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DERNIERS JOURS de l’exposition Barceló à la BnF

Dernière mise à jour : vendredi 26 janvier 2018, par André Balbo

Deux événements complémentaires.

Du 22 mars au 31 juillet 2016, le musée Picasso présente "Miquel Barceló. Sol y sombra", peintures et céramiques.

Du 22 mars au 28 août 2016, la Bnf, site François-Mitterrand offre "Miquel Barceló. Sol y sombra", œuvres gravées.

Présentation de l’artiste

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

Il sut peindre avant que de savoir parler...

Miquel Barceló, artiste espagnol néo-expressionniste né en 1957 à Majorque, aux Baléares, a obtenu très tôt une réputation internationale. Dès 1982, alors qu’il n’a que 25 ans, à la Documenta de Kassel.

Il est devenu depuis l’une des figures majeures de l’art contemporain.

Travaillant initialement la peinture et le dessin, son œuvre a investit progressivement une grande diversité de techniques dont la sculpture, la céramique, la gravure, l’installation et la performance.

Il a dans un premier temps développé une iconographie à dominante autobiographique dans des teintes assez souvent terreuses, jaune, gris, marron, rouge et blanc, n’hésitant pas à se camper dans ses œuvres dans des situations intimes et de réflexion, en lecteur, penseur, ou marcheur.

Depuis la fin des années 1980, ses couleurs intègrent les variations de lumière et les contrastes colorés.

Miquel Barceló. Floquet de neu, le gorille albinos, 1999, Technique mixte sur toile. Courtesy Galerie Bischofberger, Mannedorf, Suisse. Ce gorille du zoo de Barcelone, isolé des humains par des grilles, cherchant à s’exprimer et la main sur le cœur, ne serait-il pas un peu l’artiste ? Et sa cage l’atelier ?

Il élargit son travail, modifie sa peinture en en bosselant par exemple les supports notamment par des volumes obtenus avec des armatures de fibres de verre, gardant le secret des techniques utilisées pour obtenir cette 3e dimension sous le libellé de "Technique mixte".

Il fait aussi évoluer ses moyens en intégrant la sculpture à ses techniques, et les céramiques.

Il réalise des natures mortes... et paraît interpellé par la décrépitude, la nôtre comme celle de notre environnement, ce qui pourrit, se désagrège, se transforme, et enfin par la mort elle-même.

Paris, le Mali et Majorque sont ses trois maisons, "les trois gares" dans lesquelles il bâtit son œuvre. À Majorque, le travail de la poterie prend essentiellement la main. Ce travail de céramiste y a été exposé en 2000 à la Fondation Juan March de Palma.

On lui doit les décorations de la chapelle Sant Pere de la cathédrale de Palma de Majorque en 2007 et la coupole du Palais des Nations de l’ONU à Genève en 2008.

Miquel Barceló. Fragment de maquette pour la cathédrale de Palma de Majorque. Intervention sur les murs de la chapelle San Pere (2001-2003). Céramique. Collection de l’artiste

« Quand les termites auront dévoré les musées. Quand mes œuvres seront réduites en poussière. Si quelque fragment doit survivre, être retrouvé, qu’il soit, j’en prie les cieux, une papaye ouverte ou la rondeur d’un ventre et surtout qu’ils gardent un peu de la chaleur (après si longtemps) de ce feu qui me brûle. »
Miquel Barceló, Carnets de Ségou, 1994.

L’exposition Miquel Barceló. Sol y sombra, au musée Picasso

Sol y sombra désigne aussi les places dans l’arène, selon qu’elles se trouvent au soleil ou à l’ombre. Seule référence à la tauromachie ? Ce serait bien mal connaître cet artiste. L’endroit où l’on est bien sûr d’être vu, de pouvoir se livrer et s’exposer, n’est-ce pas le sable de l’arène, privé à jamais d’ombre ?

C’est là que l’artiste s’offre, comme on s’offre au sacrifice, aux regards, aux gens assis et protégés sur leur coussin.

Cherchez l’erreur. Le taureau est-il bien à sa place ?

En accueillant Miquel Barceló en mars 2016 avec "Sol y sombra", le musée Picasso-Paris observe que, depuis sa réouverture, l’Espagnol y sera le premier artiste contemporain à bénéficier d’une exposition monographique à l’Hôtel Salé. Grand honneur !

L’ensemble exposé de peintures, sculptures, céramiques et œuvres sur papier couvre des années 1990 à aujourd’hui. Le parcours développé autour des divers domaines de création de Miquel Barceló met en évidence les affinités de son œuvre avec les attitudes, les motifs et les processus créatifs de Pablo Picasso.

Le thème de l’atelier constitue le fil rouge de l’exposition : de la représentation picturale qu’en donne Barceló dès les années 1990, jusqu’à la présentation d’ensembles de plâtres, modèles pour les fontes à venir ou fragments d’études qui évoquent l’atelier du sculpteur, en passant par la fabrique de céramiques, domaine dans lequel le visiteur découvrira les dernières expérimentations menées autour de pièces fumées au four à charbon de bois dogon, au Mali.


Miquel Barceló. Mur de briques

Œuvre maîtresse de l’exposition, le formidable grand mur de briques (illustration) spécialement réalisé par l’artiste, permet d’aborder la thématique récurrente chez lui de l’autoportrait, tout en évoquant la dimension monumentale de son travail.

En contrepoint de la centaine d’œuvres de Barceló, quelques pièces de Picasso choisies dans la collection du musée, bien protégées derrière des vitrines, ainsi qu’une sélection de photographies anciennes de ses divers ateliers (Brassaï, Dora Maar, Villers), qui ponctuent le parcours et donnent à voir les correspondances existant entre les œuvres des deux artistes.

Ces rapprochements relèvent à la fois d’une attitude commune vis-à-vis de la matière, processus créatif faisant la part belle à l’expérimentation permanente, que d’une perméabilité des techniques qui transparaît sur tous les supports.

Miquel Barceló. Plâtre. Collection de l’artiste. Maquette (Elefandret)

"Sol y sombra", évocation directe du monde de la tauromachie, renvoie aussi bien à l’iconographie chère au maître andalou qu’à cette approche propre à "l’animal" Barceló qui inscrit son travail dans un jeu permanent entre la densité d’une matière, superposée, triturée, grossièrement façonnée, et la délicatesse d’un geste d’effacement, d’un trait creusé en négatif qui fait surgir une lumière éclatante.

À cela près que l’approche n’est vraiment pas la même. Pour Barceló, l’espace privilégié, vous l’avez compris est le centre, la lumière, l’exposition. Le reste, le tourbillon, les gradins, les spectateurs seraient... "la soupe".

Pour Picasso, c’est la confrontation brute du taureau et du... cheval, centaure, quand il est monté.

Durant cette période, la Bibliothèque nationale de France présente une exposition consacrée à son œuvre gravé.

Conçus en partenariat, les deux événements permettent au public de découvrir, ou de redécouvrir, le travail riche et protéiforme de ce grand nom de la scène contemporaine.

Miquel Barceló. Tres Llulls (2012-2013) Plâtre. Collection de l’artiste. Le poète philosophe majorquin tenu par sa grande barbe tripode : Le Titien, Tintoret et Michel Ange

Miquel Barceló. Sol y sombra, du 22 mars à fin juillet 2016, au Musée national Picasso-Paris, 5, rue de Thorigny, 75003 Paris, 01 85 56 00 36, métro Saint-Paul, Filles-du-Calvaire, Saint-Sébastien-Froissart, ou Chemin-Vert, bus 20, 29, 65, 75, 69, 96. Ouverture tous les jours sauf le lundi, le 25 décembre, le 1er janvier et le 1er mai. De 11h30 à 18h du mardi au vendredi, de 9h30 à 18h les samedi et dimanche. Nocturne le 3e vendredi de chaque mois jusqu’à 21h.12,50 ou 9,50€. Réservations +33 1 85 56 00 36 ou www.museepicassoparis.fr. Le musée est accessible aux personnes à mobilité réduite. Accueil personnalisé : accessibilite@museepicassoparis.fr.

Nocturne exceptionnelle mercredi 30 mars jusqu’à 23h, gratuité pour les moins de 26 ans.

L’exposition Miquel Barceló. Sol y sombra, à la BnF, site Mitterrand

Double événement, donc, consacré à Miquel Barceló, puisque deux expositions se répondent et permettent une immersion dans l’univers si particulier de l’artiste. Aux peintures et céramiques présentées au musée Picasso-Paris fait écho la riche production gravée proposée par la BnF.

Soulignons que l’œuvre imprimé de Miquel Barceló est très rarement exposé. Foisonnant, profondément original, il représente à ce jour près de 250 gravures sur cuivre, sur bois, lithographies, sérigraphies et estampages.

Miquel Barceló. Toro Banderilles © ADAGP, Paris, 2016

Le parcours thématique se construit autour d’une sélection de 60 estampes, travaux récents ou très anciens, qui rend compte de la cohérence et de la singularité de sa démarche.

La pièce la plus spectaculaire de l’exposition est constituée d’une monumentale fresque de terre et de lumière de 190m de long sur 6m de haut créée in situ sur toute la hauteur des vitres de l’allée Julien Cain. L’artiste l’a couverte d’une fine couche d’argile avant d’y dessiner en grattant la glaise séchée.

Spectaculaire introduction à l’exposition, cette fresque immerge le visiteur dans l’univers envoûtant de Barceló. Son bestiaire, rendant un gigantesque hommage à l’art pariétal, prend vie, illuminé différemment aux heures changeantes du jour, griffé et marqué sur la fine couche d’argile que chacun de nous aura à déchiffrer. Cette longue fresque laisse aussi une place large et respectueuse au philosophe majorquin Ramon Llull.

Soulignons ici la générosité de l’artiste qui crée aussi bien au musée Picasso qu’à la BnF deux œuvres monumentales, spectaculaires... et éphémères.

Ensuite le parcours se déploie sur les thèmes de l’empreinte, la trace et la griffure, de la métamorphose, des tauromachies, qu’il surnomme des espagnolades, et des littératures. Vases et briques de terre cuite, portraits à l’eau de Javel, sur parchemin ou oreille d’éléphant, livres embossés et bronzes patinés, peintures et carnets font écho aux estampes.

Estampes dans lesquelles l’artiste, tirant parti de toutes les ressources du medium, joue avec les textures, les couleurs et les subtiles nuances des noirs et des blancs pour, de l’ombre, faire naître la lumière.

Hommages aussi sont rendus aux maîtres de la gravure ; Rembrandt, Goya, Redon, et... Picasso. L’érudition de Barceló est étonnante, il fréquente et connaît l’histoire de l’art et la littérature avec gourmandise et s’en pourlèche.

Miquel Barceló © Jean-Marie del Moral

Miquel Barceló se consacre avec un égal bonheur à l’art de la gravure, de la lithographie et du dessin. Comme sur la toile, il fait du papier un espace d’expérimentations uniques et multiples, n’hésitant pas, par exemple, à y apporter des éléments collectés dans la Nature.

« Je suis spécialiste de la vie en crise permanente. J’envie les vies tranquilles », dit Barceló dont l’art s’exprime donc sur de nombreux supports (peinture, gravure, dessin, céramique, sculpture, etc.).


Un plaisir extraordinaire que vous ne raterez j’espère à aucun prix. En bout d’exposition, prenez le temps de regarder le film montrant Paso doble, la performance créée en 2006 à Avignon et réalisée devant la population malienne et ses enfants par le chorégraphe Josef Nadj et le peintre Miquel Barceló... mi-cochon mi alchimiste ! Formidable, et que dire de ces masques et coiffes d’argile jetés et griffés sur ce mur géniteur et avaleur tout à la fois !

Cette exposition est réalisée avec le soutien de l’Institut Ramon Llull, organisme public chargé de la promotion internationale de la culture catalane, dans le cadre des commémorations du 700e anniversaire de la mort de Ramon Llull.

Miquel Barceló. Sol y sombra, du 22 mars au 28 août 2016, à la BnF, site Mitterrand, Galerie 1, Quai François-Mauriac, Paris 75013, du mardi au samedi de 10 à 19h, le dimanche de 13 à 19h (fermeture des caisses à 18h), et fermé lundi et jours fériés. 9 ou 7€.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, et au musée Guimet.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions et musées : que faire à Paris du....

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Le catalogue regroupant ces deux expositions fait partie de notre sélection 2016.

Vous pouvez consulter quelques dizaines de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : musée national Picasso-Paris, Bibliothèque nationale de France, dictionnaire Hazan

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