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DERNIERS JOURS de Soleil froid, au Palais de Tokyo, dont une belle expo d’œuvres de Julio Le Parc

vendredi 20 octobre 2017, par André Balbo

Du 27 février au 20 mai 2013, le Palais de Tokyo tente le délicat passage de l’invention de l’œuvre aux "artifices d’un nouveau monde".

Après « Imaginez l’imaginaire » qui entraînait le visiteur curieux dans le sillage et même dans l’effort de l’invention de l’œuvre, le « Soleil froid » qui se lève sur la nouvelle saison du Palais de Tokyo explore la surface d’un monde étrange où, comme l’écrivait Raymond Roussel à propos de l’écriture, « rien de réel ne doit entrer ».

Celui-là même qui écrivait Nouvelles impressions d’Afrique sans avoir jamais posé le pied sur ce vaste continent inspire cette saison placée sous le signe d’un soleil paradoxal, un soleil qui, comme le souligne Michel Foucault, « ne bouge pas, équitable à toutes choses, dressé pour toujours au-dessus de chacune » et qui éclaire un monde où « tout est lumineux. Mais rien n’y raconte le jour : il n’y a ni heure ni ombre. »

Les artifices d’un tel monde font naître des « espaces insoupçonnés » que les nombreux artistes invités explorent chacun à leur manière.

Jeux de lumière, jeux de formes et jeux de mots. En fait, le terrain de jeux n’est que le territoire de l’imagination de l’artiste, parfois tricotée de celle du spectateur-acteur, quand il est sommé de mettre le doigt dans un quelconque engrenage participatif.

Le Palais de Tokyo, pour respecter ce froid clinique de l’imaginaire, a tracé au sol, comme à l’hôpital, les couleurs en fils d’Ariane de chacun des artistes présentés.

Sous le signe de ce « Soleil froid », Julio Le Parc, artiste historique dont les œuvres immersives ont influencé les artistes les plus contemporains, déploie son œuvre : lumière, mouvements, reflets, métal, ou comment obtenir un effet maximal avec une technique minimale.


Julio Le Parc 1125 (détail), 2003. Courtesy de l’artiste. Photo : Atelier Le Parc

À l’occasion de cette première grande exposition en France depuis les années 1980, ses recherches sur la lumière et le mouvement sont mises au service d’un art militant pour la participation du visiteur... et son émancipation, espère-t-il. Un poil d’obscurité est forcément bienvenu pour mieux profiter de la lumière...

Vous entrez dans le monde de Julio Le Parc par un incroyable "pénétrable" fait de pans de miroirs suspendus, souples et mobiles. Votre vision perd alors tout repère !

Cette attention à l’augmentation du champ de conscience du visiteur se retrouve dans l’exposition « Nouvelles impressions de Raymond Roussel », conçue par le commissaire invité François Piron, qui rend manifeste l’influence de ce génie fulgurant de la littérature sur de nombreux artistes contemporains.

On y retrouve des figures inclassables comme Mike Kelley ou Guy de Cointet, mais aussi Jules Verne et bien sûr Marcel Duchamp.

Dans le même élan, trois expositions monographiques débordent les états-limites : que ce soient les objets que François Curlet transforme en « outils mentaux qui nous travaillent en permanence », l’idée même de sculpture déconstruite en images-mouvements par le duo d’artistes Dewar & Gicquel, ou la psyché étirée en tous sens par Joachim Koester.

Enfin, Evariste Richer inaugure une nouvelle « Bibliothèque d’artiste » où se rencontrent constellations et collections minéralogiques.

À cet ensemble, s’ajoutent Meltem, une exposition collective sur les nouvelles pratiques de la sculpture, conçue avec l’école nationale supérieure des Arts Décoratifs, ainsi que deux salves de Modules - Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent qui permettront de découvrir une proposition de Nadja Argyropoulou « Hell as Pavilion » (illustration) et les expositions de Hicham Berrada, Lars Morell, Pierre Paulin, Clémence Seilles puis Jean-Michel Pancin, Gauthier Leroy et Marcos Avila Forero.

Merci de nous croire : les expositions au Palais de Tokyo sont maintenant toujours considérables. Nous ne vous avons parlé que d’un tout petit bout de celle-ci, certes prestigieux puisque nous nous sommes attardés sur Julio le Parc et ses 14 couleurs, mais je suis persuadé que vous seriez nombreux à pouvoir enrichir cet article des merveilles qui restent à découvrir dans les ténèbres et les lumières de tous ces niveaux caverneux qui composent le Palais de Tokyo que l’on aborde facilement mais on ne fait en général qu’incomplètement le tour...

Soleil froid, du 27 février au 20 mai 2013, au Palais de Tokyo, 13 avenue du Président Wilson 75116 Paris. Métro Iéna et Alma-Marceau. Tous les jours de 12 à 24h sauf le mardi, fermé le 1er mai. 10 ou 8 euros (- de 26 ans, enseignants, étudiants, séniors, familles nombreuses), gratuit (aux - de 18 ans, demandeurs d’emploi, minima sociaux).

Voir aussi : Dynamo. Un siècle de lumière et de mouvement dans l’art, 1913-2013, aux Galeries Nationales du Grand Palais. Du 10 avril au 22 juillet 2013.

Soto, au Centre Pompidou. Du 27 février au 20 mai 2013. 20 œuvres d’un autre maître du renouveau de l’art cinétique.

Vous retrouverez dans les articles 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z et 2013 à Paris : les grandes expositions de A à Z les différentes expositions 2012 et celles de 2013 déjà annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans les articles Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris, et Calendrier 2013 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Nous tenterons aussi de vous les présenter chaque mois, à partir de Février 2013.

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous avons établi notre sélection, pour Paris, des MEILLEURS CATALOGUES des expositions 2012, en vous indiquant en plus les nominés, et les primés au Prix CatalPa 2012 pour les catalogues d’expositions de Paris.

Nous procéderons de la même manière en 2013, avec PARIS 2013 : les meilleurs catalogues d’expositions de Paris.

André Balbo

sources : visite, Palais de Tokyo

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