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Delanoë présente en avant-première « la place de la République du XXIe siècle »

Celle que vous verrez et vivrez à partir du printemps 2013. Le maire de Paris était notamment accompagné des maires des arrondissements qui jouxtent la place, les IIIe, Xe et XIe.

La place, redessinée en 1865 par Gabriel Davioud, baptisée ainsi à l’occasion du centenaire de la Révolution, et dotée de son monument à la République le 14 juillet 1884, n’a guère évolué depuis. Elle se serait même plutôt dégradée, envahie de voitures, dévorée d’un désordre circulatoire et urbain flagrant. Il ne vous viendrait pas à l‘idée, je crois, d’y donner aujourd’hui rendez-vous. Sauf éventuellement pour une petite promenade syndicale…

Cette place, qui est l’une des plus importantes de Paris avec ses presque 4 hectares (37 000m2 !), cette place sur laquelle on pourrait tendrement coucher la Tour Eiffel, va bientôt devenir l’un des joyaux de la deuxième mandature de Bertrand Delanoë, un projet phare, et un lieu de « plaisirs de ville ».

Un concours international a été lancé pour son réaménagement en décembre 2008. Sur 72, 5 équipes furent dans un premier temps retenues, dont celles d’Alexandre Chemetov, de Bruno Fortier, de l’Espagnol Josep Lluis Mateo, de la paysagiste Catherine Mosbasch, et des heureux élus : les architectes lauréats, associés à la paysagiste américaine Martha Schwartz, Pierre-Alain Trevelo et Antoine Viger-Kohler (agence TVK) qui participèrent activement à cette présentation.

Le choix a été fait à l’aveugle, les différents projets ne portant pas les noms des compétiteurs, après 4 heures de délibérations, par un jury, conquis à l’unanimité. Ce choix fut soumis au maire, qui l’a entériné. Nous vous le soumettons à notre tour.

Le projet de l’agence TVK, pour métamorphoser la place, crée un espace public piéton le plus grand possible. Les deux tiers Nord de ce grand rectangle sont offerts aux piétons par une très vaste esplanade qui met en valeur (en majesté ?) la statue centrale de Marianne, les côtés Est, Sud et Ouest étant léchés par une circulation à double sens.

Cette place réaménagée, transformée, sera enrichie de grands espaces arborés (+ de 30% d’arbres ajoutés, d’essences diversifiées) qui accueilleront des kiosques, des manèges et des terrasses. Les distributions solidaires de repas seront maintenues sur place avec une amélioration de la qualité d’accueil pour les plus démunis. Des manifestations ponctuelles, qu’elles soient festives ou qu’elles soient revendicatives, comme le veut la tradition parisienne populaire, y trouveront un cadre modulable plus adapté.

Le grand côté Sud, qui hérite de la circulation, et qui s’en inquiète un peu, en sera davantage protégé (il est dit dans le projet « apaisé ») qu’il ne l’est aujourd’hui, par l’élargissement de ses trottoirs qui passeront de 8 à plus de 15m. Une deuxième rangée d’arbres a été évoquée. La réflexion se poursuit.

Le parvis pourra accueillir un marché, plusieurs jours par semaine. Des bancs s’intégreront dans les volées de marches. L’éclairage sera entièrement rénové, aussi bien pour la place que pour la statue qui bénéficiera d’un « éclairage liquide » émanant d’un bassin. Durant l’exposé, la statue fut appelée monument, certainement pour amplifier l’aspect voulu majestueux de la nouvelle esplanade.

Évidemment, dans ce projet fantastique et un peu « Alice au pays des merveilles », vélos, intermodalité, handicapés et piétons seront tout particulièrement bien soignés, comme le souligna Pierre Aidenbaum, le maire du IIIe arrondissement. Patrick Bloche, maire du XIe, ne céda en rien au lyrisme ambiant, en déclarant que cette place du XXIe siècle trouverait ainsi très facilement une nouvelle fonction, en devenant facilement « un lieu où s’aimer ».

La rue du Faubourg du Temple menant vers le canal sera également piétonne, prolongeant ainsi l’esplanade, et les grands boulevards, du Temple comme Saint-Martin, seront tous deux à double sens.

Bertrand Delanoë souligna dans son introduction que notamment la qualité de la rénovation des bâtiments dans le Sud du IIIe avait certainement été l’une des motivations de l’exigence qui avait présidé au choix d’un tel projet. Souhaitons maintenant que les environs de la place connaissent un sort comparable, dont le Nord du IIIe, que certains trouvent jusqu’à présent un peu délaissé. Qui a-t-il de prévu par exemple, dans un tel bouleversement, pour la rue Turbigo, déjà en général embouteillée ? Pour le carrefour Arts-et-Métiers où se croisent les terrifiantes rues Réaumur, Beaubourg et Turbigo, et qui devait être réaménagé ?

Et comment seront gérés les travaux simultanés du Carreau du Temple et de la place de la République (automne 2011 au printemps 2013) ?

Une présentation publique de ce projet d’un coût total de 17,5M€ (12 de travaux et le solde en études) sera faite en mai.

André Balbo

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