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Gérard Fromanger

Dernière mise à jour : lundi 20 mars 2017, par Expositions

Du 17 février au 16 mai 2016, un peintre ouvert sur le monde.

Présentation de l’artiste

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

Né en 1939, le peintre Gérard Fromanger s’impose comme une figure de la scène artistique dès le milieu des années 1960. Par sa peinture figurative aux aplats contrastés, il s’inscrit dans l’esthétique de la Nouvelle Figuration, aventure à laquelle il participe, et à l’irruption de la Nouvelle Histoire.

Il est l’un des fondateurs de l’Atelier populaire des Beaux-Arts en 1968, d’où sortiront tant d’affiches politiques, en soutien aux "justes luttes des camarades ouvriers qui occupent leurs usines". Par la suite, et dans le même esprit, il tournera avec Jean-Luc Godard des "films tracts", dont, il fut fameux, Le Film-Tract n°1968.

Mai 68, silhouettes rouges, scènes de rue, ses amis Prévert, July, Godard, Deleuze, Foucault, le photo-réalisme plantent le décor de ses interventions artistiques, qui marquent une forte alliance de la peinture et de la politique, avec notamment le rouge sang du drapeau qui s’écoule dans le blanc...


Gérard Fromanger. En Chine, à Hu-Xian, de la série « Le désir est partout », août 1974 Centre Pompidou, mnam-cci/ Dist. RMN-GP, P. Migeat © Gérard Fromanger Achat à l’artiste en 1975. Attribution au musée national d’art moderne/centre de création industrielle, le 2 juin1977 L’inscription en chinois sur tableau veut dire : « servir le peuple »

Gérard Fromanger, par sa praxis artistico-politique (quelle expression devenue désuète !) et par son ouverture vigilante au monde qui l’entoure et palpite, gagne une large reconnaissance dans les années 1970.

Il aura tout de même partagé le même panier à salade que Godard et l’acteur Pierre Clémenti en octobre 1968 à la suite d’une action cette fois politico-artistique, place d’Alésia ! Il s’agissait d’encourager les passants à voir rouge, à se révolter, en leur faisant voir la réalité au travers de demi globes translucides en plexiglas (en fait de l’altuglas) rouge...

Le panthéon de l’artiste convoque du lourd : Giacometti, Duchamp et Picasso !

Les années suivantes, il produit de notables et très explicites séries comme "Boulevard des Italiens", à partir d’un travail sériel qu’il commande au photographe de Libération Élie Kagan, "Le Peintre et son modèle", "Annoncez la couleur" (... et lancez les gammes !), "Le désir est partout" (terriblement absente au Centre Pompidou !), ou "Questions".

Ses commentateurs critico-laudateurs sont la crème des penseurs, Gilles Deleuze et Michel Foucault, les Baudelaire et Apollinaire de l’époque.

Tel un journaliste, mais avec sa palette d’outils d’artiste plasticien (il aime aussi se dire artisan), il représente et commente à chaud l’actualité comme les mutations sociétales, avec une gamme de couleurs qui simplifient en aplats, pédagogiquement, ce que l’on est invité à comprendre de la complexité du monde. Mao, Trotski et Martine à l’école nous soutiennent le neurone, en quelque sorte.

Une gamme de couleurs où un rouge poétique ou utopique s’impose plus que toute autre, et perdure longtemps dans l’œuvre, exprimant certainement la résistance, la contestation, le peuple bouillonnant de ne pas parvenir à se saisir encore du pouvoir, le sang de la vie, du drapeau et de la révolte, et une classe sociale que l’on trouve de plus en plus difficilement.

Avant que le jaune n’ensoleille jusqu’à aujourd’hui ses toiles...

Gérard Fromanger a été l’un des principaux artistes de la 6e édition du Festival international d’art contemporain Alpilles Provence (a-part).

Il faut imaginer Fromanger heureux. C’est facile en regardant ses œuvres, et ce n’est pas si grave.

L’exposition au Centre Pompidou

L’événement s’attache, par les 2 films et les quelque 65 œuvres assemblées qui couvrent de 1957 (œuvre de prime jeunesse) à 2015, certaines ayant d’ailleurs fait l’objet d’une donation en 2012 au Musée national d’art moderne (dont Mon tableau s’égoutte, 1966 ; Mon tableau part en fumée, 1966), à rendre perceptible au visiteur, au gré d’un parcours non chronologique, les expressions du dualisme qu’il situe au cœur de son art : passion picturale et souci du monde.


Au premier plan, Peinture-Monde, Blanc de titane, 2015. Série "Le cœur fait ce qu’il veut". Acrylique sur toile. Collection Leïla Voight.
Au fond, De toutes les couleurs, peinture d’Histoire, 1991-1992

On remarquera à quel point les images que propose Gérard Fromanger sont heureusement révélées par l’intervention de la couleur, et sont de ce fait en train d’attirer votre attention avec une sorte de brutalité. Elles n’ont qu’une certaine froideur que l’on pourrait comparer à celle des images d’actualités des grands médias, mais elles sont porteuses de quelques générosités militantes.

Quel est le fond de votre pensée ?, 1973. Série "Annoncez la couleur". Huile sur toile, Centre national des arts plastiques, en dépôt au Musée des Beaux-Arts de Dôle

Attachez-vous en début de visite, ce n’est qu’une suggestion, à repérer certaines des gammes de couleurs aimablement disposées à plusieurs endroits, seules ou à même les toiles. Elles aideront certains à poser sur les tableaux un regard complice de celui de l’artiste, témoin politique acharné et chercheur de sens dans un monde soumis à de profondes convulsions. Fascination de l’information et de la presse (jusqu’aux kiosques !), de la politique et du pouvoir...

L’artiste travaille beaucoup en série, et manie l’association des couleurs avec une virtuosité rare : 30 instantanés, Chimères, Masques.

Violet de Bayeux, 1972. Série "Le Peintre et son modèle". Huile sur toile. Collection particulière, courtoisie Conseil en art, BNP Paribas

Les passants de toutes tailles et silhouettes dérivent. Les lignes qui tissaient à ses débuts les contours de portraits d’amis célèbres (aujourd’hui pour la plupart disparus) se sont muées chez Fromanger en gigantesques circuits de microprocesseurs qui nous étouffent...

Selon le commissaire de l’exposition Michel Gauthier, Gérard Fromanger réalise la monumentale toile De toutes les couleurs, peinture d’Histoire (1991-1992, série Quadrichromies, Huile sur toile, Centre national des arts plastiques, en dépôt au Mamco, Genève) en souhaitant accomplir son Guernica à lui, alors même que sa modestie lui a toujours interdit de se comparer de quelque façon que ce soit à l’immense Picasso (entretien dans le film "En suivant la piste Fromanger" (2015), de Serge July et Daniel Ablin, à regarder dans l’expo).

Là se mêlent des images de guerre à des représentations de toutes natures, origines ou époques, l’ensemble se chevauchant dans le plus grand désordre apparent. La peinture est confrontée aux incessants flux d’information, où l’on découvrira tout de même l’hommage de Fromanger à L’Origine du monde de Courbet (et un peu aussi à Pravda, la survireuse), le peintre au travail (faut quand même être sérieux !), et les coulures de peinture qui rappellent que peinture d’histoire est aussi histoire de peinture. Il est clair que les situationnistes aussi sont passés par là...

Enfin, et par ailleurs, la présence de quelques peintures érotiques de Fromanger dans l’exposition ne m’auraient pas déplu. Le désir n’est-il pas partout ? Peut-être la prochaine fois ?

Gérard Fromanger, du 17 février au 16 mai 2016, Centre Pompidou, Galerie du musée, Niveau 4, 75191 Paris cedex 04. 01 44 78 12 33. Métro Hôtel de Ville, Rambuteau. Ouverte de 11 à 21h, tous les jours, sauf le mardi, 14 ou 11€. Valable le jour même pour le musée national d’art moderne et l’ensemble des expositions. Accès gratuit pour les adhérents du Centre Pompidou (porteurs du laissez-passer annuel).

Lire aussi : Toutes les expositions 2016 au Centre Pompidou.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, au musée Galliera, et au Petit Palais.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : Paris Expos Hebdo : Nouveautés, Conseils, Derniers Jours.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Celui de cette exposition fait partie de notre sélection 2016.

Vous pouvez consulter quelques dizaines de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, Centre Pompidou, Wikipédia

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