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Contre Romeo Castelucci et le CentQuatre, les extrémistes catholiques ripostent

Dernière mise à jour : samedi 15 décembre 2018, par Morgan

Après que les représentations de la pièce de Romeo Castellucci, Sur Le Concept du visage du fils de Dieu au Théâtre de la Ville aient été perturbées par des groupes de militants catholiques fanatisés (en savoir plus ICI) et dirigés à distance par l’Institut Civitas, l’affrontement devrait continuer du 2 au 6 novembre au CentQuatre (19e), où la pièce sera reprise.

Alors même que le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, avait condamné les actions des ceux qu’il qualifie avec dédain de « groupuscule qui se réclame de l’Église catholique sans aucun mandat », l’Institut Civitas, via son secrétaire général, Alain Escada, continue son combat contre la "christianophobie".

Dans un 19e arrondissement où ils ne seront certainement pas les bienvenus, les manifestants vont donc poursuivre leur action avant les représentations de la pièce de Castellucci, qui doit se frotter les mains devant la publicité gratuite générée. Cette fois-ci, a prévenu Alain Escada, « Civitas a déclaré à la Préfecture une manifestation chaque jour, du 2 au 6 novembre, devant le théâtre Centquatre » afin, dit-il, « que la Mairie de Paris ne puisse plus utiliser l’artifice qui consiste à parler de "manifestation non déclarée" pour organiser l’interpellation massive par les forces de police des jeunes chrétiens qui prient autour du théâtre ».

Par ignorance ou par calcul, le secrétaire général oublie de préciser qu’en cas de jets d’œufs sur les visiteurs, d’utilisation de gaz lacrymogènes ou de détérioration des locaux du centre d’art - les méthodes employées à plusieurs reprises par les militants au Théâtre de la Ville - les manifestants seront tout de même susceptibles d’être arrêtés par les forces de l’ordre. Alain Escada, par contre, et le conseiller de l’institut, l’abbé Xavier Beauvais, resteront intouchables.

L’affaire se complique

Là où l’affaire se complique, c’est lorsqu’on s’aperçoit que le gardiennage du CentQuatre a été confié il y a dix-huit mois à la société de sécurité Vendôme, dirigée par Axel Loustau, ancien membre du GUD, un groupe d’étudiants d’extrême-droite créé à l’université Paris ASSAS, et dont certains membres auraient pris part aux manifestations devant le Théâtre de la Ville... D’après Le Monde, la Ville de Paris, légèrement inquiète des tensions que la situation pourrait créer, serait sur le point de conseiller au centre d’art d’exiger à Vendôme certaines garanties sur le professionnalisme des membres de son groupe de maintien de l’ordre.

Pendant ce temps, l’Institut Civitas s’organise. Sur son site web, il avait annoncé la semaine passée avoir mis en place une assistance juridique gratuite afin de venir en aide aux manifestants arrêtés. L"aide" en question s’appelle Maitre François Souchon, avocat au barreau de Chartres. Il a publié sur le site un long communiqué dans lequel il explique dans un langage très fleuri les difficultés de sa tâche.

« En résumé, pour avoir simplement sifflé ou prié dans un théâtre exposant des excréments sur le visage de leur Père, dans une mise en scène payée avec leurs impôts en période de crise, ces catholiques ont été arrêtés, maintenus en garde à vue durant 48 h, menottés, condamnés sans jugement, traités comme des chiens, des trafiquants de drogue ou des terroristes, privés de leur droit à une défense, isolés de leur avocat et placés sous contrôle judiciaire ». Avec un avocat qui nie ou minimise les faits les plus grave - alors que des photographies appuient ces faits - et invoque dans une même phrase la foi religieuse et la crise économique comme justification d’une tentative d’atteinte à la liberté d’expression, il est certain que l’"aide" de Maitre Souchon risque de faire plus de mal que de bien à ses clients.

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