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L’Orient Express est relancé !

vendredi 6 octobre 2017, par André Balbo, Jean

Le groupe hôtelier AccorHotels prévoit en 2017 de développer une nouvelle collection d’hôtels sous l’enseigne "Orient-Express". En parallèle, la SNCF poursuit l’exploitation du célèbre train dont les 7 voitures restantes, classées monuments historiques, accueillent différents événements privés.

Combien d’écrivains nous l’ont raconté, ce train fabuleux, ajoutant les uns après les autres à la séduction et à la fascination qui bâtissent les mythes. Graham Greene, Lawrence d’Arabie, Mata Hari, Agatha Christie, Joseph Kessel, Colette ou Ian Flemming. Combien d’espions parmi eux... James Bond lui-même, leur saint patron, voyagera à son bord en galante compagnie.
Comme ses voyageurs devaient être choyés ! L’Orient Express, si fastueusement décoré, pouvait ne recevoir que des êtres d’exception, des espions, donc, et des princes ou des aventurières, des esthètes, des milliardaires, des écrivains ou des artistes. Paris, Vienne, Istanbul, Téhéran, Le Caire, Bassora, Bagdad...

L’Orient Express naquit à la fin du XIXe siècle de l’esprit inventif (et observateur) de Georges Nagelmackers... un peu inspiré aussi, il faut bien l’avouer, des wagons américains Pullman. C’est cet homme d’affaires belge qui imagina ce palace théâtral sur boggies, avec son wagon restaurant, ses décors si cossus et ses sleeping cars. Il est justement honoré dans la première partie de l’exposition.

Car c’était en effet à l’époque une gageure que de vouloir traverser à un train ces frontières, ces pays, et même de lui faire enjamber le détroit du Bosphore, et de le faire passer d’un continent à l’autre. Seuls changeaient les locomotives, les mécaniciens et les chauffeurs. Quant à l’idée que les voyageurs puissent voir ainsi défiler tant de paysages d’une position aussi confortable... faisait rêver tout simplement. D’autant que l’orientalisme avait déjà échauffé les imaginations et les envies.
Bien que relativement peu d’élus eurent l’insigne privilège de voyager à bord de cette élégante vitrine du monde moderne et de l’Europe triomphante, le peuple allait curieusement faire siens ces trains mythiques, et s’y attacher... sentimentalement.


Voiture Restaurant Anatolie n° 2869, construite en 1925 par les Ateliers Smethwick de Birmingham en Grande Bretagne selon des plans des bureaux d’étude de la Compagnie des Wagons-Lits. 42 personnes, 14 tables, 38 fauteuils bridge et 4 places sur banquette. Le "piano de la cuisine fonctionnait au charbon de bois.

Le voyage inaugural eut lieu en 1883, le 5 juin, et le Figaro écrivait que grâce à lui "Le Bosphore (était) devenu une banlieue de la Seine". Il y eut des changements de noms (il s’appelait à ses débuts et jusqu’en 1911 L’Express Orient...), d’itinéraires, la Guerre froide lui fut glaciale, et son trafic vers Istanbul devait s’interrompre en 1977.
Dans ce chef-d’œuvre de luxe sur rails, véritable palace, les plafonds étaient en cuir repoussé de Cordoue, les bas-reliefs en cristal de Lalique, les tapisseries, de la manufacture des Gobelins, les boiseries de palissandre et d’acajou, les rideaux d’un délicat velours de Gênes. Ajoutez à cela de l’argenterie, bien sûr, de précieuses nappes et des verres fins en cristal, et le décor paraît bien en place pour séduire les plus difficiles.
Mentionnons au passage qu’en temps normal la table de son wagon-restaurant savait aussi mettre en valeur la cuisine de chacun des pays traversés. Elle est digne des plus grands restaurants parisiens. Et que les draps des lits des spacieux compartiments sont bien entendu changés tous les jours.

Et l’Orient Express vivra ainsi de 1883 à 1956 au rythme tranquille de sa vitesse 55km/h, de ses traversées européennes, des relations entre l’Orient et l’Occident, du fracas des conflits, des empires fatigués et de la modernisation du Moyen-Orient.
D’avril à août 2014, l’Institut du monde arabe présentait l’exposition Il était une fois l’Orient Express. La visite commençait par un quai de gare reconstitué sur le parvis de l’IMA, avec la surprise (d’une locomotive, de trois voitures, ainsi que d’un wagon-restaurant, avec des mises en scène resituant quelques ambiances et scénettes vraisemblables. Dans l’institut lui-même, objets et documents retraçaient, ou résumaient, l’histoire de l’Orient Express (affiches, menus, vaisselle, couverts, valises, vitraux, meubles).


Voiture Bar Pullman Flèche d’Or ou Train Bleu n° 4160, construite en 1929 par les Ateliers de l’Entreprise Industrielle Charentaise d’Aytré selon des plans des bureaux d’étude de la Compagnie des Wagons-Lits. Cette voiture est équipée d’une salle de restaurant de 8 tables, 22 fauteuils bridge et deux places sur banquette et d’un salon avec tables et petits fauteuils ainsi qu’un bar avec office.

En réduisant les distances, l’Orient Express nous a rendu le Proche-Orient... plus proche encore, et ses élites et notables ont pu visiter l’Europe dans des conditions confortables. Le dernier aller-retour Paris-Istanbul a lieu en 1977 et aujourd’hui, il reste un train composé de 7 voitures, propriété de SNCF et classées monuments historiques.
Mais en octobre 2017, le groupe SNCF, propriétaire de la marque emblématique, s’associe à AccorHotels afin de poursuivre le développement d’Orient-Express. Une nouvelle collection d’hôtels prestigieux sera ainsi lancée sous l’enseigne "Orient-Express". A suivre !

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