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Archives et bilan. 145 000 visiteurs pour Monumenta 2014 au Grand Palais avec Ilya et Emilia Kabakov

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Du 10 mai au 22 juin 2014, dans le cadre de Monumenta 2014, Ilya et Emilia Kabakov ont tenté de perdre le public, ou tout au moins de lui faire oublier son quotidien, sous la Nef du Grand Palais, dans le dédale de l’Étrange Cité, qui faillit être leur ville utopique...

Cette volonté partait d’un bon sentiment. Il s’agissait pour eux de nous aider à choisir notre manière d’accéder à l’un des au-delàs imaginables, proposés "à la carte".

Succès donc pour ce Monumenta édition 2014 avec plus de 145 000 visiteurs (soit 3 585 visiteurs / jour).

53 médiateurs étaient à la disposition du public qu’ils guidaient avec adresse dans sa découverte de L’étrange cité, facilitant l’accessibilité du plus grand nombre, et en tout cas des plus curieux. Des dispositifs spécifiques avaient de plus été mis en place pour les malvoyants (visites en langue des signes) et les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer (en partenariat avec l’association ARTZ, Action Culturelle Alzheimer).

La prochaine édition de Monumenta se tiendra en 2016 sous la Nef du Grand Palais. La ministre de la Culture et de la Communication annoncera très prochainement le nom de l’artiste retenu, sur proposition d’un comité de sélection rassemblant des personnalités du monde de l’art.

Pour la 6e édition de Monumenta, les artistes d’origine russe Ilya et Emilia Kabakov, qui se sont rencontrés en 1973 (mais ne se sont connus et ont commencé à travailler ensemble qu’en 1989), suggèrent aux publics qui viendront au Grand Palais d’accepter de se perdre sous la gigantesque Nef dans le "petit" dédale d’une ville aussi construite que ce que pourrait être une utopie, et qu’ils nomment l’Étrange Cité. Un chapelet et entrelacs de 9 constructions, en majorité pavillonnaires et aux formes variées. Ces constructions sont crépies d’un blanc froid et lumineux, liés ou pas entre eux d’arches et de murs d’enceinte.

Comme pour toutes les installations qu’ils font depuis 10 années, les Kabakov ont signé Monumenta de leurs 2 noms. Celle-ci est ce qu’Ilya appelle une installation totale, c’est-à-dire capable de faire émerger une ambiance spéciale dans laquelle on peut s’insérer par la musique, le regard, la pensée, ou tout autre choses. Ce serait même la meilleure des installations totales, avant même celle du Centre Pompidou.

Quelle serait la fonction de cette étrange cité ? Permettre au plus grand nombre de visiteurs d’effectuer un travail introspectif sur le sens de la vie, de sa vie. Que chacun puisse réfléchir un instant à sa propre vie, à son âme, à ses buts et à la société qu’il attend. Pour rendre cela possible, il est primordial de couper cet être humain de son quotidien, du temps qui passe, de son travail, de la société de consommation, de loisirs... et des autres humains. Une visite serait donc encore plus bénéfique si elle pouvait être effectuée seul.

Après Anselm Kiefer, Richard Serra, Christian Boltanski, Anish Kapoor et Daniel Buren, les artistes russes Ilya et Emilia Kabakov confrontent leurs créations à l’immensité de cette splendide Nef, à sa lumière vive, et à la multiplicité des publics de musées à Paris. 13 500 m2, 35 m de hauteur. Dans un tel cadre, la timidité est vite soufflée.

Ilya et Emilia Kabakov, « Comment rencontrer son ange ? » © Adagp, Paris 2014

Ilya, platicien conceptuel, peintre, et Emilia, itou, muse et pianiste, sont aujourd’hui installés et travaillent à Long Island. Ilya a été classé parmi les 10 plus grands artistes vivants par ARTnews. Ils considèrent que l’Union soviétique, société utopique et autoritaire parmi d’autres, n’aura été que la première des sociétés contemporaines condamnée à disparaître.

Leur intention artistique, esthétique et émotionnelle est de faire de ce Monumenta-là, qui avait été dans un premier temps annulé par la ministre de la Culture avant d’être reporté de 2013 à 2014, une expérience pour chacun, à la fois visuelle, intellectuelle, spirituelle. Un point d’appui pour des résolutions qui lui permettront de transcender le reste de sa vie.

On en a beaucoup dit sur cette exposition sans toutefois vraiment rien en décrire. La surprise serait à ce Monumenta-là ce que l’argent reste à la psychanalyse. Une condition nécessaire mais pas forcément suffisante à une amélioration de notre état général de patients impatients.

Et si l’échec confirmé des utopies en "isme", dont le capitalisme fait partie, pouvait nous faire simplement accepter l’idée qu’une vie ensemble deviendrait un jour possible...

Vous aurez droit à quelques explications des médiateurs postés dans cet événement.

Comment accéder à un au-delà ? Par l’utopie, la science, la religion, le passage de seuils, l’art comme culture, comme réalisation ? Le message est clair "Ralentissez votre course dans la vie réelle. Faites appel à vos émotions, vos sens, vos souvenirs". Entrez dans l’espace onirique issu de l’imaginaire collectif, où nous vous invitons à penser et à réfléchir sur l’art, la culture, la vie quotidienne, notre présent, notre futur, et la mort bien sûr !

Chacune des 8 grandes constructions est un monde particulier. Le musée vide ? Si c’est dans les musées que nous installons ce qui nous est précieux, avec celui-là, nous devrions être préoccupé...

Manas, la cité utopique ? Et si nous ne parvenions ni à nous charger d’énergie cosmique ni même à entrer en relations avec des civilisations extra-terrestres ?

Le Centre de l’énergie cosmique ? Avec ses étranges petits bâtiments scientifiques croqués ou en en maquette, il nous rappelle l’époque pas si lointaine où nous accordions à la science toute notre attention. Les portails, qui ont leur pavillon, et qui sont des lieux d’accès donc de révélation que souvent on ne voit pas, a fortiori si l’on est un enfant. La vision unique qui en est donnée dans les textes des artistes est celle univoque de personnes déjà âgées. Rien d’initiatique n’y est ici proposé hors la promesse d’une disparition définitive.

Comment rencontrer un ange ? C’est si facile. Il suffit pour cela de disposer d’une grande échelle, d’un sac à dos plein de nourritures terrestres, et de monter... L’escabeau de ce pavillon est monstrueux. Une échelle métallique était ouverte au milieu du chemin. Était-ce une invitation à passer à l’action, ou des ouvriers qui n’avaient pas fini l’installation ?

Deux pavillons sont excentrés. La chapelle blanche, qui rassemble un vaste damier dont certains rectangles présentent une œuvre, à dominante russe, mais où la dominante de couleur est blanche. La disposition paraît être aléatoire, et les sujets si russes font perdre un peu d’universalité. C’est normal. C’est le lieu des souvenirs des Kabakov. Comme ceux de chacun, ils s’estompent, blanchissent et disparaitront bien un jour... Au fond, la mémoire et culture artistique peuvent-elle être des recours ?

La chapelle sombre, qualifié de clou de l’exposition, présente de très très grands formats d’Ilya Kabakov, qui n’arrêta jamais de peindre, contrairement à ce qui est souvent dit à son propos. L’exercice de l’art lui-même peut-il être une des voies du passage vers un ailleurs ?

L’âge est un élément de cette exposition très métaphysique, que l’on pourrait rapprocher par cet angle de l’œuvre formidable de Bill Viola, exposée en ce moment même également au Grand Palais.

L’enfer a disparu, mais le paradis aussi. Le purgatoire s’impose à tous, baigné dans un flou artistique... Monumenta 2014 cherche en toute immodestie et générosité à aider chacun des individus qui visiteront l’exposition, ce qui n’est pas une mince affaire par les temps qui courent.

Monumenta 2014. L’étrange cité. Ilya et Emilia Kabakov. Du 10 mai au 22 juin, au Grand Palais, tlj de 10 à 20h. Nocturne jusqu’à 22h le mercredi. Fermeture hebdomadaire le mardi. Ouvert le jeudi 8 mai. Pour la nuit européenne des musées : entrée gratuite le samedi 17 mai de 20h à minuit. 13 ou 9€. Tribu 35€ (4 personnes dont 2 jeunes 16-25 ans).

Voir aussi au Grand Palais :
Robert Mapplethorpe, à la Galerie Sud-Est, jusqu’au 14 juillet 2014 ;
Auguste (Moi,) Empereur de Rome... entrée Clémenceau. Jusqu’au 13 juillet 2014.
Bill Viola, aux Galeries Nationales. Jusqu’au 28 juillet 2014. Pas mal métaphysique aussi, mais curieusement le plus oriental n’est pas celui qu’on pense.

***

Vous retrouverez dans l’article 2014 à Paris : LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2014 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer.

Nous avons établi notre sélection, avec Paris 2014 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris.

En grande nouveauté, car Paris, sans la province, ne serait vraiment pas grand chose... et est loin de nous être suffisant, nous vous proposons dorénavant une vue panoramique des Expositions et Festivals en province ? 2014. Expositions et Festivals en PROVINCE de A à Z. Ou encore CALENDRIER 2014 des Expositions et Festivals en PROVINCE

Avec des déclinaisons présentant davantage de détails par villes. dans les villes suivantes :
Angoulême
Arles
Avignon
Bordeaux
Dijon
Grenoble
Ile-de-France
Lens
Lille
Lyon
Marseille
Metz
Montpellier
Nantes
Nice
Ornans
Rennes
Rodez
Rouen, Le Havre
Saint-Étienne
Strasbourg
Toulouse
Tours

Et juste quelques expositions 2014 pour Bruxelles et Londres, Genève, Bâle...

André Balbo

sources : Visite, RMN - GP