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Bettina Rheims

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

60 000 visiteurs ont vu la rétrospective Bettina Rheims du 28 janvier au 27 mars 2016, à la Maison européenne de la photographie. 45 années d’images et d’émotions.

Quelque 200 images réparties dans les 3 étages de la MEP, nous promènent à travers 45 ans de production de la célèbre femme photographe Bettina Rheims, de ses toutes premières images à ses travaux personnels les plus récents. Vous y verrez en bonne place ses grandes séries, comme les célèbres photos qui ont bâti pas à pas sa réputation, mais aussi d’autres plus confidentielles voire certaines jamais encore exposées en France.

Présentation de l’artiste

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

Bettina Rheims dit avoir appris le métier avec le sulfureux photographe australien d’origine allemande Helmut Newton qui l’avait prise sous son aile. Elle a immédiatement posé au centre de son travail, et comme sujet de prédilection, la femme dans tous ses états, et le trouble, de ses modèles comme de ceux qui les regardent.

En 1982, elle travaillera sur sa série Animal, d’animaux naturalisés et sans vie, dont elle s’efforce avec acharnement de capter l’ultime expression...

© Bettina Rheims

En 1989, elle publie Female Trouble, presque programmatique, qui rassemble des portraits de femmes, célèbres ou anonymes, réalisés au cours des années 1980.

Le genre, l’androgynie et la transsexualité deviendront pour elle des sujets à part entière avec ses autres séries Modern Lovers (1989-1990), Les Espionnes (1992) et Kim (1994).

Avec sa première série en couleur Chambre close (1990-1992), cette femme photographe travaille sur la proximité des corps avec des modèles non professionnelles.

Première de ses fictions photographiques, la photographe prend la place d’un amateur de femmes voyeur qui aborderait des inconnues dans la rue pour leur proposer de les photographier dans une chambre d’hôtel modeste.

Parodiant les premières photos pornographiques, et, donnant vie à la chair, elle est alors en partance pour la découverte d’une "féminité primitive", source inépuisable des troubles, des pulsions et des refoulements.

Memento Mori, juin 1997, Majorque "I.N.R.I."

Elle se demandera d’ailleurs à l’époque si ce n’était pas aller trop au bout de l’impudeur (entretien de janvier 2016 sur France Inter avec Augustin Trapenard). Madonna, séduite, proposera et réalisera avec Bettina une série de photos dans ce style.

Dans I.N.R.I., qu’elle publie en 1999 avec Serge Bramly, ils tentent ensemble, elle par l’image, lui par le texte, d’imaginer et de transposer la venue d’un Christ contemporain, à l’heure de l’imagerie parfaite qu’exigent la publicité, la mode, et nos technologies les plus modernes. Dans la recherche de perfection, les images frôlent alors parfois le kitsch des tableaux de Pierre et Gilles.

2002 sera l’irruption dans l’univers de Bettina Rheims de la ville de Shanghai "entre tradition et poursuite effrénée à la modernité", une Chine à la fois officielle, terreau et partie prenante de si nombreuses avant-gardes. 6 mois de vie dans cette ville pour réaliser avec Serge Bramly la série "Shanghai".

Puis viendront Héroïnes (2005), un peu XIXe, aux fonds d’images très travaillés, les modèles drapées dans "des débris de vêtements de haute couture", et Rose, c’est Paris (2010).

Bettina Rheims, femme et photographe française de renommée internationale dont les œuvres ont souvent été exposées dans le monde et publiées en Allemagne, a également effectué des travaux de commande dans le monde des grandes marques de la mode (Chanel, Lancôme, Well), et dans celui de la publicité.

© Bettina Rheims

Elle a réalisé un grand nombre de portraits de femmes célèbres, souvent pour des magazines internationaux (Monica Bellucci, Barbara, Madonna, Catherine Deneuve, Charlotte Rampling, Carole Bouquet, Marianne Faithfull, Claudia Schiffer, Asia Argento, Kylie Minogue...) au point que l’on peut se demander les raisons qui ont pu pousser les quelques autres femmes absentes, dont la beauté est mondialement réputée, à ne pas figurer dans ce si prestigieux tableau de chasse.

Elle a remporté en 1994 le grand prix de la photographie de la Ville de Paris.

Rétrospective Bettina Rheims à la MEP

Au gré de votre déambulation, sans que l’ordonnancement ne soit ni thématique ni chronologique, vous suivrez ses variations sensibles centrées sur la féminité dans tous ses états, qu’elle ait été surprise, interrogée, glorifiée, mais toujours en connivence.

Des effets de surprise et des rapprochement pétillants ont été glissés dans le parcours, préparés comme de subtils pièges, ou des coquetteries d’auteur, ce qui n’est pas impossible.

Cette photographe n’a pas toujours eu la vie facile ! Elle fut taxée de traitresse à la cause des femmes et au féminisme sous le prétexte qu’elle avait appris avec Helmut Newton. Elle fut attaquée en justice par le Front national et des catholiques intégristes pour sa ré-interprétation des Évangiles dans I.N.R.I. et pour une femme en croix.

Aujourd’hui, au micro d’Augustin Trapenard, elle constate avec effroi l’effritement progressif depuis les années 1980 des notions de plaisir et de liberté. Mais elle persiste dans le refus absolu de l’autocensure comme dans sa recherche d’équilibriste entre les timidités et les exhibitionnismes suscités de ses modèles, comme si la quête des troubles engendrés lui servait de Graal.

La première salle de l’exposition, en toute civilité, présente cette étrange assemblée que forment les personnages de l’œuvre de Bettina Rheims. Face-à-face grandeur nature avec les premiers tirages, monumentaux et parfois assez intimidants.

© Bettina Rheims

Cela instille chez le visiteur des troubles de tous ordres ou désordres. Codes de la féminité, identité, sexuelle aussi, genre, le regard de l’artiste embrasse les transgressions, transgresse les conventions et découvre des intimités ambivalentes, à la fois génériques et profondes. Où vous situez-vous dans cette galerie de portraits et parmi ces trophées ? Vous êtes-vous enfin retrouvé.e ? Ça viendra très certainement comme le disait Picasso commentant son portrait de Gertrude Stein : "Elle finira par lui ressembler".

Malmener les codes du nu photographique. Rechercher la beauté mais volontiers lui faire céder place face à la féminité. Les modèles de Bettina Rheims, toutes fragiles et dénudées qu’elles soient, nous touchent et nous intimident.

Bien sûr, elle ne pouvait pratiquer l’évitement sur la question du genre (bien que plus difficilement montrable en France qu’en Allemagne, par exemple), qu’elle scrute à sa manière, provocante, impudique mais sensible, dans sa série devenue classique Modern Lovers (1990), ou avec sa plus récente Gender Studies (2011) ou ses Espionnes (1992).

Une de ses secrets de fabrication tient aussi, malgré des préparatifs à la prise de vue en général très longs, méticuleux et élaborés, à savoir se saisir du moment de dérapage, de la chute du voile protecteur, de l’instant magique où le modèle trébuche et donne le plus à voir sa force et ses fêlures.

La mise à nu des corps est le principe incontournable, forcément initial, mais aussi celle des sentiments qu’éprouvent ces êtres révélés dans un entre-deux par nature équivoque. Cette attraction si particulière, ce jeu perméable des contraires, transparaissent aussi dans la série Shanghai (2002). Surprenant des situations inattendues, Bettina Rheims montre des femmes chinoises schizophréniquement écartelées entre leur culture et une idée diablement fantasmée de la modernité.

L’artiste a su faire entrer sa galerie de portraits si personnels dans notre imaginaire. Anonymes (détenues, prostituées de Pigalle), ou femmes célèbres (dont Kristin Scott Thomas, Monica Bellucci, Charlotte Rampling, Sophie Marceau, Madonna, Claudia Schiffer) sont captées ou capturées avec bienveillance, stars des années 2000 comme la soixantaine de détenues de quatre prisons françaises, sa toute dernière série, qu’elle réalise de septembre à novembre 2014. Quelle image de soi a une femme quand elle est trop regardée ? Et quand elle ne l’est plus du tout ?

Bettina Rheims, faiseuse d’images, respectueuse d’une longue et classique tradition picturale, travaille à l’évidence, avec une exigence rare, la composition et la narration figurative de ces photographies, qu’il s’agisse du Christ dans la série I.N.R.I. (2000) ou de ces Héroïnes (2005), "mystérieuses allégories de la mélancolie, série qui marque, pour elle, un retour à la tradition de la chambre photographique".

L’exposition est coproduite avec le Fotografiska de Stockholm, ou elle sera montrée dans quelques mois.

Bettina Rheims, du 28 janvier au 27 mars 2016, à la Maison européenne de la photographie, 5 / 7 rue de Fourcy 75004 Paris, 01 44 78 75 00, www.mep-fr.org, Métro Pont Marie ou Saint-Paul. Ouvert du mercredi au dimanche de 11 à 20h. Fermé lundi, mardi, et jours fériés. 8 ou 4,5€. Entrée gratuite le mercredi de 17 à 20h.

Et, à la MEP, du 3 février au 27 mars, voir aussi les expositions : Renaud Monfourny (Sui Generis) ; Tony Hage (Pris sur le vif) ; Lendemain Chagrin (4 photographes).


***

Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : Paris Expos Hebdo : Nouveautés, Conseils, Derniers Jours.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Celui de cette exposition fait partie de la sélection CatalPa 2016.

Vous pouvez consulter quelques dizaines de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, MEP, Wikipédia, Augustin Trapenard, Bettina Rheims

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