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DERNIERS JOURS de l’exposition Picasso. Sculptures

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Du 8 mars au 28 août 2016, au musée Picasso-Paris, la dimension multiple dans la sculpture de l’artiste.

Ah, Picasso ! Il n’a pas cessé de nous passionner. Les événements se succèdent et se succèderont encore longtemps autour des expressions et de la créativité exceptionnelle dont a fait preuve cet artiste.

Selon les archives du projet en ligne Picasso, il aurait produit quelque 50 000 œuvres (dont 1 885 tableaux, 1 228 sculptures, 2 880 céramiques, 7 089 dessins, 342 tapisseries, 150 carnets de croquis et 30 000 estampes, gravures ou lithographies).

Sa sculpture, par sa diversité et son inventivité, fait jeu à peu près égal avec les tableaux, les dessins et son œuvre gravé. En élargissant ses gammes de techniques et en multipliant les matériaux utilisés, il a transcendé les catégories, et brisé les grandes conventions de son siècle qui résistaient encore.

Il a modelé le plâtre, taillé le bois, découpé et plié le carton, la tôle, assemblé des objets trouvés...

L’exposition Picasso. Sculptures, au musée Picasso

Cette exposition a été vue à Paris par 345 000 visiteurs.

Pablo Picasso. La Guenon et son petit (Vallauris, octobre 1951) original en plâtre, céramique, deux petites autos et métal. Musée national Picasso-Paris. Dation Pablo Picasso, 1979. Et La Guenon et son petit (Vallauris, octobre 1951) bronze, fonte à la cire perdue C. Valsuani, 1955. The Museum of Modern Art, New York.

L’ambition de l’événement est de souligner, avec pas moins de 240 œuvres assemblées, l’aspect relativement peu étudié de la sculpture de l’artiste qu’est la dimension multiple.

Ou plutôt démultipliée, à travers la production des séries et variations, fontes, tirages et agrandissements, réalisés à partir des originaux sculptés.

L’exposition réunit des ensembles aussi exceptionnels que :
- la série des 6 Verres d’absinthe (1914), tirages en bronze à la fois multiples et uniques par le geste de Picasso qui a apposé sur la surface des verres peinture ou couverte de sable ;
- les deux versions de la Femme au jardin, créée avec l’appui technique de Julio González (1929-1930), et réunies pour la première fois depuis 1932 ;
- le groupe original des Baigneurs (1956), en bois, présenté avec les fontes en bronze du musée Picasso ;
- un grand ensemble de tôles peintes (1954-1962) qui permet de questionner les processus créatifs à l’œuvre dans le passage des maquettes en papier aux agrandissements en tôle et en béton gravé.

Pablo Picasso. Femme au chapeau. Cannes, 1961 - Mougins, 1963. Tôle découpée, pliée, peinte. Fondation Beyerler, Bâle. Femme au chapeau, Cannes, 1961, Tôle découpée, pliée, assemblée et peinte en blanc. Musée Picasso-Paris. Dation Pablo Picasso, 1979.

Le fait que le MoMA soit un partenaire privilégié de l’exposition permet de poser un dialogue entre les sculptures de Picasso conservées par ce musée et celles du musée Picasso, notamment par de célèbres pièces : Tête de femme (Fernande, 1909) (plâtres de fonderie et fontes en bronze), Crâne de chèvre, bouteille et bougie (deux variations en bronze peint 1951-1953), La Guenon et son petit (1951 : présentation du plâtre composite original en regard de la fonte réalisée par Valsuani).

Cela suscite un nouveau regard sur les sculptures conservées au musée Picasso, mises en présence de leur "double" ou de leurs "variantes", comme les éditions Vollard (Fou et Têtes de femme (Fernande), 1906 et 1909), les fontes réalisées à partir des sculptures de Boisgeloup (une Tête de Marie-Thérèse en ciment) ou les différentes propositions imaginées par Picasso pour le Monument à Guillaume Apollinaire.

Le parcours de l’exposition est chronologique et thématique, à l’exception de la première salle (0.1) qui présente en introduction le plâtre et le bronze de la Femme enceinte de 1950, deux œuvres que l’on dit emblématiques de l’exposition.

Picasso Pablo (dit), Ruiz Picasso Pablo (1881-1973). La Femme enceinte. Paris, musée Picasso. Photo (C) RMN-Grand Palais (musée Picasso de Paris) / Mathieu Rabeau © Succession Picasso - Gestion droits d’auteur

Une grande peinture correspondante (Femmes à la toilette, 1956) avec laquelle Picasso faisait dialoguer le plâtre de la Femme enceinte à la Californie, et des photographies centrées sur l’atelier de sculpture à la Californie, à Cannes.

Tandis qu’à l’automne 2015 l’exposition du MoMA à New York, qui s’appelait d’ailleurs "Picasso. Sculpture" au singulier, insistait sur le caractère original et "unique" des sculptures, Paris doit être le lieu de confrontation, à partir d’ensembles choisis, des plâtres avec des fontes en bronze, certaines réalisées à des époques diverses, par différentes fonderies.

Documents d’archives et photographies accompagnent la présentation des sculptures que les commissaires resituent, autant que faire se peut, dans leurs contextes d’origine : dialogue avec le dessin, la gravure ou la peinture, présentations imaginées par Picasso (archives à l’appui), mises en scène dans l’atelier du sculpteur, présentations d’expositions, etc.

Dans les salles, des ensembles de sculptures sont particulièrement mis en valeur : le groupe des Têtes de Fernande, de 1909 (0.2) ; les Verres d’absinthe (0.4.) ; les maquettes du Monument à Apollinaire (0.5) ; les plâtres de Boisgeloup (1.7) ; les Baigneurs (1.3) ; les tôles peintes (1.4).

Tête de femme au chignon, Boisgeloup, 1931 (Plâtre), avril-juillet 1937. Ciment unique. 128,5 x 54,5 x 62,5 cm. MPA 1950.3.2. Musée Picasso, Antibes. Photo © imageArt, Claude Germain + mention de la Succession

L’exposition pose dans ce parcours à la fois chronologique et thématique quelques ponctuations comme l’agrandissement de la maquette du Monument à Apollinaire, mis en lumière de façon théâtrale (0.5), ou une des vitrines Simounet dans laquelle est évoqué le cabinet de curiosité créé par Picasso aux Grands Augustins, composé de ses propres sculptures (bois sculptés, assemblages, bronzes de petites dimensions) et des objets qu’il collectionnait (dont les petites statues ibériques).

Le groupe des Baigneurs en bronze peut être présenté pour la première fois tel que Picasso l’avait initialement pensé, soit dans/autour d’un bassin agrémenté d’un tremplin.

Pablo Picasso. Femme à l’enfant. Cannes, début 1961. Tôle découpée, pliée et peinte. Musée Picasso
Les tôles peintes sont enfin offertes aux regards selon un dispositif en gradins, 3 d’entre elles mises en mouvement à l’aide de plateaux tournants, s’inspirant ici de leur présentation au Petit Palais lors de la grande rétrospective "Hommage à Pablo Picasso" de 1966-1967.

Des sculptures iconiques sont enfin présentées dans le hall d’accueil (Homme au mouton, 1941), le vestibule (Tête de Femme, ciment, 1931-7), le Salon Jupiter (les deux versions de la Femme au jardin de 1932), ainsi que dans le jardin (un agrandissement du Monument à Apollinaire).

Virginie Perdrisot est la commissaire de l’exposition. Cécile Godefroy la commissaire associée.

Une première rétrospective de l’œuvre sculptée de l’artiste, "Picasso sculpteur", s’était tenue sur 2000m2 au Centre Pompidou l’année 2000. Elle avait rassemblé près de 300 pièces provenant de collections publiques (musée Picasso, MoMA de New York, et Centre Pompidou, et de collections particulières).

Présentation de l’artiste en sculpteur

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

Pablo Picasso (1881-1973), artiste surdimensionné, se devait se "faire éclater le monde de la peinture et de la sculpture".

Il est dit que l’œuvre sculpté de Picasso est le domaine de création qui illustre le mieux le "mouvement de la pensée" que l’artiste disait encore préférer à sa "pensée elle-même".

Il réalise ses premiers bois sculptés en 1906 lors d’un séjour à Gosol, en Espagne.

Par la suite, sculpture et peinture se trouvent d’autant plus étroitement mêlées dans son travail cubiste du fait de ses expérimentations d’objets en 3 dimensions, aboutissement momentané entre 1909 et 1915 de ses recherches en peinture.

Avec la sculpture Tête de femme (Fernande), 1909, l’artiste instaure un nouveau traitement des volumes, des formes et une nouvelle façon de soigner les différents plans.

Pablo Picasso (1881-1973). Trois Nus. Paris, printemps 1907. Hêtre gravé avec incisions et traits au crayon. Musée national Picasso-Paris. Dation Pablo Picasso, 1979.

La Guitare, en 1912, s’installe dans la sculpture moderne, avec un assemblage de carton découpé, de papier collé, de toile, ficelle, huile et traits de crayons.

Sa seule sculpture ronde-bosse de ces années est le Verre d’absinthe de 1914, au modelage complètement plastique.

À partir de 1927-1930, lors de leur collaboration dans l’atelier de l’artiste Julio Gonzàlez, l’utilisation du métal joue un rôle important dans l’œuvre sculpté de Picasso. La sculpture, dite alors "transparente", apparaît comme le résultat d’un véritable "dessin dans l’espace".

Ce sera à Boisgeloup, près de Gisors, qu’à partir de 1930, la production de Picasso devient très importante, avec une série de travaux réalisés en plâtre. Il conçoit alors à grande échelle, avec La Grande Statue et une série de quatre Têtes de Femmes en ronde bosse surdimensionnées.

C’est aussi là qu’il réalise des sculptures d’animaux en fer soudé (dont Coq ou encore Tête de taureau,) 1928, calligraphies spatiales en fer soudé. Simple combinaison d’une selle et d’un guidon de vélo, Picasso incarne la force d’invention créatrice, le goût du risque et de l’inconnu, l’audace et l’anticonformisme de l’époque.

Pablo Picasso. Petite fille sautant à la corde. Vallauris, 1950. Musée national Pablo Picasso.

Dans les années 1940, quand il choisit d’installer son atelier rue des Grands-Augustins à Paris, sa sculpture L’homme au mouton, 1941, est des plus surprenantes. Représentation certes en grand format, entièrement modelée, mais dont le traitement demeure traditionnel.

Dans les années 1950, sa production de sculptures est dite "encyclopédique". Pour Picasso les matières elles-mêmes ne font pas question. Sans rien abandonner des techniques précédentes, l’artiste ira jusqu’à peindre le matériau. La Femme à la poussette et La Petite fille sautant à la corde sont de bons exemples de sculptures d’assemblage.

Dans les années 1960, Pablo Picasso se tourne vers la tôle pliée avec toujours ce désir de réaliser des œuvres monumentales.

Après avoir fait ses maquettes sur papier, Picasso délègue aux artisans la réalisation en tôle de l’œuvre. Il développe ainsi pour une œuvre toute une série de possibilités, de variations, comme la Chaise de 1961.

Pablo Picasso. Tête casquée, Boisgeloup, 1933. Plâtre, métal et bois. The MoMA, NY. Don de Jacqueline Picasso en l’honneur du soutien continu du musée à l’œuvre de Pablo Picasso, 1984.

Puis vinrent des objets poétiques surréalistes aux plâtres composites des années 1950 comme La Chèvre, dont une feuille de palmier fait le dos, un panier d’osier le ventre gonflé, des ceps de vigne les cornes et la barbichette, ou La Guenon et son petit, La Femme à la poussette et La Petite Fille sautant à la corde).

Des calligraphies spatiales en fer soudé (1928) à la Tête de taureau, simple combinaison d’une selle et d’un guidon de vélo, Picasso incarne, à lui seul peut-être, la force d’invention créatrice, le goût du risque et de l’inconnu, l’audace et l’anticonformisme de notre siècle.

Ces sculptures de tôle font partie des œuvres les plus grandioses de la fin de sa vie. Picasso travaille la notion de surface - ce qui n’est pas pour lui une orientation nouvelle - donnant comme résultat la sculpture monumentale de 20 m de haut en acier, réalisée pour la place du Civic Center de Chicago.

Exposition Picasso. Sculptures, du 8 mars au 28 août 2016, au Musée national Picasso-Paris, 5, rue de Thorigny, 75003 Paris, 01 85 56 00 36, métro Saint-Paul, Filles-du-Calvaire, Saint-Sébastien-Froissart, ou Chemin-Vert, bus 20, 29, 65, 75, 69, 96. Ouverture payante dès le 28 octobre. Tous les jours sauf le lundi, le 25 décembre, le 1er janvier et le 1er mai. De 11h30 à 18h du mardi au vendredi, de 9h30 à 18h les samedi et dimanche. 12,50 ou 11€. www.museepicassoparis.fr.

Le musée est accessible aux personnes à mobilité réduite. Accueil personnalisé : accessibilite@museepicassoparis.fr.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nouvellement en ligne :
Le CALENDRIER 2017 des grandes expositions à Paris
PARIS 2017. LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : Paris Expos Hebdo : Nouveautés, Conseils, Derniers Jours.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Celui de cette exposition fait partie de notre sélection 2016.

Vous pouvez consulter quelques dizaines de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, musée national Picasso-Paris, Centre Pompidou, Virginie Perdrisot, Cécile Godefroy

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