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DERNIERS JOURS : Un couple impossible va quitter l’Orangerie : Frida Kahlo / Diego Rivera

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Du 9 octobre 2013 au 13 janvier 2014, l’Orangerie présente, en collaboration avec le musée Dolorès Olmedo de Mexico, cette exposition dont la forte originalité est de réunir des œuvres de Diego Rivera (1886-1957) et de Frida Kahlo (1907-1954), ce couple mythique d’artistes mexicains si peu exposés à Paris...

Dolorès Olmedo, riche amie de Diego Rivera, certainement maîtresse, et collectionneuse aussi, reçut à la mort de l’artiste 30 caisses scellées qui ne furent ouvertes qu’en 2002... et révélées au public qu’en 2007. L’intérêt de leur contenu rejaillit forcément sur celui de cette exposition rare qu’il faut voir.

Frida Kahlo (1907-1954) Autorretrato con Traje de Terciopelo 1926 Collection privée © Photo Francisco Kochen © ADAGP, Paris 2013

Si les styles de ces amants terribles sont radicalement différents, des préoccupations d’inspirations communes les irriguent solidairement dont l’univers indien, le concept de cycles de vie comme de mort, propre à la cosmogonie méso-américaine, la lutte révolutionnaire en 1910 du peuple mexicain et ses héros Pancho Villa et Emiliano Zapatta, le peuple identifié par ses paysans et ses ouvriers, et un mysticisme non dépourvu de réalisme.

Ils ont aussi connu ensemble les avant-gardes artistiques, intellectuelles et politiques qui leur inspirèrent passions, enthousiasmes et parfois dégoût.

Tout semblait à certains moments devoir les séparer, mais même leur divorce ne devait pas résister à leur fougue, comme disent les littérateurs en mal de romantisme. Frida, femme frêle à la volonté de fer, féministe, avait subi à 18 ans un accident gravissime qui la marquera, la handicapera sa vie durant, la maintenant un long temps alitée, et en tout cas fragile et souffrante. Cette proximité avec la mort de Frida Kalho, muy macha y mexicana, son vécu quotidien avec la douleur allait imprégner puissamment sa peinture.

Lui était une force de la nature, souriante et dévastatrice, et machiste, naturellement. Elle admirait ce peintre muraliste, de 21 ans son aîné, qui trouvait qu’elle était une véritable artiste d’une sensualité vitale. Certains les comparèrent à un couple Rodin et Camille Claudel qui aurait tenu dans les tempêtes…

Ils se marièrent, puis vécurent ensemble aux États-Unis, en Californie et à Détroit, revinrent au Mexique, chacun restant très avide de nouveautés et de conquêtes amoureuses.

Le film « Frida », dans lequel le rôle titre est interprété par Salma Hayek, femme d’un des plus grands collectionneurs d’art de notre époque, décrit de manière assez romanesque leurs rapports intransigeants et assez libertaires, et les affres de la jalousie que chacun d’eux a pu traverser avec raisons.

100 tableaux et dessins de Frida Kahlo (1907-1954) et de Diego Rivera (1886-1957) !

Frida Kahlo peignit de nombreux autoportraits d’une acuité, d’une implacabilité, et d’une force colorée qui fera dire de son œuvre à Henri Breton : « l’art de Frida Kahlo de Rivera est un ruban autour d’une bombe ».

S’il devait y avoir un vainqueur ce serait bien sûr elle, qui domine de la tête et de ses frêles épaules la confrontation par la puissance et la force de vie qui émanent de ses tableaux. Sa dernière exposition parisienne date de 1939, et elle s’était bien jurée de ne jamais y revenir, ayant des mots très durs pour les intellos parisiens... C’eut vraiment été dommage !

Diego Rivera, après avoir vécu 14 ans en Europe et connu le Paris des Picasso, Braque et Modigliani, revient au Mexique et redécouvre les traditions locales, précolombiennes, coloniales et populaires. Il décide alors de peindre l’histoire du Mexique sur les murs du Palais national de Mexico, dans le hall de l’hôtel du Prado, dans le Palais de Cortès à Cuernavaca ou dans la chapelle de Chapingo. Avec lui, le peuple mexicain apprend sur les murs la Révolution de 1910 et ses luttes, et il découvre les visages de Marx et de Lénine.

Les tableaux réalisés lors de son séjour parisien manquent encore singulièrement d’intensité. L’influence de Picasso et de Braque est là. Il y ajoute un zest de tropicalité avec quelques couleurs pâlement gaies, mais son soleil natal comme Quetzalcoatl paraissent alors bien loin. Et bien sûr les fresques présentes à l’exposition ne sont que des reproductions.

L’ensemble est pourtant prenant, follement mexicain bien sûr, mais la présence simultanée des œuvres de ces deux artistes, vibrante d’une envie de vivre catégorique et entière, d’une vitalité et d’une intransigeance artistique parfaitement perceptible, est porteuse d’une force qui n’est pas si fréquente dans les expositions parisiennes du moment. À visiter absolument.

Clin d’œil de Frida Kalho (1934) Lucienne Bloch

Par ailleurs, du 16 octobre au 20 décembre 2013, l’Instituto Cultural de México, 119 rue Vieille du Temple 75003 Paris présente l’exposition "Complicités : Frida et Diego", des photos du couple volcanique faites par des anonymes ou des photographes reconnus comme Hugo Brehme, Agustin V. Casasola, Nacho Lopez, Lucienne Bloch ou Tina Modotti.

Frida Kahlo / Diego Rivera, l’art en fusion, du 9 octobre 2013 au 13 janvier 2014, au musée de l’Orangerie. 10€, ou 7,50€.

Vous retrouverez dans l’article 2013 à Paris : les grandes expositions de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans Calendrier 2013 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous avons établi notre sélection, avec PARIS 2013 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris.

Celui de cette exposition en fait partie.

Les Grandes Expositions et Calendrier 2014 peuvent déjà être consultés sur Évous.fr... et complétés, si vous disposez de plus d’informations que nous !

André Balbo

sources : Visite, musée de l’Orangerie, Guide Delta, Wikipédia

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