tout, ses nus témoignent des évolutions à la fois techniques et plastiques de Degas. Le nu masculin et féminin, notamment dans la copie des statues antiques et des maîtres anciens, est l’exercice par lequel Degas se confronte à la tradition à ses débuts.

Scènes de guerre au Moyen Age, sa dernière tentative de peinture historique, qui est présentée dans l’exposition avec un ensemble complet de dessins préparatoires, est l’occasion pour le peintre d’élaborer des postures nouvelles qui irrigueront ses représentations du corps féminin tout au long de sa carrière. Hélas, ce tableau, auquel il tenait tant, n’attira que peu l’attention de ses contemporains, les critiques se concentrant toutes sur l’Olympia, de Manet.

René Gimpel, dans son Journal d’un collectionneur (2011, Hermann), relate aussi qu’il apprît à Mary Cassatt que la famille de Degas avait détruit ses œuvres plus licencieuses, ayant peur de voir un jour publier un « Degas érotique ». Il ajoutait même : « Durand-Ruel m’a montré La Fête de la patronne, eau-forte qu’il a sauvée. Très nature comme ces dames ! »

La représentation du corps de la femme contemporaine accompagne la transition de Degas vers un art naturaliste avant de devenir le point central de ses recherches formelles avec des scènes de femmes sortant de leur bain, s’essuyant, se coiffant, ou recevant les soins d’une servante.

Degas représente des nus à l’aide de chacune des nombreuses techniques qu’il expérimente, peinture, gravure, pastel, photographie, mais aussi sculpture, et toutes figureront dans l’exposition, afin de montrer l’importance de ce thème dans la contribution de l’artiste à la quête de modernité artistique de cette époque.

De grandes étapes dans cette monographie thématique mériteront que vous vous y arrêtiez, et que vous leur prêtiez une attention toute particulière, comme :
Petites filles spartiates provoquant des garçons (Londres) ;
Scène de guerre au Moyen-Âge (Orsay) ;

Intérieur, dit aussi Le Viol, ou encore Scène de famille (Philadelphie), un tableau bouleversant. Observez l’ombre portée de l’homme, le lit étroit, donc non matrimonial et non défait, les jeux de lumière dans ce théâtre d’angoisse ;
- les monotypes de bordels n’étaient peut-être pas ses meilleures inspirations, à moins que l’on ne nous ait pas tout dit, si l’on en croit Gimpel ;
- et tous ses tableaux de scènes intimes et quotidiennes, quand la nudité ne prend sens et envol que par les vêtements éparpillés, les serviettes en action, ou la tasse d’un chocolat fumant approché.

Quelques œuvres d’autres artistes ponctuent cette exposition et permettent de mieux situer l’art de Degas dans son époque, dont :
Hina Tefatou (La Lune et la Terre), de Paul Gauguin (MoMA), qui lui avait offerte à son retour à Paris après un premier séjour en Polynésie, parce que non seulement il l’avait aidé à trouver un marchand, mais il semblait à Gauguin que leurs approches du nu avaient de nombreux points communs ;
L’Indolente, de Pierre Bonnard (Orsay), merveilleux tableau placé en fin d’expo. J’aurais aimé qu’une autre toile de Bonnard ait pu figurer parmi les tableaux de bain de Degas, pour faciliter des comparaisons picturales de traitement ;
Carmelina, d’Henri Matisse (Boston), toile étonnante, en dernière salle, comme le Nu sur fond rouge, de Picasso (Orangerie) ;
Le Tub, d’Édouard Manet (Orsay), merveilleusement bien placée ;

- et quelques Toulouse-Lautrec, Puvis de Chavannes, Goya, une petite Mort de Sardanapale, de Delacroix (Philadelphie), Ingres, Kiyonaga (Boston), le fantastique Rolla, de Henri Gervex (Orsay, mais dépôt à Bordeaux, illustration), le chef-d’œuvre de Caillebotte, Homme au bain (Boston).

Une exposition maîtrisée d’un bout à l’autre du propos. Sans débordement d’éléments qui n’apporteraient pas leur contribution au genre, au sujet, et aux recherches de Degas.

Il en ressort aussi que Degas n’aimait pas peindre les visages, où qu’il ne leur accordait pas... un intérêt démesuré...

Dieu que les cheveux longs et les baignoires étaient belles pour les femmes et les peintres.

On pourrait ici se moquer gentiment de l’exposition sur Matisse, qui insiste tant sur les paires et les séries. Comme ils sont peu nombreux les peintres qui ne recherchent pas à revenir sur leur motif, à l’approfondir, à le faire évoluer... Bon prince, nous n’insisterons pas trop, ne citant, pour l’instant, que Degas et ses tableaux successifs de Femme nue allongée, Artemisia reprenant ses mêmes thèmes bibliques, toujours plus grands et plus colorés, Berthe Morisot, s’accrochant à sa petite bergère de Mézy ou à son cerisier... et la noria de tous les autres.

Cette exposition "Degas et le nu", organisée conjointement par le musée d’Orsay et le Museum of Fine Arts, a été présentée à Boston, juste avant qu’elle ne le soit à Paris.

Degas, Le Tub

Elle bénéficie du très riche fonds d’œuvres graphiques du musée d’Orsay, et de prêts exceptionnels des plus grandes collections, comme celles du Metropolitan Museum of Art, de New York, ou de l’Art Institute, de Chicago.

Pendant la durée de l’exposition,
des conférences se tiendront à la Sorbonne :
- Vendredi 20 avril à 12h30 / Du nu classique au nu moderne de Degas, par Jacqueline Lichtenstein, professeur d’esthétique et de philosophie de l’art, université Paris IV-Sorbonne
- Vendredi 18 mai à 12h30 / Degas et le corps dansant, par Frédérique Pouillaud, maître de conférences, université Paris IV-Sorbonne
- Vendredi 25 mai à 12h30 / Degas Danse, Dessin de Paul Valéry, par Michel Jarrety, professeur de littérature, université Paris IV-Sorbonne

Des visites–conférences :
Degas et le nu, du 20 mars au 30 juin (les mardi et samedi à 11h30 et 14h30, le jeudi à 11h30 et 19h, les mercredi et vendredi à 11h30, sauf le 1er, 8 et 17 mai)
Les Maisons closes vues par Edgar Degas et Toulouse-Lautrec, du 23 mars au 13 avril, le vendredi à 14h30

Musée d’Orsay, niveau 0, grand espace d’exposition, du 13 mars au 1er juillet 2012, 1, rue de la Légion d’Honneur, 75007 Paris Informations et standard : www.musee-orsay.fr, ou 01 40 49 48 14, tous les jours, sauf le lundi, de 9h30 à 18h, le jeudi jusqu’à 21h45. 12 et 9,50€

Vous retrouverez dans l’article « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 déjà annoncées par leurs établissements et musées, et dans l’article « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions classées par dates.

David méditant devant la tête de Goliath, d’Orazio Gentileschi, huile sur lapis-lazuli, exposition Artemisia

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C’est fini ? Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons la sélection, pour Paris, des MEILLEURS CATALOGUES des expositions 2012. Celui de cette exposition en fait partie.

André Balbo

sources : musée d’Orsay, René Gimpel, Taschen, visite

Adresse

62 rue de Lille, 75007 Paris

Horaires

De 9h30 à 18h, le mardi, le mercredi, le vendredi, le samedi et le dimanche. De 9h30 à 21h45 le jeudi

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