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DERNIERS JOURS de l’exposition d’estampes japonaises licencieuses, à la Pinacothèque

Dernière mise à jour : mercredi 15 juin 2016, par Expositions

Du 6 novembre 2014 au 15 février 2015, l’art de l’amour au temps des geishas, avec des chefs-d’œuvre des plus grands maîtres de l’estampe : Hokusaï, Utamaro, et Hiroshige.

La Pinacothèque de Paris, dans sa saison Art et Érotisme en Orient, et concomitament à l’exposition Kâma-Sûtra, présente une approche singulière de la vie et de la culture érotique au Japon à l’époque d’Edo (1603-1867).

Si le caractère fortement érotique de certaines estampes peuvent heurter les mineurs, elles sont en revanche assez souvent appréciées par un public averti. Toutefois, il vous paraîtra rapidement évident à la lecture de cet article que compte tenu de la pudibonderie régnant sur Internet, les images que nous montrons ont été... sélectionnées avec retenue et délicatesse.

Il est donc fait fortement appel à l’imagination du lecteur, et lui est conseillé d’aller juger lui-même de l’intérêt artistique, ethnographique, historique, ou même érotique et publicitaire que présente un tel événement.

L’adjectif publicitaire n’a pas été employé par hasard. Sur certaines de ces estampes, les représentations sont exagérées. Les phallus sont monumentaux, presque, à eux seuls, des personnages. Les sexes féminins, généreusement mis en avant, en démonstration en quelque sorte, ont de multiples et séduisants replis. La semence s’y déverse abondamment. Les poils pubiens sont hirsutes, drus, quasiment menaçants.


Kobayashi Kiyochika. Beauté de l’ère Kyoho. Tiré de Motifs floraux (Hana moyo). 1896. Estampe xylographique en couleurs. Museo delle Culture, Lugano

Peut-être faut-il entendre aussi ces illustrations comme les brochures de ces maisons de plaisir, et une version économique voire gestionnaire du lieu. En effet, l’excitation visée accélérant un traitement... plus rapide de la clientèle, facilite donc un rythme de service plus productif.

Ces estampes rendent parfois aussi cruellement, et loin cette fois de tout folklore ou esthétique japoniaise, de réalités sociales et humaines. Ces femmes donnent le sein à leur enfant en "travaillant". Rares sont les images transmettant une once de tendresse, ou même plus trivialement de participation au plaisir pris par le client. L’ennui de leurs visages peut devenir... tonitruant, et la promiscuité apparaît fréquente.

L’exposition "L’Art de l’amour au temps des geishas : les chefs-d’œuvre interdits de l’art japonais" est la première jamais présentée en France sur ces fameuses estampes révélant l’imaginaire extrême-oriental.

La prospérité de l’époque d’Edo favorise au sein des grandes cités japonaises le développement de la classe bourgeoise dominante des chōnin (citadins).

Ces commerçants, artisans, médecins, enseignants ou artistes, par le mouvement culturel ukiyo-e ("images du monde flottant"), affirment une conception hédoniste de l’existence, contrastant avec la morale néo-confucianiste des classes guerrières.

Ukiyo-e est le fruit d’une réflexion esthético-morale sur le caractère bref et transitoire de la vie, et la beauté féminine idéalisée comme l’imaginaire érotique y prennent des places prééminentes.

Utagawa Kunisada. La courtisane Tsutanosuke de la maison verte Akatsutaya. C. 1820. Museo delle Culture, Lugano

Le poète Asai Riyoi écrivait en 1661 : "Vivre uniquement dans l’instant présent, se livrer tout entier à la contemplation de la lune, de la neige, de la fleur de cerisier et de la feuille d’érable, chanter, boire du saké, ressentir du plaisir rien qu’à ondoyer, ne pas se laisser abattre par la pauvreté et ne pas la laisser transparaître sur son visage".

Les geishas étaient à l’origine (et sont encore, d’ailleurs, mais en bien moins grand nombre qu’aux XVIIIe et XIXe siècles) des femmes de compagnie à la pratique raffinée d’arts multiples (calligraphie, instruments de musique, chant, danse, récit, poésie, conversation, etc). Elles dispensaient, dès 1750, leur très chères prestations de divertissement à une clientèle particulièrement aisée.

Le lien avec la prostitution, complexe, demeurait souvent assez proche. Ne nous cachons pas que dans notre appellation à l’occidentale, la confusion obtenue et entretenue est générale. Et dans les estampes exposées, certainement systématique. L’acception artistique, voire folklorique, même si les faveurs sexuelles que la geisha pouvait accorder à son client n’avaient rien d’obligé, pouvaient en être un des aboutissements... induits.

Vous remarquerez que fréquemment des jeunes filles font preuve d’une curiosité qui pourrait passer pour indiscrète. Il ne s’agit pas que de voyeurisme. Ces maisons étaient aussi des lieux de formations pour ces apprenties souvent vendues par leur famille dans le projet qu’elles deviennent geishas.

On raconte que lorsque l’apprentie est digne d’accéder au titre de geishas, à l’époque Edo sa virginité, réputée n’avoir pas de prix, était mise aux enchères, et que l’acheteur, souvent un commerçant ou industriel de haut rang en tirait pour son entreprise un prestige considérable.

Ces préalables posés, les gravures polychromes représentant de belles femmes (bijinga), et celles érotiques, les shunga, "images de printemps", sont les manifestations les plus significatives de ces temps. Leur popularité culminera à l’époque d’Edo. Elles rendent compte du mode de vie raffiné, luxueux et moderne des chōnin, qui fréquentent théâtres et quartiers de plaisir, organisent des fêtes, et revendiquent une existence tournée vers le plaisir et la satisfaction des désirs personnels... puisqu’il est aussi vrai que toute vie ou pouvoir politique leur était interdit.

En parallèle de cette expression artistique, dont Kitagawa Utamaro, Utagawa Hiroshige ou encore Katsushika Hokusai furent les plus grands maîtres, la littérature est elle aussi influencée, notamment sous la forme des ukiyo-zoshi, les romans ukiyo.

Très discrètement collectionnées en Europe par d’éminentes personnalités artistiques dont Gustav Klimt ou Émile Zola dès l’ouverture du Japon à l’Occident en 1868, les gravures ukiyo-e contribuent à la naissance et au développement du Japonisme à la fin du XIXe siècle.

L’exposition propose plus de 200 gravures, photographies à l’albumine et objets de la vie quotidienne en provenance du Museo delle Culture de Lugano ainsi que d’autres grands musées publics et collections particulières de Suisse et d’Italie. Un ensemble d’œuvres modernes et contemporaines, planches de mangas et peintures, témoigne de la continuité de cette tradition érotique jusque dans le Japon contemporain.

Les premières représentations picturales de ce type de scènes au Japon remonteraient à l’époque de Kamakura (1185-1333), et se présentent, pour l’essentiel, sous la forme de rouleaux en papier de lecture horizontale (e-makimono). Ils représentent des sujets humoristiques ou destinés à décorer les panneaux coulissants (fusuma) qui divisent les pièces des bordels (oh, pardon !) des maisons de plaisir.

Au cours du XVIIe siècle, ce type de rouleau narratif évolua en de simples feuilles peintes, souvent rassemblées en albums, proposant 12 positions amoureuses, chacune d’elle étant destinée... à un mois de l’année.

Le genre shunga, qui constitue le cœur de l’exposition, a connu une évolution thématique dans le temps. Il s’étale globalement de 1650 à 1900.

"La poétique de l’oreiller" (1650-1760) a préservé le caractère narratif. Une seconde période (1760-1790), appelée "littérature et art", a pu exprimer dans les œuvres, par des artistes comme Harunobu et Koryusai, ce qu’était alors l’idéal féminin, demoiselles de rêve au visage d’un bel ovale de poupées de porcelaine, et cela dans de délicates nuances de couleurs soulignées de traits d’une grande finesse.


Utagawa Kunisada. Neige dans le jardin du Palais. Tiré des Qutre saisons (Shiki no uchi), estampe xylographique en couleurs, Museo delle Culture, Lugano

"La vision introspective" (1790-1820) se distingue par ses formes pleines, un réalisme et même une audace, s’offrant à des interprétations "à tiroirs".

Avec "Amour et fureur" (1820-1912), le thème est emporté par la frénésie et l’ardeur démonstratives de maîtres réputés comme Hokusai, Kunisada, Kuniyoshige et Hiroshige. La nervosité des lignes, l’usage fait des couleurs, et la représentation figurative donnent à voir un érotisme prêt à sombrer dans une violence à coloration parfois sadique, transcrivant assez bien les aspects décadents de l’époque Meiji (1868-1912). Il était facilement imaginable que les estampes du grand maître Hokusai exposées ici ne seraient pas tout à fait de même nature que celles présentées en ce moment-même au Grand Palais. Mais au moins ainsi votre vision sera-t-elle plus complète !

De délicats ustensiles, laqués ou pas, de maquillage, de préparation de geishas, comme du mobilier léger, de voyage (les déplacements étaient parfois appréciés également), des décorations, ou des récipients sont présentés dans quelques vitrines, ainsi que quelques bijoux et de précieux kimonos.

L’Art de l’amour au temps des geishas. Les chefs-d’œuvre interdits de l’art japonais d’Utamaro à Hokusaï et Hiroshige, du 6 novembre 2014 au 15 février 2015, à la Pinacothèque 1 de Paris, 28, place de la Madeleine 75008 Paris, 01 44 56 88 80, billetterie angle rues Vignon et Sèze, 75009 Paris, métro Madeleine (8, 12 et 14). Bus 42 et 52, 24, 84 et 94. Ouvert de10h30 à 18h30 (fermeture des salles à 18h15), sauf le mardi (fermeture hebdomadaire). Nocturnes les mercredi et vendredi jusqu’à 20h30 (fermeture des salles à 20h15). Jeudi 25 décembre 2014 et jeudi 1er janvier 2015, la Pinacothèque de Paris est ouverte de 14h à 18h30. La billetterie ferme à 17h30, les mercredis et vendredis à 19h30. 13 ou 11€. www.pinacotheque.com.

Voir aussi Le Kama-Sutra. Spiritualité et érotisme dans l’art indien, du 2 octobre 2014 au 11 janvier 2015, à la Pinacothèque.

N’oubliez pas au Grand Palais l’immense exposition Hokusai qui rassemble plus de 500 dessins du maitre incontesté de l’estampe japonaise et de ce fou de dessin, jusqu’au 18 janvier 2015.

***

Vous retrouverez dans l’article 2014 à Paris : LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2014 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer.

Nous avons établi notre sélection, avec Paris 2014 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris.

Nous vous proposons aussi une sélection d’expositions et de festivals dans les villes françaises suivantes :

Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et bien sûr pour Paris :
Les Grandes Expositions 2015 à Paris de A à Z
Calendrier 2015 des grandes expositions à Paris
peuvent déjà être consultés sur Évous.fr... et complétés, si vous disposez de plus d’informations que nous !

De même nous avons commencé :
Les Grandes Expositions 2016 à Paris de A à Z
Calendrier 2016 des grandes expositions à Paris
peuvent déjà être consultés sur Évous.fr... et complétés, si vous disposez de plus d’informations que nous !

Et juste quelques musées et expositions pour Bruxelles, Genève, Bâle, Amsterdam, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, Pinacothèque, Marc Restellini

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