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600 000 visiteurs ont vu l’exposition Magritte du Centre Pompidou

mercredi 25 janvier 2017, par André Balbo

L’exposition "Magritte. La Trahison des images", qui s’est tenue du 21 septembre 2016 au 23 janvier 2017, vient donc de fermer ses portes.

L’engouement du public pour cette relecture inédite, singulière et thématique de l’œuvre du peintre belge aura été particulièrement marqué, avec un total de près de 600 000 visiteurs (précisément 597 390), soit une moyenne de 5531 visiteurs par jour.

Elle se classe par sa fréquentation en 6e position des expositions monographiques depuis l’ouverture du Centre il y a 40 ans.

Présentation de l’artiste

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

René Magritte, peintre belge (1898-1967), sculpteur, et artiste, découvre le cubisme et le futurisme, comme l’avant-garde artistique de Anvers, lorsqu’il s’installe définitivement à Bruxelles en 1918, après ses études à l’académie royale des Beaux-Arts.

Initialement d’une expression plutôt impressionniste, sa peinture évolue rapidement vers le purisme en s’approchant de celle de Fernand Léger.

René Magritte, que l’on peut considérer comme une figure majeure de l’art moderne, fréquente dans les années 1920 le milieu dada, avec Marcel Lecomte.

Il reste bouleversé en 1925-1926 en voyant une reproduction de Le Chant d’Amour (1914) de De Chirico, comme le furent également André Breton et Yves Tanguy, et remet en question sa conception de la peinture. Déçu de l’esthétique abstraite de ses premières toiles, il se lance dans une voie nouvelle...

Il devient un grand lecteur de poésie surréaliste. Un groupe se constitue à Bruxelles, avec notamment lui-même, Camille Goemans, Marcel Lecomte, Paul Nougé, puis des rencontres ont lieu à Paris avec André Breton, Salvador Dali, Paul Éluard et Max Ernst.

Magritte s’installe en 1927 au Perreux/Marne, en France, et fréquente le groupe surréaliste français.

Malgré une brouille avec Breton au début des années 1930, Le Viol fera la couverture de l’ouvrage Qu’est-ce que le surréalisme.


René Magritte (1898-1967). La trahison des images, 1948.

Dans sa manière stylistiquement neutre voire académique, qui tord des échelles variables sur la même toile, il pose une représentation théâtrale de la pensée, lorsqu’elle est engagée.

Quand il peint Les Affinités électives, le nature de son œuvre est radicalement transformée.

Il donne une conférence au musée royal des Beaux-Arts d’Anvers en 1938, dans laquelle il expose une démarche raisonnée, s’employant à la résolution de "problèmes".

Variante de la tristesse, 1957. Huile sur toile. Kerry Stokes Collection, Perth. Logique philosophique implacable qui associe le début de chaque chose à sa fin...

La place de la philosophie devient essentielle dans sa réflexion comme dans vie : dense correspondance avec le philosophe Alphonse de Waehlens (1951-1954), rencontre avec Chaïm Perelman, de l’université libre de Bruxelles (1962), correspondance avec Michel Foucault à la suite de sa publication de Les Mots et les choses (1966).

Les mots se font images et la pensée se symbolise. Mais la précaution non-aristotélicienne demeure, dans sa vigilance et son exigence totales, et imprègne son œuvre : la carte n’est pas le terrain, l’image n’est ni la personne ni l’objet.

Faut-il pour autant mettre de façon si exacerbée en concurrence le mot et l’image ?

6 ans après la disparition de Magritte, Michel Foucault publiera Ceci n’est pas une pipe (1973), en hommage au "peintre-philosophe".

Les Amants, 1928. Huile sur toile. The Museum of Modern Art, New York, Gift of Richard S. Zeisler, 1998... ou comment l’inconscient selon Freud élabore des "souvenirs écrans" pour dissimuler au sujet lui-même ses peurs ou ses fantasmes.

Parmi les œuvres les plus connues de René Magritte mentionnons : Les Amants (1928), où l’amour, s’il est aveugle, rapproche ; Le Viol (1934), un visage ou un corps ? ; Le Balcon de Manet (1950), quand les vivants auront disparus ; Golconde (1953), où il pleut des hommes, aussi semblables entre eux que des gouttes de pluie ; La Grande Famille (1959), cette silhouette de grande colombe éclairant les nuages ; et Ceci n’est pas une pipe, ou la Trahison des images (1928-1929).

"Si j’avais écrit ceci est une pipe, j’aurai menti."

René Magritte. La trahison des images

René Magritte ne saurait être ôté de son contexte et de son époque. Cet artiste si conceptuel, qui tenait tant à placer l’image dans un plan second, a pourtant créé des icônes d’un classicisme achevé qui, au même titre que les femmes découpées de Matisse, ont longtemps peuplé les chambres d’étudiants et d’adolescents avant d’envahir et de s’installer parmi les cartes postales les plus populaires.

La dernière rétrospective consacrée à René Magritte s’était tenue en début d’année 1979 au Centre Pompidou, il y aura déjà 36 ans.

René Magritte, Les vacances de Hegel, 1958. Huile sur toile, 60 x 50 cm Collection particulière

Elle révélait à quel point Magritte évoquait souvent son fort intérêt pour ce qui n’apparaissait pas. L’artiste avait répondu à quelqu’un lui demandant la signification cachée derrière une de ses images : « Il n’y a rien derrière cette image. Il y a derrière les couleurs du tableau, la toile. Derrière la toile, il y a un mur, derrière le mur il y a… etc. Les choses visibles cachent toujours d’autres choses visibles. Mais une image visible ne cache rien ».

Et David Sylvester de conclure à l’époque que l’œuvre entière de Magritte nous était tout à la fois dissimulée et familière, visible et imprévisible.

Cette précédente rétrospective, préparée avec la Belgique, avait rassemblé 206 œuvres, peintures, dessins et objets. Elle mettait particulièrement en exergue les années 1927-1928, représentées par plus de 80 toiles.

Années décisives pour Magritte qui, ayant découvert l’œuvre de Giorgio De Chirico, s’engageait résolument dans le règne du mystère.

Que nous réserve cette nouvelle exposition, organisée également par le Centre Pompidou ?

Ce nouvel événement thématique, placée sous le commissariat de Didier Ottinger, redéploie l’œuvre de l’artiste belge René Magritte au tamis des cinq principales « figures » auxquelles il n’a cessé de se référer dans son travail :
- le feu,
- l’ombre,
- les rideaux,
- les mots
- et le corps fractionné.

René Magritte : Le double secret, 1927 © Centre Pompidou, mnam-cci / Dist. RMN-GP, Photo : G. Meguerditchian © Adagp, Paris 2015

En suivant le fil de ces thématiques, l’exposition espère bien dévoiler la réflexion approfondie menée par l’artiste autour des questions de ressemblance et de réalisme, et s’intéresse à son travail sur les représentations trompeuses du monde.

Partant de l’invention de la peinture relatée par Pline l’Ancien dans son Histoire naturelle, Magritte retiendra trois éléments constitutifs de son vocabulaire : la bougie, l’ombre, la silhouette, dénonçant la capacité de la peinture à exprimer le réel.

L’exposition rapproche les peintures de Magritte d’images anciennes, illustrant les récits mythologiques de l’invention et de la définition de la peinture.

Très versé en philosophie, celui qu’on surnommait l’André Breton belge, Paul Nougé, marxiste de la première heure et biologiste, nourrissait le peintre de lectures édifiantes, comme Alphonse de Waelhens, autre conseiller en philosophie qui lui passait même des notes de lecture, ou même Chaïm Perelman.

Est-ce pour autant que Magritte fut porté à faire de la peinture une équation quasi mathématique ? N’est-ce pas cette "passion philosophique", ou "ce problème" de Magritte qui le poussait dans ses tableaux à une telle exploration.

La Moisson, 1943. Huile sur toile. Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles. Après la victoire de l’Armée rouge à Stalingrad en 1943, Magritte veut célébrer un hédonisme retrouvé. C’est sa "période Renoir" qui dit la sensualité, la fécondité, l’abondance des temps à venir...

Au-delà du choc et de l’arbitraire qu’il ressentit lors de sa rencontre de 1938 avec l’œuvre Chant d’amour, de De Chirico, et des Affinités électives, tableau dans lequel Magritte place un œuf dans un cage, le peintre sera interpelé par Les Mots et les choses, de Michel Foucault en 1966.

Il reprochera d’ailleurs à l’auteur... de confondre ressemblance et similitude. Cela situe l’altitude à laquelle Magritte peut placer le débat en philosophie...

En 1973 Foucault publiera Ceci n’est pas une pipe !

Rappelons ici cette phrase placée en exergue dans la première salle : les visiteurs d’une exposition de toiles de René Magritte doivent réaliser qu’il s’agit "d’une exploration mentale éminemment hétérogène et complexe".

Le mot restera toujours au-dessus de l’image. Et cette phrase de Lautréamont restera longtemps associée à Magritte : "Beau comme la rencontre fortuite d’un parapluie et d’une machine à coudre sur une table de dissection".

Le commissaire de l’exposition est Didier Ottinger.

Magritte. La trahison des images, du 21 septembre 2016 au 23 janvier 2017, au Centre Pompidou, Galerie 2, Niveau 6, 01 44 78 12 33, métro Hôtel-de-Ville, Rambuteau. Ouvert de 11 à 21h tous les jours sauf le mardi. Nocturne le jeudi jusqu’à 23h. 14 ou 11€, valable le jour même pour le musée national d’art moderne et l’ensemble des expositions.

Devant le succès de cette exposition, nocturnes jusqu’à 23h, les 19, 20, 21, 22 et 23 janvier 2017.

Lire aussi : Toutes les expositions 2017 au Centre Pompidou.


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Vous retrouvez comme chaque année dans PARIS 2017. LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans Le CALENDRIER 2017 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2017-2018 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musées d’Orsay et de l’Orangerie, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, au musée Galliera, et au Petit Palais.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : PARIS EXPOS HEBDO. Nouveautés / Conseils / Derniers Jours.

Vous pouvez consulter plus d’une centaine de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2017 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2016, 2015, 2014, 2013, 2012.

Le catalogue de cette exposition fait partie de notre sélection 2016 des catalogues d’expositions de Paris.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions 2017 dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
- Aix-en-Provence - Albi - Les Alpilles - Angers, - Angoulême - Antibes - Arles - Aubagne - Avignon : Saintes-Maries-de-la-Mer, L’Isle-sur-la-Sorgue - Biot, - Blois - Bordeaux : Biarritz, Bègles, Libourne - Bourg-en-Bresse - Cagnes-sur-Mer, - Cannes, - Carcassonne - Dijon - Grasse- Grenoble - Hyères - Ile-de-France : Auvers/Oise, Boulogne-Billancourt, Bussy-Saint-Martin, Chamarande, Chantilly, Châtenay-Malabry, Compiègne, Écouen, Fontainebleau, Giverny, L’Isle-Adam, Jouy-en-Josas, Malmaison, Marne-la-Vallée, Meudon, Milly-la-Forêt, Noisiel, Pantin, Pierrefitte/Seine, Poissy, Pontoise, Royaumont, Rueil-Malmaison, Saint-Cloud, Saint-Denis, Saint-Germain-en-Laye, Saint-Ouen-l’Aumône, Sceaux, Sèvres, Versailles, Vitry/Seine, Yerres - Le Cannet - Le Havre - Lens - Le Rayol - Le Canadel/Mer - Les Sables-d’Olonne - Lille : Villeneuve d’Ascq, Roubaix, Tourcoing, Croix, Graveline, Cassel, Valenciennes - Lodève - Lyon - Marseille - Martigues - Metz - Monaco, - Montauban - Montpellier - Mougins, - Nantes - Narbonne - Nice - Nîmes - Ornans - Rennes : Landernau, Quimper - Rodez - Rouen - Saint-Étienne - Saint-Nazaire- Saint-Paul-de-Vence, - Saint-Tropez - Sérignan - Sète - Strasbourg - Toulon - Toulouse - Tours - Valence - Vallauris - Vence - Vendôme - Villeurbanne

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam : Harlem, Rotterdam, La-Haye, Bois-le-Duc Berlin Bâle Bruxelles Genève Londres Madrid Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, Centre Pompidou, Wikipedia, Dictionnaire Hazan

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