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DERNIERS JOURS : Les Juifs dans l’Orientalisme, au musée d’Art et d’Histoire du judaïsme

Dernière mise à jour : samedi 15 décembre 2018, par Expositions

Eugène Delacroix au Maroc, comme Théodore Chassériau en Algérie, emplissent leurs carnets d’esquisses de figures juives, qui nourriront de grandes toiles, comme la Noce juive, de Delacroix, 1841 (illustration), qui, pour n’être pas présente, n’en occupe pas moins, dans l’exposition, une place inaugurale. Un peu comme si l’on faisait mention "d’un haut parrainage".

Le musée d’Art et d’Histoire du judaïsme présente, jusqu’au 8 juillet 2012, l’exposition "les Juifs dans l’Orientalisme", dont le sujet est à la fois la représentation et l’imaginaire, de 1832 à 1929, du juif comme « Oriental » dans l’art, et un parcours dans la peinture orientaliste.

La route vers l’Orient, que les artistes empruntent au début du XIXe siècle, leur donne l’occasion de découvrir les communautés juives des rives de la Méditerranée. Cette rencontre inattendue offrira ainsi un visage pittoresque à cet Orient, à l’époque souvent rêvé avant d’être visité.

Jean-Léon Gérôme, "Vieux marchand juif et Arabes" Avant 1883 Amsterdam, Stedelijk Museum, dépôt de longue durée au Amsterdams Historisch Museum

Ces juifs, ignorés en France et en Europe, forment un groupe identifiable, car ségrégué, au sein des populations d’Afrique du Nord. Sans doute sont-ils plus accessibles aux voyageurs, en raison des liens familiaux, ou des réseaux, qu’ils peuvent entretenir avec l’Occident. Peut-être sont-ils moins rétifs au portrait. Ils sont de cette manière des intercesseurs privilégiés du monde arabe.

Au-delà de l’Afrique du Nord, le périple en Terre sainte est porteur d’enjeux plus symboliques. Mus par des aspirations religieuses et une curiosité archéologique nouvelle, qui s’applique de l’Égypte à la Mésopotamie, l’Occident poursuit au Proche-Orient une quête de ses origines. Les vues de Jérusalem, de peintres tels que David Roberts ou Thomas Seddon, rendent compte de ces recherches.

Les empreintes des mondes juif, arabe et chrétien se fondent alors dans une peinture biblique renouvelée. Un Bédouin devant sa tente incarne une belle figure d’Abraham, chez Horace Vernet, tandis qu’une synagogue de Jérusalem abrite un Jésus prêchant chez Tissot ou Hunt.

L’ « orientalisation » de la Bible est particulièrement sensible dans l’illustration d’épisodes ayant pour cadre l’Égypte (Joseph) ou la Perse (Esther), et elle tire parti des connaissances acquises sur l’Antiquité.

Dans un contexte où la mission d’écrire l’histoire nationale est aussi échue à la peinture, l’œuvre de quelques artistes juifs européens s’inscrit également dans une problématique identitaire. Ainsi pourra-t-on lire le thème de l’exil à Babylone réinterprété, comme une matrice emblématique de l’histoire de la dispersion juive, pour Eduard Bendemann ou Henri-Léopold Lévy. Mais on retiendra surtout l’œuvre fulgurante de Maurycy Gottlieb, qui interroge l’histoire juive à travers sa représentation littéraire, ou issue du christianisme, en peignant un Jésus devant ses juges.

Enfin, dans le cadre du projet sioniste promu par Theodor Herzl, en réaction à l’antisémitisme qui se répand en Europe, l’idée d’un « État des Juifs » en Palestine s’accompagne très vite d’une dimension artistique.

Au sein de l’école d’art Bezalel, et au-delà, les artistes cherchent à élaborer une continuité entre Antiquité biblique et Orient contemporain, et à renouer avec une identité juive orientale.

Frantisek Kupka, Shir ha-Shirim (Cantique des cantiques), 1905-1909 Paris, Musée d’art et d’histoire du Judaïsme

Voir également la splendide vitrine rassemblant des exemples d’enluminures ou d’illustrations du Cantique des Cantiques, de Frantisek Kupka (1871-1957), dont les traductions auraient peut-être gagné à être placées au-dessus des pages. Belles inspirations fortes.

Quel beau sujet. Comme il aurait pu aussi être mieux illustré ! Il faudra certainement revenir d’ici quelque temps sur l’ouvrage avec davantage d’ambition et en cernant au plus près le domaine.

L’exposition présente des œuvres d’Eugène Delacroix, Théodore Chassériau, Alfred Dehodencq, Jean Lecomte du Nouÿ, Wilhelm Gentz, Charles Cordier, Lucien Lévy-Dhurmer, David Roberts, Thomas Seddon, Jean-Léon Gérôme, Gustav Bauernfeind, Alexandre Bida, Gustave Moreau, Alexandre Cabanel, Horace Vernet, Lawrence Alma-Tadema, William Holman Hunt, James Tissot, Maurycy Gottlieb, Lesser Ury, Zeev Raban, E.M. Lilien, Abel Pann, Reuven Rubin, Nahum Gutman…

Juives d’Alger au balcon, de Théodore Chassériau © Daniel Arnaudet /RMN

Quelques manifestations et animations se sont déjà tenues autour des thèmes de cette exposition, certaines doivent encore avoir lieu.

Conférence :
- mercredi 13 juin 2012 : La Place des héroïnes bibliques dans la peinture du XIXe siècle, une vision érotisée de l’Orient, par Sophie Barthélémy, conservateur au musée des Beaux-Arts de Dijon et co-commissaire de l’exposition aujourd’hui achevée "La Sulamite dévoilée. Genèse du Cantique des Cantiques de Gustave Moreau" (MBA Dijon).

Eugène Delacroix, "Mariée juive au Maroc" 1852 [?] Collection Ethel LeFrak et la famille LeFrak © Adam Reich / Collection Ethel LeFrak et famille LeFrak

Cycle de lectures « Voyages vers l’Orient » :
- lundi 18 juin 2012 (date à confirmer) : L’Enfant qui voulait dormir, d’Aharon Appelfeld, lu par Laurent Poitrenaux.

Musée d’art et d’histoire du Judaïsme Hôtel de Saint-Aignan, 71 rue du Temple, 75003 Paris www.mahj.org Métro Rambuteau, Hôtel de Ville RER Châtelet - Les Halles Bus 29, 38, 47, 75 Informations 01 53 01 86 65 ou info@mahj.org De dimanche à vendredi de 10 à 18h Nocturne le mercredi jusqu’à 21h 9,50 ou 7€ Pendant la nocturne, tarif unique à 7€ (sans l’accès aux collections permanentes). Accessible aux personnes en fauteuil roulant

Vous retrouverez dans l’article « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 déjà annoncées par leurs établissements et musées, et dans l’article « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions classées par dates.

David méditant devant la tête de Goliath, d’Orazio Gentileschi, huile sur lapis-lazuli, exposition Artemisia

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et vous remercions des suggestions et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

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André Balbo

sources : visite, musée d’Art et d’histoire du Judaïsme, Ville de Paris

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