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PREMIERS JOURS de la décapante Linder. Femme/Objet, au MAMVP

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

L’artiste anglaise Linder Sterling, dite Linder, née Linda Mulvey, à Liverpool en 1954, vit et travaille dans le Lancashire, à Heysham.

Linder Oh grateful colours, bright looks VI, 2009 Collage sur papier photographique Photographie de Tim Walker ©Linder

L’ARC (Animation, Recherche, Confrontation), au 1er étage dans le musée d’Art moderne de la Ville de Paris, a pour mission d’exposer la scène contemporaine internationale et française avec des événements prospectifs, qu’ils soient individuels ou collectifs, de très jeunes artistes comme ce fut le cas pour Dynasty, la Scène mexicaine, Bertille Bak, ou encore des expositions individuelles d’artistes confirmés comme Kara Walker, Larry Clark, Roman Ondak, et en février Linder.

Dans ce cadre, le musée d’Art moderne de la Ville de Paris propose la première rétrospective française qui soit consacrée à Linder, selon un parcours déclinant les trois principaux axes de son travail qu’elle a investis depuis 1976 :
- les arts visuels,
- la musique
- et la mode.

L’événement rassemble près de 200 œuvres, large choix de photographies, de photomontages, de boîtes lumineuses et de travaux sur papier, mais également des costumes, des vidéos, du son, et même la retransmission de performances, notamment le concert de 1981 durant lequel elle portait entre autre chose une robe faite de déchets de viande crue ramassés dans les poubelles d’un restaurant chinois (que faisait alors Lady Gaga ?), un godemiché dressé bien attaché au pubis, et répétant en criant : " Women ! Wake up !".

J’avais peut-être omis de vous dire que Linder est une artiste assez radicale, passablement révoltée dans ses approches artistiques, féministe et d’une grande ville industrielle devenue quelque peu misérable. Et punk aussi !

Linder compose des photomontages, à la manière des artistes dada John Heartfield et Hannah Höch, tout en étant partie prenante de la scène post-punk anglaise de Manchester. Elle réalise, par exemple, la fameuse couverture d’Orgasm Addict, des Buzzcocks, en 1977, et fonde avec Ian Devine le groupe Ludus en 1978, qui commet la performance citée plus haut.

Par la technique du collage, elle crée des images transgressives, qui sont clairement des détournement ironiques et grinçants, engagés résolument dans une action politique féministe radicale.

Pour Linder, ses œuvres sont des "automontages". Elle souhaite briser l’image idéale de la femme, préférant à rebours dresser le portrait criant de sa complète aliénation.

Afin de composer ses œuvres, elle en prélèvera les composants aussi bien dans des magazines érotiques que dans des revues automobiles, culturelles ou culinaires, toutes époques confondues, en fait des strates successives de la société de consommation.

« J’ai toujours aimé les magazines, j’en avais deux piles distinctes, l’une constituée de magazines féminins : mode, romance... L’autre pile était constituée de magazines pour hommes : automobile, bricolage, pornographie (un autre aspect de l’univers féminin). Je voulais faire s’accoupler les cuisines aménagées et la pornographie afin de voir quelle espèce en naîtrait. Je travaillais toujours sur une plaque de verre, au scalpel, très proprement, comme si je faisais un puzzle. »

Dans ce que Linder réalise, la femme n’est plus qu’un objet commercial, voire un « sex toy », l’artiste dénonçant ainsi toutes les violences qui lui sont constamment faites.

En plus de ses dénonciations féministes, cette artiste porte le fer de ses créations, dans des mises en évidence particulièrement efficaces, contre l’indécence contenue de façon permanente dans l’imagerie publicitaire.

Parfois le discours se décline un peu de façon monotone et le cri ne s’entend plus et devient même sans saveur dans la répétition. Était-il utile de répéter le procédé : femme nue dont la tête est remplacée par un élément d’électroménager (aspirateur, puis mixer, puis, puis, puis !). Tant il est clair que la femme subit au cours de sa vie et simultanément au moins ces trois aliénations de base : être femme-objet sexuel, consommatrice d’électroménager, et esclave domestique bien entendu !

Certaines œuvres attrapent l’attention, et le placement animalo-végétatif peut essentiellement faire preuve d’efficacité... quand il surprend.

L’action dans laquelle Linder a choisi d’intervenir nous indique très clairement l’origine de ses révoltes et de ses combats intimes, comme l’approche poétique et rude qu’elle en a.

Linder étudie et travaille également son propre corps. Elle pratique des exercices de body-building, se badigeonne de maquillage, s’enduit de substances comestibles, bref, se transforme et se déforme, attire, choque ou provoque. Elle se référera aussi avec humour aux "Ballets russes", glorifiant les danseurs tout en voilant leur face sous des gâteaux luisants.

Adepte de musique expérimentale, Linder est aussi très proche de Morrissey, qu’elle a suivi dans ses tournées, et pour lequel elle réalise les couvertures d’albums (Your Arsenal, 1992).

Excellente peinture de recouvrement en grand mural...

Et une fois au MAMVP, n’hésitez pas à visiter les formidables collections permanentes et gratuites au sous-sol, avec des Matisse, des Picasso, des Bonnard, des Delaunay, et bien d’autres trésors.

Enfin, pour quelques euros de plus, la prestigieuse collection Werner d’art contemporain dont le célèbre galeriste allemand s’est dessaisi il y a quelques mois au profit du musée mérite un visite tranquille.

Linder. Femme/Objet, du 1er février au 21 avril 2013, dans le cadre de l’ARC, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris.

Vous retrouverez dans les articles « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » et 2013 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 et celles de 2013 déjà annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans les articles « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », et « Calendrier 2013 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : "LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du...".

Nous tenterons aussi de vous les présenter chaque mois , à partir de Février 2013.

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous avons établi notre sélection, pour Paris, des MEILLEURS CATALOGUES des expositions 2012, en vous indiquant en plus les nominés, et les primés au Prix CatalPa 2012 pour les catalogues d’expositions de Paris.

Nous procéderons de la même manière en 2013, avec PARIS 2013 : les meilleurs catalogues d’expositions de Paris.

André Balbo

sources : musée d’Art moderne de la Ville de Paris, ARC