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DERNIERS JOURS de l’Art et l’enfant, à Marmottan

Dernière mise à jour : samedi 26 novembre 2016, par Expositions

Du 10 mars 2016 au 03 juillet 2016, les chefs-d’œuvre, sur le sujet, de Cézanne, Chardin, Corot, Manet, Monet, Matisse, Renoir, Picasso…

Le musée Marmottan Monet organise, du 10 mars au 3 juillet 2016, l’exposition "L’Art et l’enfant. Chefs-d’œuvre de la peinture française".

Provenant de collections particulières et de prestigieux musées français et étrangers, près de 75 œuvres signées Le Nain, Philippe de Champaigne, Fragonard, Chardin, Greuze, Corot, Millet, Manet, Monet, Morisot, Renoir, Bastien-Lepage, Pelez, Bonnard, Valloton, Maurice Denis, Cézanne, Matisse, Picasso, Chaissac, Dubuffet… composent un ensemble inédit, sur un sujet qui pour paraître "mainstreet" n’en demeure pas moins finalement assez périlleux.

À travers une sélection de rares peintures, le parcours retrace l’évolution du statut de l’enfant du XVe au XXe siècle, et s’interroge sur le rôle joué par le dessin enfantin sur les avant-gardes du début du siècle passé, dont le mouvement Cobra et Karel Appel par exemple.

Une invitation à découvrir sous un jour nouveau des chefs-d’œuvre tels que L’enfant au toton, de Chardin, La béquée et La leçon de tricot, de Millet, Le Clairon, d’Eva Gonzalès, Le petit marchand de violettes, de Pelez, Promenade à Argenteuil, de Monet, Eugène Manet et sa fille Julie, de Berthe Morisot, Les enfants de Martial Caillebotte et La Leçon de Renoir, Le ballon de Vallotton, Le portrait de Pierre par Matisse et Le peintre et l’enfant de Picasso.

Une autre manière de voir la peinture, une exposition événement.

La présentation au temple, attribuée à André Beauneveu et Jean de Liège, une des pièces majeures du musée de Cluny, illustre dès le début de l’exposition la prépondérance de la représentation de l’enfant-Dieu dans l’iconographie jusqu’à la fin du moyen-âge.

Ensuite ce sera celle de l’enfant-Roi, avec des portraits de tout jeunes souverains. Sur ce volet, les prêts obtenus du Palazzo Pitti de Florence, des musées de Hambourg, du Louvre et de Versailles, composent un ensemble de belle allure.

Si Louis XIV et Philippe de France portent encore la robe asexuée de tous les enfants de leur époque dans le tableau qui les représente avec leur mère d’Anne d’Autriche, ce sont les attributs du pouvoir qui se donnent généralement à voir, et dès son plus jeune âge, les portraits de Louis XIV s’inscrivent dans un cadre officiel et assez strictement protocolaire. L’enfant disparait sous le manteau d’hermine. Héritier de droit divin, il incarne la continuité dynastique.

La continuité généalogique, sa pérennité, est également au cœur des préoccupations des membres de l’aristocratie, comme on le remarquera dans La famille de Habert de Montmor, véritable trésor du château de Sully-sur-Loire, participant pour la première fois à une exposition temporaire.

Face à lui, des tableaux des frères Le Nain montre de pauvres enfants de la paysannerie, davantage prétexte à des scènes de genre pittoresques qu’à être montrés avec réalisme.

Philippe-Auguste Jeanron, Les Petits Patriotes, 1830. Huile sur toile, 101x81,5cm, inv. Fnac PFH-5689 Paris, Centre national des arts plastiques en dépôt au musée des Beaux-Arts de Caen. Photo © RMN-Grand Palais / Daniel Arnaudet

Les Lumières ouvrent un âge nouveau, dans lequel l’enfant est placé au centre de préoccupations politiques, morales et sociales. Un spectaculaire écorché grandeur nature de Jacques-Fabien Gautier Dagoty représente une coupe de femme enceinte avec fœtus, afin de souligner les remarquables progrès de la médecine à la fin du XVIIIe siècle et la détermination à lutter contre la mortalité infantile.

Sous l’impulsion rousseauiste, relayé par les philosophes et la médecine, l’allaitement maternel se répand et même les femmes aristocrates se font portraiturer donnant le sein. Nouvel attachement, « triomphe du sentiment familial » que symbolisent ces portraits où père et mère enlacent leurs enfants.

Être à part entière, l’enfant devient dorénavant un sujet de peinture que l’on peut même représenter seul : Chardin le fait jouer au toton, Girodet étudier, Greuze le montre rêveur.

Jean-François Millet, La Précaution maternelle, vers 1855-1857. Huile sur toile, 29x20,5cm, Paris, musée du Louvre, Département des Peintures, Legs Thomy Thiéry, 1902. Photo © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Tony Querrec

Au XIXe siècle, ses représentations gagnent leurs lettres de noblesse avec le réalisme de Millet, qui saisit en tableaux les soins dispensés aux plus jeunes. La becquée, La précaution maternelle et La leçon de tricot deviennent des icônes de la France rurale, quand d’autres artistes témoignent d’une l’enfance urbaine défavorisée.

Jeanron fait de l’enfant des barricades un héros, un insurgé comme Gavroche. Eva Gonzalès peint Le clairon, enfant de troupe enrôlé bien jeune dans l’Armée. Le travail et la prostitution des enfants sont dénoncés par le naturaliste Jules Bastien-Lepage, et Pelez intitule son petit marchand de violettes Martyr.

On touche alors, sur le sujet, à la triste cécité sociale des impressionnistes, eux qui se faisaient fort de peindre la vie telle qu’elle était... mais qui souvent ne se firent que les serviles interprètes d’une confortable enfance bourgeoise et préservée, classe sociale dont ils étaient pour la plupart issus. Annoncent-ils l’émergence de la famille moderne, celle du tertiaire et des classes moyennes ?

Honoré Daumier, Le Premier Bain, Huile sur panneau, vers 1852-1855.

Et quelle influence exerça le dessin d’enfant sur l’art à l’aube du XXe siècle ?

Une sélection inédite de crayonnages des rejetons de Monet et de Pissarro ainsi que les dessins d’enfant d’artistes reconnus comme Maurice Denis et Jean Lurçat sont présentés pour la première fois au public. Réalisés dans un cadre strictement familial, ces griffonnages suscitent à l’aube du XXe siècle un intérêt particulier.

Pablo Picasso, Le Peintre et l’enfant, 21 octobre 1969. Huile sur toile, 130×195cm. Dation en 1990, MP 1990-36. Prêt du musée national Picasso, Paris. Photo © RMN-Grand Palais (musée Picasso de Paris) / Jean-Gilles Berizzi © Succession Picasso 2016

La création enfantine marque les avant-gardes comme les surréalistes en quête d’un vocabulaire nouveau. Le portrait de Pierre Matisse par son père, Paul dessinant de Picasso et du même, mieux encore, Le peintre et l’enfant, image triomphante d’un enfant brandissant un pinceau quand le peintre qui l’accompagne ne tient que la palette, attestent bien de cet intérêt.

Avec l’Art Brut, représenté par Dubuffet et Gaston Chaissac, l’infantilisme des formes est poussé à outrance et dénonce l’art codifié et classique, « l’asphyxiante culture ».

Jean Dubuffet, Vacances, 19 septembre 1975, Acryle sur papier avec 11 pièces rapportées collées, 51x35cm. Collection Fondation Dubuffet, Paris © Fondation Dubuffet / ADAGP, Paris 2016

Le commissariat de l’exposition est assuré par Jacques Gélis, Historien, Professeur émérite d’histoire moderne de l’Université de Paris VIII, et par Marianne Mathieu, Adjointe au directeur, Chargée des collections du musée Marmottan Monet.

L’art et l’enfant. Chefs-d’œuvre de la peinture française : Le Nain, Champaigne, Fragonard, Chardin, Greuze, Corot, Millet, Manet, Monet, Morisot, Renoir, Cézanne, Matisse, Picasso… du 10 mars 2016 au 03 juillet 2016, au musée Marmottan Monet, 2, rue Louis-Boilly 75016, Paris 01 44 96 50 33. Métro Muette, RER C gare Boulainvilliers, ouvert les mardi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche de 10 à 18h, les jeudis de 10 à 21h. 11 ou 6,5€. Fermé le 1er mai.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Celui de cette exposition fait partie de notre sélection 2016.

Vous pouvez consulter quelques dizaines de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, musée Marmottan Monet