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Février et mars 2017. 2 expositions Camille Pissarro

17 février 2017 par André Balbo

Du 23 février au 2 juillet 2017, Camille Pissarro. Le premier des impressionnistes, au musée Marmottan.
Du 16 mars au 9 juillet 2017, Pissarro. La nature retrouvée, au musée du Luxembourg.

Présentation de l’artiste

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

Camille Pissarro, (1830-1903), d’origine danoise, est né à Saint-Thomas, alors possession danoise, dans les Îles Vierges, et il meurt à Paris.

Peintre impressionniste puis néo-impressionniste français reconnu, ayant participé, peut-être était-il le seul, aux huit expositions impressionnistes, il est vite considéré dans le groupe comme un patriarche du mouvement.

Après avoir renoncé définitivement au négoce auquel son père entrepreneur le destinait, il arrive en 1855 à Paris, année de l’Exposition universelle.

Il y rencontrera Jean-Baptiste Corot, avec qui il étudie, et qui fit certainement naître en lui cette vocation de peintre paysagiste, il découvre Delacroix, Courbet, Ingres et Daubigny. Il est alors plus particulièrement touché par les thèmes de vie rurale des tableaux de Jean-François Millet, par le naturalisme de Gustave Courbet, et par les toiles de Corot.

Camille Pissarro et sa femme Julie Vellay à Pontoise en 1877

Sa fréquentation entre 1859 et 1861 de diverses académies, dont principalement celle du Suisse Charles Gleyre qui mettait à disposition des jeunes artistes atelier et modèles, lui donne l’occasion de rencontrer Claude Monet (1859), Ludovic Piette, Armand Guillaumin et Cézanne (1861), qui fut son élève.

En 1863, Cézanne et Zola visitent son atelier à La Varenne. Quand il expose aux Salons de 1864 et de 1865, il se présente comme un élève d’Anton Melbye et de Corot, ce qu’il réfutera par la suite. Il rencontre Manet en 1866.

Julie Vellay, fille de viticulteurs de Bourgogne, entrée en 1860 comme domestique chez les Pissarro, deviendra la compagne de Camille, qui ne l’épousera que plusieurs années plus tard, à Londres. Ils auront 8 enfants.

Pissarro s’installe un temps à Pontoise, pas très loin de ses amis le Docteur Gachet et le peintre Daubigny qui vivent à Auvers/Oise, puis à Louveciennes. Situation financière difficile, son père lui ayant coupé les vivres du fait de la "mésalliance" avec sa Julie.

Camille Pissarro peignant depuis la fenêtre de son atelier, Eragny-sur-Epte, vers 1895. Photographie – Pontoise, musée Camille Pissarro – © Musées de Pontoise

Durant la guerre contre les Prussiens, il abandonne son atelier qui sera pillé, se réfugiant à Londres, auprès de Monet.

Il n’y retrouvera à son retour que quelques dizaines de tableaux sur plus d’un millier. Il retournera à Pontoise où il vivra plus de 10 années.

Cette période de Pontoise et d’Osny compte beaucoup dans l’histoire de l’impressionnisme. C’est le moment où viendront travailler près de lui Paul Gauguin (avant qu’ils ne se fâchent), et Paul Cézanne (qu’il encourage à peindre en plein air).

Bien que chaudement recommandé à Ambroise Vollard par le Docteur Georges Viau, un collectionneur qui soutient tous les impressionnistes, les tableaux impressionnistes à l’époque n’atteignent encore que des prix médiocres, et le peintre passe beaucoup de temps à démarcher pour vendre sa peinture.

Il passera les dernières années de sa vie dans une maison d’Éragny/Epte qu’il peut acquérir grâce à un prêt amical de Claude Monet.

Si Camille Pissarro a peint la vie rurale française, en particulier des paysages et des scènes représentant des paysans travaillant dans les champs, il est également célèbre comme personnage tutélaire des impressionnistes, pour ses scènes de Montmartre, et des environs du Louvre et des Tuileries, qu’il fréquentait.

Il a aussi enseigné dans son atelier à Paris, ayant eu notamment pour élèves Paul Cézanne, Paul Gauguin et Armand Guillaumin.

La collaboration du printemps 1872 à la fin mai 1874 entre Pissarro et Cézanne, qui se connaissent depuis plus d’une décennie, va se révéler pour l’un et pour l’autre particulièrement féconde. Pissarro accueille Cézanne qui s’installe avec sa famille, à Pontoise d’abord, puis à Auvers/Oise en 1873 dans un logement fourni par le Docteur Gachet.

Cézanne s’approprie la façon de peindre des impressionnistes tandis qu’il conforte Pissarro dans sa volonté de réaliser des compositions construites avec une picturalité autonome.

Camille Pissarro était aussi un théoricien de l’anarchie, un temps politiquement proche de Gauguin, et fréquentant assidûment les autres peintres de la Nouvelle-Athènes qui appartenaient au mouvement libertaire.

Peintre socialement généreux et d’inspiration lyrique, il est possible que Pissarro soit demeuré au second plan davantage pour le choix de ses sujets que pour sa technique ou sa sensibilité d’artiste.

Il déclarait en 1896 : « Nous ne demandons pas mieux que d’être classiques, mais en le trouvant par notre propre sensation, oh ! que c’est différent ! »

Printemps, pruniers en fleurs, Pontoise (1877), Paris, musée d’Orsay.

L’exposition Camille Pissarro, "le premier des impressionnistes", à Marmottan Monet

Ce sera la première exposition monographique organisée à Paris sur ce peintre depuis 36 ans.

Quelque 60 de ses tableaux, dont 8 sont exposés en France pour la première fois, chefs-d’œuvre, peintures et temperas provenant des plus grands musées du monde et de prestigieuses collections privées permettront de retracer l’œuvre de Camille Pissarro, de sa jeunesse dans les Antilles danoises jusqu’aux grandes séries urbaines de Paris, Rouen, Dieppe et Le Havre de la fin de sa vie.

Dès sa jeunesse, initié à la peinture dans les îles, loin de Paris et de l’académie des beaux-arts, Pissarro se distingue de ses contemporains. Deux Femmes causant au bord de la mer, 1856 (National Gallery of Art, Washington) prêté pour la première fois en France frappe par son exotisme et illustre ses débuts.

Camille Pissarro, Deux Femmes causant au bord de la mer, 1856. Collection de M. et Mme Paul Mellon Washington, National Gallery of Art © Courtesy National Gallery of Art, Washington

Installé en France en 1855, Pissarro fait tôt la connaissance des futurs impressionnistes. Comme eux, il se passionne pour le plein air et le paysage. Il s’inspire alors de Jean-Baptiste Camille Corot et de Charles-François Daubigny comme en témoigne Bords de la Marne, 1864 (Kelvingrove Art Gallery and Museum) venu de Glasgow. Poursuivant ses recherches près de Paris, il peint La Route de Versailles, Louveciennes, neige, vers 1870 (Fondation Collection E.G. Bührle, Zurich) et La Route de Versailles, Louveciennes, soleil d’hiver et neige, vers 1870 (Musée Thyssen-Bornemisza, Madrid) qui sont aussi montrés pour la première fois en France.

Pissarro est alors considéré par Émile Zola comme « l’un des trois ou quatre peintres de ce temps ». Premier à supprimer le noir et les ocres de sa palette, il évolue vers une peinture claire, typique de l’impressionnisme. Il sera l’un des membres les plus engagés du groupe. Plusieurs chefs-d’œuvre dont Le Déversoir de Pontoise, 1872 (Cleveland Museum of Art, Cleveland) et Place du Vieux-Cimetière, Pontoise, 1872 (Carnegie Museum of Art, Pittsburgh), qui n’ont pas non plus été vus en France depuis plus de 35 ans, témoignent de sa maturité et du triomphe de l’impressionnisme.

Considéré par Cézanne comme "le premier des impressionnistes", Pissarro est d’une part l’un des fondateurs de ce groupe, mais aussi le seul qui participa à leurs 8 expositions.

La bergère ou Jeune fille à la baguette

À partir de 1883, il explore le thème de la figure et peint certaines de ses toiles les plus célèbres telles Jeune Fille à la Baguette dit aussi La Bergère, 1881 (Musée d’Orsay, Paris) et Jeune Paysanne au chapeau de paille, 1881 (National Gallery of Art, Washington).

En 1886, il évolue encore. Pissarro se détourne de l’impressionnisme et partage les recherches de Georges Seurat et des néo-impressionnistes. L’exposition présente les plus importants chefs-d’œuvre de cette période dont La Cueillette des pommes, 1886 (Ohara Museum of Art, Kurashiki) et La Maison de la sourde et le clocher d’Éragny, 1886 (Indianapolis Museum of Art, Indianapolis).

Enfin, les deux dernières sections sont dédiées aux grandes séries portuaires et urbaines auxquelles l’artiste consacre une part importante de son œuvre ultime. Un rarissime ensemble de vues de Rouen, du Havre, de Dieppe et de Paris – dont quatre n’ont pas été vues en France depuis plus d’un siècle – nous invite à découvrir un aspect trop méconnu de l’œuvre de Pissarro.

Peintre de paysages et de figures, de la campagne et de la ville, « premier des impressionnistes » et promoteur du pointillisme, Camille Pissarro n’a cessé de se renouveler. Cette exposition met en lumière l’extraordinaire diversité d’un art digne et poétique aux dimensions humanistes et révolutionnaires.

Compagnon et ami fidèle de Monet, maître de Cézanne et de Gauguin, inspirateur de Seurat, défenseur de Signac, Pissarro est un artiste incontournable et majeur.

Intellectuel polyglotte, engagé et militant anarchiste, très à l’écoute des jeunes générations, son œuvre, puissante et en perpétuelle évolution, offre un panorama unique des recherches qui ont animé les cercles impressionnistes et post-impressionnistes de la seconde moitié du XIXe siècle.

Le commissariat de l’exposition est assuré par Claire Durand-Ruel Snollaerts, Historienne de l’art, co-auteur du catalogue critique des peintures de Camille Pissarro, et Christophe Duvivier, Directeur des musées Camille Pissarro et Tavet-Delacour, Pontoise.

Camille Pissarro, "le premier des impressionnistes", du 23 février au 2 juillet 2017, au musée Marmottan, 2, rue Louis-Boilly 75016 Paris. Métro La Muette, RER C Boulainvilliers. www.marmottan.fr


Exposition Pissarro. La nature retrouvée, au musée du Luxembourg

Camille Pissarro, La Maison Delafolie à Eragny, soleil couchant, 1885. Dépot du Musée d’Orsay au Musée de Grenoble. Jean-Luc Lacroix / Musée de Grenoble © domaine public.

Pissarro s’installe en famille en 1884, à Éragny, où il vivra 20 ans au rythme de sa peinture, de sa ferme et de la poésie des champs, recevant ses amis Monet, Cézanne, Van Gogh ou Gauguin.

Il adhère aussi aux idéaux anarchistes de la fin du XIXe siècle.

Avec l’exposition du musée Marmottan, ce seront les premières grandes expositions parisiennes consacrées à Pissarro depuis 1981, alors que cet artiste a été mis en vedette au Japon, en Allemagne, en Grande Bretagne et aux États-Unis.

Or la recherche à son sujet a progressé. 5 volumes de sa correspondance ont été publiés. L’inventaire de la grande collection de dessins de l’Ashmolean Museum d’Oxford et le monumental catalogue raisonné de ses tableaux, produit par l’Institut Wildenstein-Paris, ont été établis.

Cette exposition se concentrera sur les deux dernières décennies de la carrière du peintre, qui développa à Éragny/Epte, une forme d’utopie qui embrassait aussi bien sa peinture que son engagement politique. C’est la période la moins étudiée et la plus complexe de la carrière de Pissarro. Ses tableaux, dessins et gravures d’alors sont aussi spectaculaires que peu connus.

L’exposition présentera les émouvants paysages de cette "ferme", résolument rustique et productrice, que Pissarro a immortalisés au fil des saisons, mais également des tableaux représentant une multitude de personnages, conçus dans l’atelier et resitués dans les champs d’Éragny, pour reconstituer un monde paysan idéal.

Une place sera accordée aux œuvres graphiques de Pissarro de la même période, aquarelles éblouissantes et gravures aussi radicales que celles d’un Gauguin.

C’est là que Pissarro invente aussi avec passion un mode de collaboration artistique et familial inédit. Avec son fils Lucien, ils créent la Eragny Press, petite maison d’édition familiale qui poursuivra ses activités à Londres, rehaussant d’illustrations et de reliures d’art les grands textes favoris de la famille. Mais aussi d’autres travaux collectifs, avec d’autres amis artistes, théoriciens et écrivains politiques, passionné qu’il était par le concept même.

Camille Pissarro, Le jardin d’Eragny (détail), 1898, huile sur toile, 73,4 x 92,1 cm © National Gallery of Art, Washington, Ailsa Mellon Bruce Collection

Camille Pissarro était un anarchiste militant. C’est à ce titre qu’il fut inquiété, à tort, après l’assassinat de Sadi-Carnot. L’exposition rassemble des témoignages de cet engagement, en particulier son étonnant recueil Turpitudes sociales (dans lequel il se fait l’héritier de Daumier), mais aussi les journaux anarchistes auxquels il participait en fournissant des illustrations.

Ces idées transparaissent dans sa peinture. Quand Monet transforme son potager de Giverny en un Eden florissant, Pissarro et son épouse Julie se font exploitants agricoles, produisant animaux, fruits, légumes et jusqu’à des céréales.

Il est saisissant de penser que le jardin de Monet et la ferme de Pissarro bordaient la même Epte, d’Éragny à Giverny...

Cette exposition scrute la méthode et les convictions de ce père de l’impressionnisme. De nombreuses œuvres seront montrées pour la première fois en France, ajoutant à l’originalité du point de vue le plaisir d’une totale découverte

Le commissariat de l’exposition est assuré par Richard Brettell, et Joachim Pissarro, les grands spécialistes de l’artiste, la scénographie d’Étienne Lefrançois et Emmanuelle Garcia.

Pissarro. La nature retrouvée, du 16 mars au 9 juillet 2017, au musée du Luxembourg.


***

Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nouvellement en ligne :
Le CALENDRIER 2017 des grandes expositions à Paris
PARIS 2017. LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : Paris Expos Hebdo : Nouveautés, Conseils, Derniers Jours.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Vous pouvez consulter quelques dizaines de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
- Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Marmottan, Luxembourg, Wikipédia, impressionniste.net

Dernière modification : par André Balbo - Crédit image : -
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