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DERNIERS JOURS de l’exposition Kiefer à Pompidou

Dernière mise à jour : samedi 26 novembre 2016, par Expositions

Exposition au Centre Pompidou du 16 décembre 2015 au 18 avril 2016 sur l’œuvre de Kiefer de la fin des années 1960 à aujourd’hui, et à la BnF... c’était du 20 octobre 2015 au 7 février 2016 sur l’alchimie du Livre.

Sommaire : Anselm Kiefer, présentation de l’artiste - Exposition à la BNF - Exposition au Centre Pompidou

Cette rétrospective de l’œuvre de l’artiste plasticien Anselm Kiefer, considéré comme l’un des principaux artistes allemands de la seconde moitié du XXe siècle, est la 1ère en France depuis une trentaine d’années.

Elle couvre, avec ses salles thématisées, l’ensemble de sa carrière, de la fin des années 1960 à aujourd’hui.

Sensiblement aux mêmes dates, la BnF, site Mitterrand, présente une exposition sur l’importante place qu’il accorda au livre dans son œuvre.

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Présentation de l’artiste

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

Anselm Kiefer est né en Allemagne en 1945, à Donaueschingen, sur le plateau de Baar, où la Brigach et le Breg donnent naissance au Danube. Il exerce aujourd’hui une grande influence sur la scène artistique européenne.

Après des études de droit et de linguistique, il choisit de suivre l’enseignement de l’art dans les académies de Fribourg-en-Brisgau, Karlsruhe et, de 1970 à 1972, avec Joseph Beuys, à l’Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf.

En 1969, Anselm Kiefer se fait remarquer dans le milieu artistique en se photographiant dans de grandes villes d’Europe faisant le salut nazi, dans le costume que portait son père, officier de la Wehrmacht.

Resurrexit, 1973. Huile, acrylique et fusain sur toile de jute. Sanders Collection, Amsterdam

Quand l’atelier tout de bois (forêt, Allemagne...), installé au-dessus d’une école, peut paraître une solution, une autre voie...

Il nomme ces performances "Occupations", cherchant de cette manière à marquer les consciences.

Ainsi veut-il affirmer avec force que le nazisme n’est pas mort mais qu’il demeure occulté. Lutter contre l’oubli et le refoulement du souvenir...

Anselm Kiefer participe avec Georg Baselitz, Gerhard Richter, Sigmar Polke et Jörg Immendorff au renouveau de la peinture allemande des années 1970, qui émerge dans un contexte international marqué par le néo-expressionnisme. Très vite, son œuvre apparaît comme singulier, par l’obsession que développe l’artiste à traiter de l’Histoire et des mythes propres à la culture Nord-européenne.

Il vit et travaille en France depuis 1993 dans le Gard, puis depuis 2007 à... Croissy-Beaubourg.

L’œuvre d’Anselm Kiefer invite le visiteur, avec une singulière intensité, à découvrir les univers denses et variés, de la poésie de Paul Celan, Ingeborg Bachmann, Velimir Khlebnikov ou Jean Genet (auteurs qui dressent le langage contre l’oubli et la barbarie) à la philosophie d’Heidegger, aux traités d’alchimie, aux sciences, à l’ésotérisme, à la pensée hébraïque du talmud et de la kabbale.

En plus des références à l’Histoire récente de l’Allemagne dont il émaille ses œuvres, l’artiste puise également aux mythologies nordiques (Walkyries, épée de Siegfried, Parsifal) « et à une mentalité "romantique" sensible aux catastrophes, à la violence, et à une nature exaltante ou hostile » (Gérard Durozoi).

Représentant l’Allemagne à la Biennale de Venise en 1980, avec Georg Baselitz, Anselm Kiefer y fut accusé de chercher à réveiller les démons d’un sinistre passé, quand il n’était pas suspecté de travers nationalistes.

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La rétrospective au Centre Pompidou

Étonnante rétrospective d’une œuvre colossale où les visiteurs chuchotent comme dans une cathédrale.

Est-ce seule cette violente prise au collet de l’effarante amnésie allemande qui occultait dans les années 1970 ses années brunes et leurs conséquences ? Ou aussi les très grands formats d’œuvres aux paysages désolés et ruinés habités de si peu d’humain ? Une forme de recueillement et d’intense rumination de l’histoire semble s’emparer de chacun... ou de beaucoup.

L’exposition rassemble sur les 2 000m2 de la Galerie 1 quelque 150 créations d’Anselm Kiefer, dont une soixantaine de peintures comptant parmi ses chefs-d’œuvre incontournables, des installations dont l’une, monumentale, et à ne pas rater, dans le forum au rez-de-chaussée, des travaux graphiques sur papier, ainsi que quelques livres d’artiste. Il en réalisa plus d’une centaine entre 1968 et 2015. Ils sont peu nombreux ici et davantage présentés à la BnF.

En plus des peintures historiques et emblématiques (Quaternität (1973), Varus (1976), Margarete (1981), Sulamith (1983), 40 "vitrines" ont été réalisées spécifiquement pour la manifestation sur les thèmes de l’alchimie et de la kabbale.

Sous verre, ces environnements mettent en jeu l’univers disloqué d’un âge industriel révolu : machines devenues désuètes (dont une formidable machine à écrire à demi-ensevelie sous le sable du temps qui passe), morceaux de ferrailles rouillées, plantes qui furent prometteuses, photographies, bandes et objets de plomb, symbole d’une alchimie inversée, et fréquent serpent ondoyant et épais, tel une signature.

Loin des cabinets de curiosités, c’est le mystère de leur présence que l’artiste met en exergue, l’émission d’une lumière de mystère...

Une des variantes de la sentence d’Adorno aura pu être inscrite au fronton de l’entrée de cet événement : "Toute poésie (ou peinture) depuis Auschwitz est barbare".

Anselm Kiefer, 2014 © Charles Duprat

Ainsi verra-t-on flotter dans certains tableaux entre ciel et terre le symbole de la palette (outil que Kiefer n’utilise d’ailleurs pas), portée par les ailes d’un ange, ou deux minces fils déjà en flammes. Équilibre fragile de la création et emprunt fait à l’art classique.

Des objets à la résonance plus intime, un peu d’érotisme aussi soulignant l’influence des aquarelles trempées de Rodin, des peintures de très grands formats, et des œuvres sur papier, voisinent avec d’impressionnantes installations, les "maisons", aux formes sobres et sombres de "pavillons".

Au forum du Centre, de plein pied, le visiteur retrouve d’ailleurs l’une d’entre elles, réalisée à Barjac (Gard), où Anselm Kiefer vécut et travailla, de 1993 à 2007, au milieu d’une friche industrielle transformée de 35 hectares.

Cette "maison tour", à l’intérieur saturnien, est accessible au public, avec les matières de prédilection de l’artiste (plomb, eau, et métal), et des milliers de photographies qu’il prit au cours de sa carrière, véritable banque de données biographique, où une fois encore peu de vivant figure. Cette base alimente la réflexion de l’artiste sur le temps et la mémoire, deux des thèmes placés au cœur de son œuvre.


Margarete,1981 ; Oil and straw on canvas, 280 x 380 cm (110 x 149 5/8) ; Saatchi Collection, London

Souvent dans ses tableaux, un chemin central se dégage et pourrait mener vers un horizon rêvé ou fantastique, où parfois phrases ou vers de comptines sont posés, manuscrits.

Comme chez Chagall, les unités d’un langage personnel sont multiples, mais ici leurs interprétations le sont également. Mondes complexes et significations plurielles et paradoxales. Que représente le serpent ? Le mal absolu, la tentation, l’ange, la menace, la sagesse, la renaissance ?

Et la forêt ? La préhistoire, le foisonnement et les maléfices des contes germaniques ? La sauvagerie qui sourd et enferme ? La nature qui sauve et protège ? La patrie, ses mystères et ses démons ?

Et les ruines ? Et la paille ? Et l’artiste gisant ou renaissant ? Et les séraphins...

Innenraum (Intérieur), 1981. Huile, acrylique, émulsion, paille et shellac sur toile avec gravure sur bois. Collection Stedelijk Museum, Amsterdam.

Support de cette ruine qui n’existe même plus mais laisse deviner le luxe d’une grandeur effondrée et disparue ; le tableau est lui-même en démolition, en décomposition avancée et porteur de ses propres blessures.

Les paysages urbains contemporains en déréliction où s’enchevêtrent blocs de béton et ferrailles tordues ont fait fonction de catharsis d’un trauma originel lié à sa naissance en mars 1945, et engendré la mise en œuvre d’une esthétique de la ruine. S’il existe une tradition d’un art de la ruine depuis la Renaissance, avec Joachim du Bellay puis Hubert Robert, Diderot et les romantiques, chez Anselm Kiefer, elle est à l’œuvre, elle en constitue le présent.

Les bombardements alliés éliminèrent radicalement les ruines des monuments dont le nazisme se glorifiait. Mais leur absence ne facilita-t-elle pas la si coupable amnésie ?

Pour l’artiste, la matière porte en elle son propre esprit, et sa mémoire. Aux matériaux habituels de la peinture, il adjoint de la glaise, du plâtre, des végétaux (tournesols, fougères), de la paille, de la cendre, des métaux comme le fer et surtout le plomb, qu’il utilise depuis le milieu des années 1970.

Ce métal possède pour l’artiste des qualités électives : qualités physiques de la malléabilité, de la densité extrême, de l’imperméabilité aux rayonnements électromagnétiques. Ce matériau de base des alchimistes dans leur processus de transmutation, est selon Anselm Kiefer, capable de produire une étincelle de lumière, « une étincelle qui semble appartenir à un autre monde, un monde qui nous est inaccessible ». Mais sa lourdeur empêche aussi toute élévation, toute spiritualité. Décidément, rien ne sera jamais simple.

Aujourd’hui, Anselm Kiefer dispose d’un atelier logistique de 35 000m2, à Croissy-Beaubourg.

Une rétrospective d’un très grand intérêt, à voir et revoir.


Le langage des fleurs et des choses muettes, 1995-2015. Acrylique, émulsion, huile Shellac et argile sur toile. Collection particulière

Anselm Kiefer, du 16 décembre 2015 au 18 avril 2016, Centre Pompidou 75191 Paris cedex 04. 01 44 78 12 33. Métro Hôtel de Ville, Rambuteau. Ouverte de 11 à 21h, tous les jours, sauf le mardi, 14 ou 11€. Valable le jour même pour le musée national d’art moderne et l’ensemble des expositions. Accès gratuit pour les adhérents du Centre Pompidou (porteurs du laissez-passer annuel).

Lire aussi : Toutes les expositions 2016 au Centre Pompidou.

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Anselm Kiefer, l’alchimie du livre, à la BnF, site François Mitterrand

Du 20 octobre 2015 au 14 février 2016. Ce fut la première grande exposition consacrée à la place du livre dans l’œuvre d’Anselm Kiefer. Son atelier, et sa bibliothèque, dans la propre scénographie de l’artiste.

Dès ses débuts d’artiste, Anselm Kiefer pose le questionnement des possibilités de créer après la Shoah, avec ses parodies photographiées de salut hitlérien en Europe. Il poursuivra cette démarche tout au long de son œuvre, interrogeant son identité d’Allemand, son histoire, l’Histoire, ses racines, et sa culture, dans un incessant tant sur sa mémoire personnelle que sur notre mémoire collective.

Le domaine de cette mémoire collective deviendra progressivement universelle, englobant au-delà de l’Histoire, les mythes germaniques, grecs, assyriens, la religion, les femmes, mais aussi le cosmos, la mystique juive et la Kabbale.

Son œuvre est enrichie de ses lectures : Ingeborg Bachmann, Paul Celan, Céline, Paul Valéry, Velimir Khlebnikov, Ossip Mandelstam, Robert Fludd...

Bruno Racine, président de la BnF, raconte que : "Au moment même où il réfléchissait à sa grande rétrospective au Centre Pompidou, Anselm Kiefer nous a confié son désir de mettre en valeur séparément l’aspect le plus personnel et le moins exposé de son œuvre. J’ai immédiatement répondu à ce vœu, en lui donnant carte blanche pour présenter ses livres à la BnF".

Dans une mise en espace inédite qu’il avait lui-même signée, l’artiste allemand dévoilait plus d’une centaine de livres réalisés entre 1968 et 2015, ce qui représente peut-être le cœur de son processus créatif et 60% de son travail, associés à une dizaine de sculptures et de tableaux récents.

Anselm Kiefer, Shevirat Ha-Kelim (Le bris des vases), 2011 © Anselm Kiefer, Photo Avraham Hay

Il est vrai que la célébrité mondiale acquise par Anselm Kiefer est essentiellement due à ses tableaux et à ses sculptures alors que ses livres, qui fondent l’œuvre, n’ont, paradoxalement, jamais fait l’objet d’une exposition en France.

Chacun d’entre eux est une œuvre unique. Ses formats et sa présentation évoluent au cours du temps. Pouvant atteindre de grandes dimensions, ils intègrent dans leurs pages divers matériaux, tels que l’argile, le sable, la cendre, les cheveux, les plantes, la paille, des photos... et bien sûr, le plomb, medium privilégié de l’artiste, d’abord utilisé sous forme de feuilles ou de fragments, avant de devenir, vers la fin des années 1980, les livres eux-mêmes, pesant alors entre 70 et 200kg. Alchimie ? Pour l’artiste, outre sa plasticité, le plomb se caractérise par sa puissance poétique et spirituelle.

Pour le visiteur, Kiefer avait recréé son atelier et sa bibliothèque, c’est à dire son univers le plus quotidien et le plus intime.

L’exposition présentait deux cabinets de lecture, ses premiers livres conceptuels utilisant la photographie, medium également privilégié de Anselm Kiefer, depuis 1968. S’appuyant sur une centaine de pièces, elle établissait une exploration rétrospective des différents thèmes traités par l’artiste en une quarantaine d’années : écrivains, cosmogonies (The Secret life of plants), grands mythes antiques (Gilgamesh et Enkidu) ; mais aussi des livres de sable, des livres brûlés, des livres de plomb et les livres, plus récents, d’aquarelles érotiques, réalisées sur des pages enduites de plâtre.

Une bibliothèque, Shevirat Ha-Kelim (Le Bris des vases, illustration), était également exposée. Composée d’une trentaine de volumes de plomb et de verre brisé, elle évoque le mythe kabbalistique de la Création divine selon Isaac Louria.

Cette exposition révélait le cheminement de la pensée d’Anselm Kiefer, ses passages d’un medium à l’autre, et les manières dont les références littéraires, philosophiques et historiques irriguent son art.

Le commissariat de l’exposition était assuré par Marie Minssieux-Chamonard, conservateur, Réserve des livres rares, BnF.

Anselm Kiefer, l’alchimie du livre, du 20 octobre 2015 au 7 février 2016, à la BnF François Mitterrand, Quai François-Mauriac, Paris XIIIe.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : Paris Expos Hebdo : Nouveautés, Conseils, Derniers Jours.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Le catalogue Anselm Kiefer du Centre Pompidou est dans la sélection 2016 pour le Prix CatalPa.

Vous pouvez consulter quelques dizaines de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, Centre Pompidou Paris, Wikipédia, Gérard Duruzoi