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Exposition rétrospective et prospective de Dominique Gonzalez-Foerster (1887-2058), à Pompidou

vendredi 27 janvier 2017, par André Balbo

Du 23 septembre 2015 au 1er février 2016, petite partie d’une longue timeline ! Curieuse rétrospective pour une artiste de 50 ans !

Artiste française née à Strasbourg en 1965, Dominique Gonzalez-Foerster a réalisé de 1988 à 1996 une cinquantaine de chambres, transformant une salle d’exposition en espace privé où l’intimité quotidienne d’un personnage absent peut être signifiée par une ambiance colorée ou sonore, un choix de matière, des pièces de mobilier, des objets, des photos. Depuis, cette date, elle a choisit de s’exprimer davantage avec la vidéo pour évoquer, de façon allusive, les rapports entre l’individu et le monde qui l’entoure.

Au Centre Pompidou, cette exposition qui investit plusieurs espaces (5e étage, atelier Brancusi, en plus de la galerie Sud) rassemble une trentaine de ses œuvres, dans un labyrinthe d’environnements, de chambres, de lumières et de passages, autant de pièges bénéfiques ou de fabriques de curiosité.

L’exposition-installations "Dominique Gonzalez-Foerster, 1887-2058" couvre... de 1887 à 2058, divers climats, et incomplètement 3 siècles, de la fin bouillonnante du XIXe siècle, à ses expériences du XXIe siècle, projetant le spectateur dans des paysages et des intérieurs (tropicaux, tempérés et désertiques, biographiques et dystopiques).

Les réalités parallèles de ces espaces scéniques, où se mêlent paysages, portraits et chambres connotées d’époque, composent autant de propositions de demeures fictionnelles à entrées multiples. Souvent datées. Par elles le visiteur est invité à découvrir des sensations contrastées : intérieur/extérieur, absence/présence, identité/fiction, de moment présent ou de voyage dans le temps. Souvent d’ailleurs on notera que le visiteur se glisse dans ces décors qu’il habillera de ses propres souvenirs.

Sans Titre (mm), photographie préparatoire, 2015 © Giasco Bertoli et DGF

Parfois scènes, terrains de jeu ou récits introspectifs, les chambres, les films et les apparitions de Dominique Gonzalez-Foerster s’élaborent franchement à partir de mémoires collectives et partagées du cinéma, de la littérature, de l’architecture et de la musique, manières d’explorer possibles et limites du champ artistique.

Ces présences invitées, qu’elles soient cinématographiques, littéraires ou scientifiques suscitent de la part du visiteur un ensemble de sensations, de récits et de citations. En fait, quelle conscience avons-nous de notre environnement ? Et celle-ci n’est-elle pas essentiellement personnelle, même si l’environnement parait de prime abord partagé ?

Pour Catherine Millet : "Dominique Gonzalez-Foerster n’est pas une collectrice (appropriationniste, thésauriseuse), mais une accélératrice de particules. Disons-le, elle a dépassé la fameuse notion d’œuvre ouverte, adoptée il y a longtemps et empiriquement par le monde de l’art post-duchampien, notion selon laquelle le destinataire d’une œuvre, par la façon dont il la perçoit et l’interprète, complète, parachève la création de l’artiste."

Le visiteur se trouvera ainsi en présence de décors qui purent pour certains être les siens, à un temps donné. Chambre vide et blanche, par exemple, dont les points cardinaux diffusent une information continue qui nous pénètre, nous alimente et nous étouffe à la fois : journaux, radio, télé, téléphone. Cristal Palace (Madrid) aux miroirs déformants et aux 8 rockingchairs, seul lieu de reconstitution de soi-même évoqué, comme une véranda de délassement sur laquelle le bruit des averses ajouterait une détente et un appel à nos mémoires.

Une porte, la 19 (datée 1996, Une Chambre en ville), restera fermée. Puisqu’il le faut bien. Puis une chambre de jeunes (1975), matelas au sol, arbre de vie indien agrafé au mur, violet et rose, et bibliothèque sommaire inversée, briques pour livres et vice-versa.

La chambre Fassbinder (datée 1982), toute de marron vêtue, et de miroirs pour éclairer des ébats sexuels ou épanouir l’horizon. Cadre à des tournages. Ne nous éloignons pas trop. Mais portrait, individu, récit.

Couloir qui s’éclaire progressivement à votre passage, démultipliant soudainement les ombres, tel un protocinéma...

Et le salon aux vêtements et aux époques (euqinimod & costumes, à la 303 Gallery, New York) : le vêtement / le corps. Comment passons-nous de l’un à l’autre ? Pourquoi ?

Vous serez bien sûr libres d’emprunter ce labyrinthe selon vos envies, de vous éparpiller dans le cosmodrome, de revenir sur vos pas, de vous égarer, et de vous arrêter. Cette exposition vous tente de puiser dans votre imaginaire personnel, de vérifier peut-être aussi les dates que vous chérissez et vous paraissent remarquables. Pour l’artiste, 1887 est indubitablement la date de la naissance de la modernité, naissance de Le Corbusier, et de Duchamp, sujet de l’exposition inaugurale du Centre Pompidou.

Une vitrine prête à regarder un paysage désertique aux quelques livres ensablés (Dune, 2066...). La littérature est-elle elle-même une espèce en voie de disparition ?

Pourtant ici la littérature est mise en scène et danse au mur. Et puis tant d’autres choses encore... pour mieux apprendre à investir nos propres espaces... car sinon attention : vous risquez vous-mêmes de disparaitre dans vos écrans.

Emma Lavigne, directrice du Centre Pompidou-Metz, est la commissaire de cette monographie consacrée à l’œuvre de Dominique Gonzalez-Foerster, artiste majeure de la scène internationale contemporaine (comme Philippe Parreno, Gabriel Orozco, et Pierre Huyghe).

Dominique Gonzalez-Foerster. 1887-2058, du 23 septembre 2015 au 1er février 2016, au Centre Pompidou, Galerie Sud, mais aussi à l’atelier Brancusi et au niveau 5. 75191 Paris Cedex 4, 01 44 78 12 33, métro Hôtel de Ville, Rambuteau. De 11 à 21h tous les jours sauf le mardi. De 14 à 11€, valable le jour même pour le Musée national d’art moderne et l’ensemble des expositions. Les projets « satellites » sont : Terrasse Sud, « Sans titre (jardin Bo Bardi) » du 18 octobre au 2 novembre 2015 ; Terrasse Nord, « Dublinesca » du 23 septembre 2015 au 1er février 2016 ; Atelier Brancusi, « Sans titre (jardin Brancusi) » du 23 septembre 2015 au 1er février 2016.

Lire aussi : Toutes les expositions 2016 au Centre Pompidou.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Le catalogue de cette exposition fait partie de notre sélection 2016 des catalogues d’expositions de Paris.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
- Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, Centre Pompidou, Dictionnaire Hazan de l’art moderne et contemporain, Catherine Millet

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