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Années 1980. Exposition de photographies et de films

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Du 24 février au 23 mai 2016, "Les Années 1980. L’insoutenable légèreté. Photographies, films", à la galerie de photographies, Forum -1 du Centre Pompidou.

Les années 1980, ou les angoisses d’une société satisfaite d’elle-même... vues au travers de 60 œuvres de plus d’une vingtaine d’artistes. Hétérogènes, insaisissables, douloureuses, fantasques, encore trop proches, aussi légères que graves, ces années considérées comme celles de l’apogée du post-modernisme, sont contrastées et paradoxales.

Ce serait durant les années 1980 que la photographie aurait commencé en France à changer de statut, passant de simple outil pour la presse, la mode, la publicité, à une position mieux considérée et à un droit encore relatif d’accéder au domaine de l’art contemporain. Elle conquiert les institutions culturelles...

Dans le même temps, une nouvelle génération dite de "peintres photographes", s’écarte d’une pratique résolument axée sur la spécificité du médium, et ce courant sera à l’origine de formes inédites, qui seront très étroitement liées aux évolutions techniques comme l’apparition de la photographie couleur de haute qualité, du grand format, ou de l’instantanéité du Polaroïd.

David Rochline (1951-2015). Maquette pour une carte de vœux de Christian Lacroix pour l’année 1992, 1991. Collection particulière, Paris

Le plus drôle reste dans cette affaire que, alors même que ces photographes se proclamaient comme faisant des images anti-documentaires, celles-ci seront les meilleures représentations de cette époque, toutes scénarisées, codifiées, interprétées par des acteurs qu’elles aient été.

Bazilebustamante (Bernard Bazile, Jean-Marc Bustamante). Le RVLC, 1984. Épreuve cibachrome I, Centre Pompidou.

Ces deux artistes, associés de 1983 à 1986, se détournent de la photographie conceptuelle au profit de formes baroques et décoratives, utilisées principalement en peinture, qui tendent au "tableau photographique". L’effet d’accumulation, la préciosité des matières et le cadrage confèrent à l’œuvre une forte dimension picturale. Le fauteuil à la reine, et la table en cabaret de 1760, fruits d’une commande à l’ébéniste RVLC (Roger Vandercruse, dit Lacroix), cristallisent quant à eux sa dimension critique : ils pointent la puissance des empires économiques à l’origine du style de vie bourgeois.

Il est vrai aussi que cette époque commence à prendre l’eau et que des fissures se font jour sur la fin de ces décennies de progrès et d’inconscience.

Les modèles économiques et politiques s’essoufflent, le chômage s’installe dans une niche de belle dimension, et si les sociétés ne couinent pas encore trop, de sourds grondements se font déjà entendre.

Car les poisons récurrents de l’Occident sont bien là : individualisme (et glorification des égoïsmes), théâtralité et narcissisme des show off, addictions polymorphes et multiples à la consommation, marchandisation de la culture.

Martin Parr, New Brighton, Angleterre (de la série : The Last Resort), 1984 -1986

S’en extraire demandera des techniques et des stratégies de combat : ironie, mise en scène réaliste, fantaisiste et distancée, pastiche, détournement et encensement de l’artifice sous ces aspects les plus caricaturaux.

Et qui va-t-on une fois de plus critiquer le plus méchamment ? Pas les riches, ni les pauvres mais les classes moyennes, celles qui pourtant sont seules garantes d’une respiration démocratique des régimes qui nous gouvernent.

Ah, comme les artistes restent d’éternels courtisans ! En faisant cela, ils contentent les masses et se placent en connivence avec les élites. Du parfait marketing !

Jean-Paul Goude. Œuvre provenant d’une collection particulière. Robe de maternité d’inspiration constructiviste en collaboration avec Antonio Lopez, New York, 1979.

Le quotidien de la petite bourgeoisie, ses accumulations, ses peurs, ses fiertés et ses attitudes, si facilement suffisantes, sont exposés aux ricanements et aux vociférations. Forcément, ce qui leur manque à ces gens-là c’est la bienséance qu’ils n’atteindront jamais, comme une parfaite et totale méconnaissance des convenances, et leurs décors, ceux où ils vivent, ne sauront que souligner leurs insuffisances et leur incapacité au moindre accomplissement dans la trompeuse société du spectacle.

Et ces courtisans aux regards acérés d’user "de la mise en abîme afin de dissoudre (en plus) la réalité dans la fiction".

L’exposition "Les années 1980. L’insoutenable légèreté. Photographies, films" prend le parti de se concentrer sur des films et des réalisations photographiques issus de la collection du Centre Pompidou.

Paul de Nooijer, Electriclawnmowingiron, 1977. Il invente des scénographies décalées, influencées par le cinéma d’Europe de l’Est, l’illustration publicitaire et l’imagerie psychédélique. Usant de divers procédés comme les perspectives altérées, le montage ou le coloriage, il crée des univers d’inspiration surréaliste emplis de dérision. Dans cette épreuve en noir et blanc puis coloriée, un jardinier muni d’un fer rose repasse du gazon et des fleurs. L’image photographique n’est ici qu’un leurre, une vision élaborée et complexe composant avec l’absurde et le fantastique, non dans le but de décrire le réel mais de le réinventer.

Pour la plupart, les images exposées critiquent la culture et la société occidentales. Mais selon des stratégies variées : brutale ironie, mise en scène réaliste ou fantaisiste, pastiche ou encore l’utilisation du décor et de l’artifice.

Les années 1980 sont aussi marquées par leur goût pour l’artifice qui s’impose dans des domaines aussi divers que ceux de la photographie, du film expérimental, de la mode, et plus largement dans la culture populaire.

La désaffection dont souffre encore cette décennie, aux yeux notamment des historiens de l’art, réside dans le caractère factice de ses images, comme de leur exubérance. À l’instar des peintres et des sculpteurs, les photographes conçoivent de véritables installations, scènes d’intérieur ou chimériques, destinées à être photographiées, mêlant réel et fiction au profit d’un curieux mélange. Queer ? Surréaliste ?


Florence Paradeis, Sans titre - Série 1 : 1988-1989, 1988. Épreuve chromogène, donation de la Caisse des dépôts, 2006, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne.

Florence Paradeis compose des situations d’apparence banales et reconstitue les micro-rites du quotidien. Ces scènes de genres, modernes, pseudo-reportages sur la vie ordinaire de la classe moyenne, n’ont d’instantané que l’aspect : ces clichés sont en effet le résultat de séances de pose où la réalité est saturée jusqu’à l’artifice et le geste théâtralisé. Cette orchestration d’un quotidien rendu fictionnel questionne la durée de l’image photographique et rejoue la réalité, la déplace plus qu’elle ne la représente.

Pour la première fois sont réunies des œuvres de Bazil Bustamante, David Buckland, Agnès Bonnot, Clegg and Guttman, Paul de Nooijer, Tom Drahos, Jean-Paul Goude, Hergo, Karen Knorr, Elizabeth Lennard, Robert Mapplethorpe, Joachim Mogarra, Patrick Nagatani, Alice Odilon, Présence Panchounette, Florence Paradeis, Martin Parr, Pierre et Gilles, Sandy Skoglund, Unglee, Boyd Webb, et Mark Wilcox.

Les années 1980. L’insoutenable légèreté. Photographies, films, du 24 février au 23 mai 2016, au Centre Pompidou, galerie de Photographies, Forum -1. 01 44 78 12 33, métro Hôtel-de-Ville, Rambuteau. Ouvert de 11 à 21h tous les jours sauf le mardi. Nocturne le jeudi jusqu’à 23h. 14 ou 11€, valable le jour même pour le musée national d’art moderne et l’ensemble des expositions.

Lire aussi : Toutes les expositions 2016 au Centre Pompidou.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, et au musée Galliera.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Vous pouvez consulter quelques présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, Centre Pompidou

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