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DERNIERS JOURS de La Tendenza, mouvement architectural italien, au Centre Pompidou

Dernière mise à jour : lundi 25 juillet 2016, par Expositions

La Tendenza est un mouvement architectural international... mais né en Italie, dont l’influence et la virulence s’exercèrent des Années 1960 aux Années 1980. Regroupement, d’ailleurs, plus que mouvement, il aspirait, après la Seconde Guerre mondiale, à réinventer la ville, en s’appuyant toujours, ou en pensant le faire, sur l’histoire et le passé de l’architecture.

G.R.A.U. Paola Chiatante, Aldo Coacci, Gabriella Colucci, Roberto Mariotti et Franco Pierluisi, Cimetière de Nice (version 2), Alpes-Maritimes, 1983 Projet partiellement réalisé, en collaboration avec X. Marguerita. Façade. Pastel et aérographe sur calque. 64x107cm Achat, 2010 Centre Pompidou, Musée national d’art moderne. Photo Philippe Migeat/Georges Meguerditchian. Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP

L’exposition "La Tendenza, architectures italiennes", au Centre Pompidou, présentée du 20 juin au 10 septembre 2012, nous immerge dans ce que fut cette aventure architecturale italienne, donc, puis internationale, lorsque de nombreux architectes décidèrent sous des discours empreints de volontés classicistes exprimées, de casser de fait les codes à l’occasion des nombreuses constructions et reconstructions de l’Après-guerre.

Plus de 250 dessins, des maquettes historiques et autres documents ont été rassemblés pour nous permettre de revivre, ou au moins de nous remémorer, l’expérience d’Aldo Rossi, qui fut l’un des fondateurs de ce "mouvement", qui se fit remarquer par une certaine virulence, et son chef de file.

Pour Frédéric Migayrou, responsable des collections Architecture et design du Centre Pompidou, si « La Tendenza » cherchait à définir de nouvelles intentions, elle ne se voulait être qu’une simple réorientation, refusant des notions d’avant-garde et d’utopie, afin de susciter l’avènement d’une architecture politique et critique en prise avec le réel.

Si certains voient ceux qui allaient en devenir ses principaux acteurs comme des puristes refusant le modernisme architectural, d’autres affirment au contraire que ces "artistes" ou théoriciens avaient placé leurs travaux en phase avec les attentes politiques et sociales de l’époque, tout en restant adossés aux formes architecturales connues ! Les meilleurs ferments des longues polémiques sans issue qui allaient s’en suivre reposaient justement là... De quoi l’Enfer a-t-il toujours été pavé ?

Le Centre Pompidou retrace par cette exposition l’histoire d’un mouvement architectural en fait extrêmement idéaliste qui fut à l’origine de quelques réalisations surprenantes, dont le quartier du Tiburtino à Rome, ou la Tour Velasca, érigée à Milan par le groupe B.B.P.R., (illustration) mais aussi d’une abondante littérature, souvent polémique, du fait de l’existence de contradicteurs à ce mouvement.

Nous devons retenir avant toutes choses de "La Tendenza" la puissante dynamique qui lui fut associée. Ce courant de pensée fut en effet l’unique mouvement qui se plaça délibérément au cœur de grands rendez-vous internationaux tels que la XIIIe Triennale de Milan en 1964, ou la Biennale de Venise en 1980, permettant ainsi aux architectes de se rencontrer pour affirmer le mouvement et le faire connaître plus largement sur la scène internationale.

L’exposition revient ainsi sur les différents aspects de "La Tendanza" en proposant de découvrir les architectes précurseurs et leurs travaux, qu’ils aient été formalisés ou non par une réalisation, mais aussi les différents laboratoires d’idées mis en place lors des grands rendez-vous italiens puis internationaux, ces événements illustrant le rayonnement que connut ce mouvement dans le monde de l’Après-guerre.


Arduino Cantafora, La Città Analoga, 1973, Etude III. Aquarelle et crayons gras sur papiers raboutés montés sur carton. Achat, 2006 Centre Pompidou, Musée national d’art moderne Photo : Philippe Migeat/Georges Meguerditchian. Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist.RMN-GP

Pour Frédéric Migayrou : « La culture du projet architectural, celle d’un dialogue avec le contexte, avec la trame urbaine et architecturale sédimentée par l’histoire, stimulera de très importantes expériences formelles se multipliant par les recherches graphiques d’un Franco Purini, les dessins de Massimo Scolari, les peintures d’Arduino Cantafora ou de Dario Passi, rassemblés aujourd’hui dans l’exposition.

De cette effervescence (…) est né un tissu d’échanges qui, au travers de l’emblématique revue Controspazio, gagnera un écho mondial résonnant dans la production d’architectes aujourd’hui encore pour certains sur le devant de la scène.

Source d’inspiration marquant l’architecture contemporaine, l’expression graphique et les stratégies urbaines de l’architecture italienne ont directement influencé l’École du Tessin avec Mario Botta ou Fabio Reinhart, la scène allemande avec des architectes comme Oswald Mathias Ungers avec qui travaillait le jeune Rem Koolhaas, l’école française autour d’Antoine Grumbach ou Christian de Portzamparc, les Espagnols du groupe 2C Construcción et enfin Peter Eisenman et son Institute of Urban Studies qui diffusera l’œuvre d’Aldo Rossi auprès de nombreux architectes aux États-Unis.

Première exposition consacrée exhaustivement à la Tendenza, cet événement ouvre de nouvelles perspectives sur les sources européennes d’une architecture contemporaine qui a connu dans les vingt dernières années une fortune critique sans précédent, les préceptes et les concepts de ce néo-rationalisme alimentant encore les débats les plus actuels sur la ville et le territoire, à l’instar du Grand Paris.

Peut-être. Une autre lecture, qui se placerait davantage du côté de l’usager ou du client final de cette production architecturale, pourrait faire observer que d’une part les Italiens depuis le début du XXe siècle ont souvent su se distinguer dans des mouvements d’avant-garde froids, extrêmes et peu facilement audibles, tant en art, qu’en politique, dont le futurisme de Marinetti n’est qu’un des exemples.

Que d’autre part ce qui est montré dans cette exposition a effectivement quelque chose qui peut paraître redoutable dans l’expression de ses projets, parce que excessivement théorique, et un peu déplaisant. Pourquoi une telle tristesse omniprésente dans les couleurs choisies ? Pourquoi privilégier autant les angles aigus blessants et agressifs, ou les parties en creux, comme enlevées par des morsures ? Ne reste-t-il pas sur les bâtiments imaginés un peu de la culpabilité d’avoir été du mauvais côté durant la guerre ?

Cette architecture s’applique en revanche particulièrement bien à des projets tels que des cimetières (il y en a au moins deux exposés, celui de Nice, sublime dans son antique pompe, illustré plus haut, et celui de Voghera, des Monestiroli), ou à des centres culturels, comme celui d’Attrezzerto (Rome, 1965).

À quelques rares exceptions près, ces théoriciens froids et géométristes, excessifs et militants, donnent une architecture rigoureuse, stricte, et peu ouverte au plaisir.

Dans cette exposition, quelques très belles maquettes de projets, souvent non réalisés, comme celle en bois de Salvatore Bisogni, pour l’aménagement du quartier Montecalvario, à Naples, en 1973, ou le tableau très lâché pour le concours du théâtre d’Udine...

Finalement les projets exposés portent encore bien vivants en eux les ferments de longs débats théoriques.

Pour qui et pour quoi travaille l’architecte ? Est-il guide, chaman, visionnaire, prestataire, prophète ? Une image montrait jadis un noble carolingien avec à ses pieds, assis tel un scribe de l’Antiquité, son architecte. Qui sera demain le commanditaire de l’architecte ? Le politique ? Le fortuné ?
Le "bien commun" ?

La Tendenza, au Centre Pompidou. Musée. Niveau 4, du 20 juin au 10 septembre 2012, de 11 à 21h, fermé le mardi. 13 ou 9€.

Vous retrouverez dans l’article « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 déjà annoncées par leurs établissements et musées, et dans l’article « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions classées par dates.

David méditant devant la tête de Goliath, d’Orazio Gentileschi, huile sur lapis-lazuli, exposition Artemisia

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André Balbo

sources : visite, Frédéric Migayrou, Centre Pompidou