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Une formidable exposition des photos de Mathieu Pernot au Jeu de Paume

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

La Traversée, au Jeu de Paume, où les séries passionnantes des photographies de Mathieu Pernot, tricotées main, entre nomadisme, urbanisme et humanisme. À voir, absolument.

Le Français Mathieu Pernot est sorti diplômé en 1996 de l’École nationale de la photographie d’Arles. Il a choisi la voie documentaire tout en ne détestant pas des modes alternatifs ni de construire un récit à plusieurs voix.

Les Nomades, à Arles, certainement, qu’il quitte et retrouve en confiance. L’architecture aussi bien sûr. Et dans le calme, il pose des jalons et des synapses, pour éviter que l’on ne prenne ses histoires-séries comme des voies hors réflexion et interdites de stationnement. Des évidences au message millimétré.

Mathieu Pernot réalise des séries, liées entre elles en résonance, soit à travers certains de ses personnages, de ses chronologies ou de ses thèmes, soit mises en présence par des images d’archives. C’est de l’humain tout ça.

Ce nomadisme d’images et de sujets souligne fréquemment son souhait d’éviter un récit de l’histoire à sens unique ou trop court. De toute évidence, cet homme a su vivre en bonne entente avec des Gitans.

Mathieu Pernot, Jonathan, Avignon, 2001. Série Les Hurleurs, 2001-2004. Tirage chromogène lambda contrecollé sur dibond, 80 x 100 cm. Édition de 7. Centre Pompidou, Paris. Musée national d’art moderne / Centre de création industrielle © Mathieu Pernot / galerie Éric Dupont

Le fait que les images montrées soient en déplacement perpétuel nous assène que la réalité est loin d’être figée ou immuable pour le photographe.

L’exposition "La Traversée" de Mathieu Pernot rassemble une sélection des séries qu’il a réalisées ces 20 dernières années. Un nouveau montage, qui appuie le dialogue entre les corpus d’images et d’objets, et crée une traversée de son œuvre, jusqu’à sa dernière pièce, Le Feu, produite spécialement pour l’événement.

La spécificité du travail de Mathieu Pernot est qu’il explore les différents modes de représentation et les usages de la photo (jusqu’au photomaton !), tant par la prise de vue, que par l’appropriation d’autres photographies (cartes postales) ou de documents d’archives (carnets du camp de Saliers).

L’idée de traversée, de déplacement et de passage, est aussi très présente dans son œuvre, et s’incarne aussi bien dans la nature nomade et fragile des personnes
photographiées (Tsiganes, migrants afghans, marginaux) que par le fait de les retrouver dans d’autres types d’images.


Mathieu Pernot, Sans titre, 2007. Série Fenêtres. Tirage lambda contrecollé sur aluminium, 130 x 90 cm. Édition de 7. Collection de l’artiste © Mathieu Pernot / galerie Éric Dupont

Mathieu Pernot est aussi un fouineur. Ainsi a-t-il découvert dans des archives départementales celles concernant le camp de Saliers, spécialement conçu par le régime de Vichy pour y "accueillir" dès 1942 les nomades. Pernot a retrouvé certains de ses "astreints à résidence par le préfet", les a photographié, en rapprochant leur image de celles de leurs carnets anthropométriques. On est alors frappé par la force de la fierté exprimée dans ces portraits. Et Mathieu Pernot a obtenu quelques témoignages de la part de ces nomades qui ne laissent en général pas de mémoires écrites.

Plus tard, il s’intéressera aux sites de détention avec "Panoptique", lieux où tout concoure a balayer d’un regard la scène auquel rien n’échappera. Quand tout converge. Là, d’un lieu carcéral qu’il photographiait, un hurleur gitan est venu le rappeler à d’autres réalités. Superbe idée que ces "Hurleurs", dans leurs poses si théâtrales, dressés dans des décors urbains, tels des tragédiens grecs.

L’architecture aussi habite ce fin photographe. Il saisira les bâtiments condamnés à l’implosion, qu’ils soient de Meaux, de Mantes ou d’ailleurs, dans leurs ploiements mortels couronnés de nuages de poussière. D’autres, des logements sociaux bientôt condamnés ("Fenêtres", une commande), sur des murs aux intérieurs pires que lépreux, à Cherbourg, s’envolent par le cadre d’une fenêtre vers une nature reposante et belle comme un tableau. Qui disait que dans un musée la plus belle œuvre était une fenêtre ?

Superbe série que "Le Feu", où des Gitans, pris individuellement, se réchauffent à un feu apparemment bien agréable, avec tranquillité, calme, confiance, et semblent se reposer entièrement sur lui. Le feu est leur ami personnel et intime, et ils le savent. Douce harmonie, générale et partagée. Un ressenti commun...

En fait, si Mathieu Pernot ne savait pas où courir, il aurait en revanche une nette propension à se saisir habilement des histoires non encore interrogées, de celles dont la légende resterait à faire, à écrire, à illustrer. Elles le passionnent. Comme ces cartes postales d’époque, où l’on retrouve un bâtiment supposé exploser très vite, des témoins agrandis, mal imprimés, couleur de short décalée, qui étaient sur cette scène dont personne ne relèvera la puissance ni l’engagement. Une histoire n’a pas été écrite. Laquelle choisirons-nous ?

Des formes de bribes d’histoires. Une vie très mouvante dont on n’attrapera qu’une portion et dont l’interprétation vous est abandonnée... Exposition de bout en bout passionnante.

La série montrant les migrants afghans dans un square parisien au petit matin avant que la police n’intervienne est sculpturale. Rien de personnel n’apparaît de ces migrants en route. Tout est caché sous un drap en linceul... le visage, à la façon musulmane, est totalement et absolument protégé.

D’autres photos de Mathieu Pernot seront également exposé à La Maison rouge, dans quelques jours.

Voit aussi, dans la même période au Jeu de Paume, l’exposition du photographe américain Robert Adams, l’endroit où nous vivons.

Mathieu Pernot. La Traversée. Du 11 février au 18 mai 2014 au Jeu de Paume. 1, place de la Concorde 75008 Paris 01 47 03 12 50 www.jeudepaume.org. Ouvert le mardi (nocturne) de 11 à 21h, du mercredi au dimanche de 11 à 19h. Fermé le lundi et le 1er mai. 8,5 ou 5,5€. Entrée gratuite : programmation Satellite ; mardis jeunes (le dernier mardi du mois de 17 à 21h pour les étudiants et les moins de 26 ans). Abonnement annuel 25 ou 20€ / tarif jeune 15€.

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Vous retrouverez dans l’article 2014 à Paris : LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2014 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer.

Nous avons établi notre sélection, avec PARIS 2014 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris.

En grande nouveauté, car Paris, sans la province, ne serait vraiment pas grand chose... et est loin de nous être suffisant, nous vous proposons dorénavant une vue panoramique des Expositions et Festivals en province ? 2014. Expositions et Festivals en PROVINCE de A à Z. Ou encore CALENDRIER 2014 des Expositions et Festivals en PROVINCE

Avec des déclinaisons présentant davantage de détails par villes. dans les villes suivantes :
Angoulême
Arles
Avignon
Bordeaux
Dijon
Grenoble
Ile-de-France
Lens
Lille
Lyon
Marseille
Metz
Montpellier
Nantes
Nice
Ornans
Rennes
Rodez
Rouen, Le Havre
Saint-Étienne
Strasbourg
Toulouse
Tours

Et juste quelques expositions 2014 pour Bruxelles et Londres, Genève, Bâle...

André Balbo

sources : Visite, Jeu de Paume