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Guide : Les boutiques anciennes à Paris

Dernière mise à jour : lundi 14 décembre 2015, par Jean, Pauline

La capitale compte un grand nombre de boutiques anciennes, dont l’activité n’a pas cessé depuis plusieurs siècles : devantures, comptoirs, sols et plafonds, tout contribue à plonger le client ou le promeneur dans un Paris d’antan. Ce sont des commerces, mais qui prennent parfois l’allure de musées ou de véritables cabinets de curiosités !

Pour les amateurs de décors anciens, de beaux endroits, ou pour les fans de shopping qui aiment s’assurer qu’ils entrent dans une bonne maison, voici un guide des boutiques anciennes (et non "à l’ancienne") qui peuplent la capitale. Elles sont nombreuses dans les quartiers centraux et historiques, surtout dans le 1er et le 2ème arrondissement.

COMMERCES DE BOUCHE

Pâtisserie Stohrer (1730) : C’est la plus ancienne pâtisserie de Paris, ouverte par le pâtissier du roi Louis XV dans la rue Montorgueil. Il aurait inventé le baba au rhum, qui reste l’une des spécialités de la maison. Au fil du temps, Stohrer est aussi devenu traiteur, qui propose des produits salés ou sucrés en petites ou grandes quantités. La boutique à elle seule vaut le coup d’oeil, avec ses plafonds peints, sol carrelé, miroirs et lustre. Une fois que vous y serez, difficile de ne pas être tenté par les nombreuses pâtisseries vendus, parmi lesquels l’éclair au chocolat a été distingué comme le meilleur de Paris par le Figaro en 2011. 51 rue Montorgueil, 75002. Tous les jours, de 7h30 à 20h30.

La Mère de Famille (1761) : C’est la plus ancienne confiserie de Paris, et cela se voit ! Sol carrelé, étagères et comptoirs en bois plongent tout de suite de une atmosphère d’antan. Lorsqu’on y regarde de plus près, on comprend que la maison n’a pas traversé les siècles par hasard : chaque produit est ici choisi ou préparé avec soin. On y trouve beaucoup de confiseries d’antan, mais aussi un large choix de compositions maison. Les prix sont assez élevés mais on peut se faire plaisir pour quelques euros seulement, ou y trouver de beaux cadeaux à offrir. 35 Rue du Faubourg Montmartre, 75009.

Chocolatier Debauve et Gallais (1800) : Cette boutique historique a été ouverte en 1800 par Sulpice Debauve. Cet ancien pharmacien de Louis XVI était le fournisseur officiel de chocolats de Napoléon Ier, puis de la cour de France. Spécialisé dans le chocolat noir amer, il vend ses pièces à des tarifs élevés, dans le lieu même où venait souvent l’écrivain Anatole France, qui évoqua d’ailleurs avec précision et tendresse l’endroit dans son roman Le Petit Pierre. A l’intérieur, les comptoirs boisés en courbe et les présentations très soignées assoient l’atmosphère solennelle du lieu. 30 rue des Saint Pères, 75007

Pâtisserie Dalloyau Saint Honoré (1802) : Si la première maison de gastronomie Daloyau ouvrit ses portes en 1802, la réputation de la famille était assise depuis des décennies déjà, puisque Charles Dalloyau s’était fait remarquer par Louis XIV, devenant le premier de plusieurs générations à servir la cour royale. Installé rue du Faubourg Saint Honoré, à son adresse actuelle, il inventa le prêt-à-emporter, service de traiteur de luxe. Ses spécialités étaient et restent les pâtisseries, et la maison revendique d’ailleurs l’invention de l’Opéra, de la Feuille d’Automne, et du Mogador. La boutique originelle est également un salon de thé et un restaurant, mais dont le décor est aujourd’hui parfaitement moderne. 101 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008.

A l’Olivier, Rivoli (1822) : Si aujourd’hui la boutique présente un décor tout à fait moderne, il n’empêche qu’elle a gardé son emplacement d’origine, depuis 1822. Spécialiste de l’huile d’olive et des produits à l’huile d’olive, la maison vend plus généralement des produits alimentaires ou cosmétiques à base de produits du sud de la France. Épicerie fine aux allures de demeure élégante et champêtre, elle est un bon endroit pour trouver un cadeau à des gourmands ou pour agrémenter ses plats quotidiens de vinaigres ou huiles aromatisés. 23 rue de Rivoli, 75001.

Pâtisserie Ladurée (1862) : C’est l’une des enseignes françaises les plus connues à l’étranger, pour ses macarons notamment. Le salon de thé Ladurée de la rue Royale est l’un des premiers à avoir été ouvert en France. Dans la salle du rez-de-chaussée, on peut déguster des macarons ou des pâtisseries dans un cadre d’époque, avec plafonds et murs peints, poutres apparentes, miroirs et chaises en bois. En bref, si ce n’est la présence de nombreux touristes notamment japonais, on se croirait revenus au temps de sa création, dans un salon à l’ambiance mondaine et feutrée. 16 rue Royale, 75008.

Maison Hédiard, Place de la Madeleine (1870) : Cette épicerie fine fameuse a ouvert sa boutique de la Place de la Madeleine en 1870, quelques seize années avant son concurrent Fauchon ! Ferdinand Hédiard y vendait des thés, cafés et épices venus du monde entier, des colonies françaises et anglaises. Encore aujourd’hui, cette épicerie fine propose des saveurs exotiques, dans un décor certes réaménagé et restauré, mais qui conserve un caractère ancien, en accord avec le chic de la maison. Il fait la part belle au bois et aux emballages dans un style traditionnel, par ses boîtes de thé en métal rouge notamment, qui symbolisent, entre autres, la marque. 21 Place de la Madeleine, 75008.

Cafés Verlet (1880) : Cette maison spécialiste des grands arabicas siège rue Saint Honoré depuis 1880. Si le décor a été modernisé, l’atmosphère reste chaleureuse et boisée. La boutique vend des cafés mais aussi du thé et quelques produits d’épicerie fine. C’est aussi un salon, où l’on peut déguster de nombreux thés et cafés, ainsi que des pâtisseries. Les tarifs sont assez élevés mais la qualité et la saveur des produits vendus les valent : les amateurs de thé et de café ne doivent pas hésiter à pousser la porte pour découvrir cette institution ! 256 rue Saint Honoré, 75001.

Caves Legrand (1880) : A l’origine caviste, cette maison est aujourd’hui toujours spécialiste du vin (elle organise de nombreuses dégustations), mais aussi une épicerie fine, qui propose des produits sucrés et salés, vendus dans des emballages à l’ancienne. Le magasin vaut le coup d’œil pour son décor d’origine, avec comptoirs et présentoirs en bois, carrelage au sol, confiseries remplissant de grands pots de verre. Le choix est assez large et raffiné, et la maison reste l’un des meilleurs cavistes de la capitale ! 1 rue de la Banque, 75002.

Magasin Fauchon Madeleine (1886) : Aujourd’hui le lieu n’a plus rien d’ancien. Il affiche son décor laqué en noir et rose fushia et sa luminosité de néon. Pourtant, c’est dans à endroit même que le marchand de saisons Auguste Fauchon ouvrit sa première boutique en 1886, devenant le traiteur et l’épicier de la haute bourgeoisie parisienne et des têtes couronnées du monde entier. On y trouve toutefois encore, et bien sûr, les spécialités de la maison, le thé, les éclairs et de nombreux produits d’épicerie de luxe. 24-26 place de la Madeleine, 75008.

Confiserie Tetrel (1930) : La vitrine est un ravissement pour les yeux et une torture pour les papilles. Elle est remplie de centaines de produits, bonbons, chocolats, pralines, dans des emballages transparents ou dans des boîtes aux décorations désuètes. A l’intérieur, l’accueil n’est pas toujours aimable, mais il est efficace, et le magasin vaut quoi qu’il en soi le coup d’œil, avec son sol carrelé, ses meubles en bois, et son choix large de spécialités sucrées ou salées, dont beaucoup sont à des prix raisonnables si l’on se contente de petites quantités. 44 rue des Petits Champs, 75002.

DROGUERIE

Ultramod (1832) : Cette boutique a d’abord vendu des chapeaux (il en reste certains en vitrine, vendus avec quelques accessoires). Elle n’est une mercerie que depuis 1920. On y trouve des boutons, galons, tissus, de la dentelle, des outils de couture : en bref, de quoi faire soi-même des vêtements et accessoires, dans un décor d’époque avec caisse-enregistreuse et lampes descendant bas depuis le plafond. C’est un lieu très apprécié des amateurs de créations textiles, mais aussi des lieux singuliers de Paris. 14 rue Monsigny, 75002

PARAPLUIES & CANNES

Parapluies Antoine, 1885 : La Maison a été fondé en 1745, non loin du Pont Neuf. Ayant déménagé depuis, elle se trouve dans la même boutique depuis 1885, au 10 Avenue de l’Opéra, dans le 1er arrondissement. On trouve chez Antoine un choix de cannes ou parapluies, mais aussi des éventails, des foulards et des gants. C’est là qu’on trouve le plus léger des parapluies pliants ! 10 avenue de l’Opéra, 75001.

Parapluies Simon (1897) : La maison Simon est l’une des dernières spécialistes françaises d’ombrelles, de cannes et de parapluies, pour hommes ou pour femmes. Son enseigne en fer indique sa longévité : à l’intérieur, l’espace est très restreint mais le choix large. Les propriétaires travaillent en collaboration avec des artisans français et sont créateurs autant que réparateurs. 56 Boulevard Saint Michel, 75006.

DIVERS & INSOLITES

Antiquaire "Rarissime" (1638) : En plus d’être l’une des plus anciennes, cette boutique est peut-être l’une des plus étroites de la capitale. Attenant à l’église Saint Roch, dans les luxueux quartiers centraux, cet antiquaire accueille dans la vitrine de sa devanture boisée des centaine de petits objets, bijoux, vêtements et accessoires dans un style ancien. A l’intérieur, on trouve pour couronner le tout un bel escalier du 17ème siècle. 18 rue Saint-Roch, 75001.

A la civette, tabac (1716) : La maison ouverte en 1716 était située quelques numéros plus loin que son adresse actuelle, et elle vendit sans doute d’abord des parfums. Elle n’en est pas moins depuis des siècles un tabac réputé dans le monde entier, spécialiste des cigares et des pipes, qui vit défiler de nombreux clients célèbres, en raison notamment de son emplacement dans le quartier central et un temps décisionnaire du Palais Royal : on retient par exemple parmi les fidèles Danton, Robespierre, Marat, Bonaparte, ou Verlaine, Colette, Clémenceau, et plus récemment, le basketteur américain Michael Jordan. 157 Rue Saint-Honoré, 75001.

Laverdure et fils (17ème siècle) : On ne connaît pas l’adresse exacte de la maison, mais des archives mentionnent la présence de ce marchand d’art et de couleurs dans la rue dès le milieu du 17ème siècle. La devanture en bois et l’enseigne en fer forgé indiquent en premier l’ancienneté du lieu. Derrière les vitrines pittoresques, on découvre des bocaux de pigments colorés, des pots en verre contenant de l’ambre ou de l’ammoniaque. Si l’intérieur est moderne (la maison est toujours spécialiste des fournitures pour les métiers d’art), l’extérieur à lui seul vaut le détour. 58 rue Traversière, 75012.

A l’Oriental, pipes (1818)  : Ce magasin de pipes a été ouvert en 1818, dans les Galeries du Palais Royal, et son bazar poussiéreux ferait presque penser qu’il n’a pas changé depuis ! Ce véritable petit musée du tabac s’étend sur un espace très réduit et rempli, de tableaux, gravures, pots à tabacs, porte-cigarettes, et bien sûr de pipes en tous genres, des plus simples au plus sophistiquées, dans diverses matières, avec une large gamme de prix. L’accueil est sympathique et de bon conseil. Idéal pour les débutants comme pour les fumeurs confirmés ou les curieux ! Galerie de Chartes, Jardin du Palais Royal, 75001.

Quincaillerie Dehillerin (1820) : Située non loin du quartier des Halles, cette quincaillerie s’adresse avant tout aux professionnels de la cuisine, qui y trouve d’immenses casseroles, gamelles ou plats à paella, ainsi que de nombreux ustensiles. Le grand public peu toutefois y trouver son bonheur, au rayon des couteaux, emporte-^pièces et autres moules, ou tout simplement pour le plaisir des yeux, car les batteries de cuisine en cuivre accrochées aux murs, les sous-sols rempli de grands récipients et les plafonds d’où pendent divers objets, valent le coup d’œil ! 18-20 rue Coquillère, 75001.

Deyrolle, empailleur (1831) : Comme les macarons Ladurée dont la gloire a été renouvelée grâce au Marie-Antoinette de Sofia Coppola, la renommée de la maison Deyrolle, fameuse dès sa création dans le milieu des surréalistes parisiens qui y organisaient des soirées, a été relancé par Midnight in Paris, film du new-yorkais Woody Allen qui y tourna une scène. Cette boutique est également un musées, aux airs de cabinets de curiosité. Elle accueille de nombreux animaux empaillés mais aussi des livres et des cartes scolaires anciennes. 46 rue du Bac, 75007.

Au renard blanc (1872), destruction des animaux nuisibles : La boutique attire l’œil des passants car elle expose en vitrine des rats morts attrapés autour des Halles voisines au début du vingtième siècle. Le spectacle en dégoûte ou en effraie plus d’un. Il n’empêche que depuis des siècles, la maison est spécialiste de la destruction des animaux nuisibles. Le famille du premier propriétaire se bat plus aujourd’hui contre les blattes, cafards et pigeons que contre les rats, et l’intérieur de la boutique est tout ce qu’il y a de plus normal et moderne, mais Le Renard Blanc reste l’une des plus anciennes boutiques de la capitale. 8 rue des Halles, 75001.

Dubos, magasin de pêche à la mouche (1934) : Située à la pointe de l’Île Saint-Louis, la Maison de la Mouche est une spécialisée dans le matériel pour la pêche à la mouche depuis 1934. On y trouve des vêtements, des cannes, des ustensiles, et bien sûr... de nombreuses mouches, dans un décor boisé qui donne au lieu un charme particulier, que l’on soit ou non pêcheur. On peut en effet y venir pour s’équiper et demander les conseils avisés des vendeurs ou simplement pour le plaisir des yeux, car les mouches sont des créations bien singulières. 1 Boulevard Henri IV, 75004.

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