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Le bâtiment du journal L’ Aurore et du J’accuse ! d’Emile Zola

Autrefois installé au n° 140-142 rue Montmartre, dans le quartier historique de la presse à Paris, le journal L’ Aurore fut créé par Ernest Vaughan (ancien rédacteur de l’Intransigeant) et parut de 1897 à 1914. Ce journal était réputé de tendance républicaine socialiste. (Ne pas le confondre avec son homonyme, le journal L’ Aurore, fondé en 1944 et intégré en 1985 au Figaro)

C’est également de cet immeuble de la rue Montmartre que l’article d’Emile Zola, « J’accuse ! », relatif à la célèbre affaire Dreyfus, fut publié en janvier 1898 et fit grand bruit au sein de l’opinion française.

Revenons sur la chronologie de l’affaire Dreyfus. Arrêté en octobre 1894, Alfred Dreyfus, officier français d’origine juive, est incarcéré et passe en conseil de guerre, accusé d’espionnage au profit de l’Allemagne. Lors de son procès, alors que son avocat Edgard Demange démontre l’insuffisance des charges pesant contre lui, Dreyfus est jugé coupable,condamné à la dégradation militaire et à la déportation à vie.

Mais en janvier 1896, le service de renseignements français identifie le véritable coupable espionnant au profit de l’Allemagne, le commandant Esterhazy. Au moment où Esterhazy est acquitté lors de son procès, Emile Zola publie dans l’Aurore du 13 janvier 1898 une tribune intitulée « J’accuse ! », destinée au Président de la République, Félix Faure. Lors de la parution de ce numéro, le tirage du journal passe de moins de 30.000 exemplaires vendus habituellement à 300.000 exemplaires ! Cet article, qui fait clairement la lumière sur l’injustice de l’affaire Dreyfus, a un retentissement considérable en France et dans le monde. Mais Zola est assigné pour diffamation et s’exile en Angleterre au soir du verdict. Il reviendra sur le sol français l’année suivante.

Quant à Dreyfus, il n’est pas au bout de sa peine… En juin 1899, il est jugé une deuxième fois mais à nouveau reconnu coupable de trahison sur la base de nouvelles pièces. Il écope de 10 années d’emprisonnement mais sera finalement gracié dix jours plus tard par le président de la République Emile Loubet. En 1906, le jugement sera finalement cassé et Alfred Dreyfus sera réintégré dans l’armée, nommé chef d’escadron et la Légion d’honneur lui sera même remise. Mort en 1935 à l’âge de 75 ans, Alfred Dreyfus est enterré au cimetière du Montparnasse.

Le journal connaît par la suite une période de grâce dans les années 1900, avec comme rédacteur en chef Georges Clémenceau de 1903 à 1906, puis Arthur Ranc de 1906 à 1908. S’en suit une chute radicale du lectorat avant la disparition du journal au tout début de la Première guerre mondiale.

L’immeuble du n°140-142 rue Montmartre, assez pittoresque, est un bel hommage à la presse. Construit par Ferdinand Bal en 1885, il présente une belle façade sculptée : on y reconnait deux Hercule revêtus de la dépouille du lion de Némée et deux cariatides personnifiant le journalisme et la typographie. Le nom du journal La France est encore gravé sur la façade. En effet, plusieurs titres se sont succédé en ces lieux : Le Radical, L’Aurore, L’ Univers, Le Jockey, la Patrie, La Presse... et bien sûr La France. L’imprimerie Paul Dupont y fut également présente jusqu’en 1914.

Franck Beaumont

Source : Guide du Promeneur 2e arrondissement.

144 rue Montmartre

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