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Grand succès de la rétrospective Pierre Huyghe, au Centre Pompidou. À VOIR !

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Il y avait foule lors de ma deuxième visite de cette exposition. Plus de 2 000 visiteurs dans la journée du 26 octobre 2013. Qui dit mieux ? Qui dira que l’art contemporain est difficile d’accès ? Des amoureux, des enfants, des personnes âgées, tous les publics étaient là. Ravis, nonchalants, souriants, se regardant les uns les autres partir à la découverte de ce bouquet de sensations, de cette invitation à plonger chacun dans les tréfonds de sa mémoire et de ses sensations tous temps confondues...

Qu’ils auraient aimé se promener dans cette exposition Lewis Carroll, Anderson et les frères Grimm...

Du 24 septembre 2013 au 6 janvier 2014, le Centre Pompidou monte la première exposition, aux allures de rétrospective, des œuvres de Pierre Huyghe. Selon l’artiste lui-même, celle-ci s’ordonnerait d’une part comme un organisme vivant, mais aussi selon "une chronologie souple et sur un dispositif classique mêlant des choses connues et d’autres (qui le seraient) beaucoup moins".

Nous revoilà dans un "entre-plusieurs mondes" fait d’installations, de sculptures et d’œuvres au très long cours, de cet artiste, plasticien, vidéaste, architecte et designer, qui compte sur la scène française et internationale, comme son complice et ami Philippe Parreno, en ce moment-même au Palais de Tokyo.

Human. Performeuse en récupération, le nez dans la fourrure

Représentant la France à la Biennale de Venise en 2001, Pierre Huyghe y obtint le prix spécial du jury. Parmi les autres récompenses dont il a également été gratifié, on retiendra "le prix de l’artiste contemporain de l’année 2010", décerné à Washington DC, et qui distingue un artiste de moins de 50 ans, américain ou résident.

De plus, le jury a souligné à son endroit, en le félicitant pour l’ensemble de sa carrière, que certaines de ses œuvres avaient "changé le cours du cinéma et de la vidéo contemporains". Joli compliment, non ?

Au Centre Pompidou, l’intention de cette exposition est de parvenir à faire ressentir aux visiteurs que l’espace est un monde en lui-même, qu’il est soumis à ses propres rythmes, et peut-être qu’une idée se meut et se transforme dans les confrontations des êtres et des objets.

Certaines des œuvres de Pierre Huyghe les plus emblématiques, telles que Blanche Neige Lucie, No Ghost Just a Shell, Atari Lightou Streamside Day sont de cette exposition, qui interroge les enjeux esthétiques et éclaire la méthode de leur auteur.

Celui-ci dit encore que ce qui l’intéresse « c’est construire des situations qui ont lieu dans le réel. »

De son projet Extended Holidays, en 1996, quand Pierre Huyghe fermait l’espace d’exposition laissé vacant pour emmener ses visiteurs potentiels en vacances prolongées, à l’expérience The Host and the Cloud déroulée en trois temps (fête des Morts, Saint-Valentin et fête du Travail), en 2010-2011, dans le musée désaffecté des Arts et traditions populaires (c’était avant que n’existe le MuCEM...), l’exposition s’affirme comme un lieu de l’intensification de la présence et de la vitalité.

L’artiste compte bien rendre les visiteurs de son exposition au Centre Pompidou témoins dès leur entrée dans la Galerie Sud, puisqu’il s’intéresse « à l’aspect vital de l’image, à la manière dont une idée, un artefact, un langage peuvent s’écouler dans la réalité contingente, biologique, minérale, physique. Il s’agit d’exposer quelqu’un à quelque chose, plutôt que quelque chose à quelqu’un ».

Par cette démarche, l’exposition devient un espace "hétérotopique", où l’art se rapproche au plus près de la vie, l’œuvre ne constituant que l’enregistrement partiel d’une situation qui l’excède et qui s’écoule dans le réel...

Comment parvenir à intensifier ce qui est...

Que se passe-t-il, sur cet exemple (2012, espèces animales et végétales, objets manufacturés et minéraux) vu de la Documenta 13, à Kassel, en Allemagne, et présent à Pompidou ? Et que regarderons-nous des œuvres montrées ? Ici la sculpture ? L’essaim d’abeilles vrombrissant en sourdine ? La tête masquée de cette femme ? Ses hanches et ses seins ? Son environnement ?

L’exposition de Pierre Huyghe au Centre Pompidou s’enracine et puise aussi dans ce que furent les expositions précédentes, tel le bernard-l’hermite lové dans la tête de la Muse endormie, copie de Brancusi, dans l’aquarium surréaliste Zoodram 4.

L’extension de l’espace d’exposition à Pompidou ouvre vers l’extérieur en une excroissance, où certaines œuvres organiques et climatiques de l’artiste vont exister, faisant de cet événement l’étape ou le point de départ vers un monde qui s’auto-génère, variant dans le temps et l’espace, et surtout indifférent à notre présence.

Ma curiosité de cet événement n’aurait pas pu être plus intense. Et je suis ravi de m’y être rendu ! Une exposition comme à la maison, avec scènes intérieures et extérieures.

Entrez, entrez insectes, scutigères véloces, abeilles, lombrics dont on entendra les rugissements, et élégante chienne efflanquée à patte fushia, qui peut se reposer, si elle le souhaite, sur l’un des deux manteaux en fourrure jetés pour elle en nid douillet sur le parquet !

Ici toutes les engeances sont les bienvenues. Ce musée est donc aussi à vous. À nous. Nous tenterons d’y jouer notre rôle si nous le découvrons... Ici, celui qui fait est celui qui regarde, mais le contraire ne serait pas toujours faux !

Désorientés, vous le serez très certainement, mais d’humeur agréable, car tout pétille autour de vous... et dans des directions qui devraient parfois vous surprendre.

L’H2O est aussi acceptée, et sous ses 3 états. Vapeur, passe encore, mais évitez le liquide et la glace... qui tombent avec régularité du plafond. Un huissier crieur à l’entrée ! J’adore. Faites-vous la surprise de lui communiquer votre vrai nom, et d’ajouter ou d’omettre un titre...

Une patineuse imperturbable glisse, comme dans une chanson d’Arthur H ! Le fonds de l’air ? Est musical bien sûr, coupé des feulements des fourmis et des grognements préhistoriques des larves. Vous êtes ici chez Merlin l’Enchanteur et je ne peux vous dire sous quelle forme vous sortirez...

Pierre Huyghe, du 25 septembre 2013 au 6 janvier 2014, au Centre Pompidou, Galerie Sud. Métro Hôtel de Ville ou Rambuteau. Tlj sauf le mardi, de 11 à 21h. 13 ou 11€ // 10 ou 9€ (selon période).

Vous retrouverez dans l’article 2013 à Paris : les grandes expositions de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans Calendrier 2013 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

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Les Grandes Expositions et Calendrier 2014 peuvent déjà être consultés sur Évous.fr... et complétés, si vous disposez de plus d’informations que nous !

André Balbo

sources : VisiteS, Centre Pompidou, Pierre Huyghe