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DERNIERS JOURS de l’exposition Guerres secrètes

Dernière mise à jour : lundi 20 mars 2017, par André Balbo

Du 12 octobre 2016 au 29 janvier 2017, au musée de l’Armée, Hôtel des Invalides

Pour la première fois les guerres secrètes à travers leurs enjeux, leurs mécanismes, leurs moyens ainsi que les hommes et les femmes qui en sont les acteurs.

Dès l’entrée, la mise en condition commence avec des murs transformant les sons...

Évidemment les exemples donnés ne sont pas, vous vous en doutez, de première fraîcheur. Vous y verrez Lawrence d’Arabie, qui s’illustra dans la révolte que menèrent les Arabes contre l’Empire ottoman, Bob Desnard et les sinistres Violette Morris ou Béria (l’exposition se veut technique, pas morale), mais aussi un peu de fiction avec les grands humoristes que sont OSS 117 et James Bond. Séducteurs, va !

Ne dit-on pas que "le renseignement n’est pas une fin en soi, mais un instrument de la décision politique".

L’occasion de découvrir les écarts qui existent entre réalité et fiction (aussi bien de romans que de films), par les récits des grandes heures de l’espionnage et du contre-espionnage, ceux des actions clandestines et subversives, des opérations d’intoxication et de propagande, que l’on soit en temps de guerre ou en temps de paix.

Quand émergent des conflits armés d’un nouveau type, l’événement montre en quoi les guerres secrètes demeurent un des modes d’action des États contemporains, tant du point de vue politique et diplomatique que militaire.

Affiche de l’exposition © Téra-création

La période étudiée s’ouvre avec le Second Empire, au cours duquel se mettent en place les premières institutions de renseignement. En France, c’est la défaite contre les Prussiens en 1870, l’Angleterre se mobilise aussi. Les Américains prendront ce train avec un peu de retard, mais l’on a pu constater récemment à quel point ils étaient là aussi devenus nos maîtres... Et le sujet de l’exposition se termine à la désagrégation de l’Union soviétique en 1991.

Vous remarquerez que rien de récent ne filtre...

Pourtant quelques-uns de nos anciens éminents premiers ministres ou ministre en charge de ces affaires s’expriment dans de brefs entretiens que vous pourrez entendre : Rocard (quelques jours avant son décès), Balladur, Raffarin, Joxe), comme de grands organisateurs dont le préfet Rémy Pautrat ou le général Jean Heinrich, qui dirigea le service action.

La Seconde Guerre mondiale, tout comme la guerre froide, tiennent ici une place essentielle. Si la France en constitue le fil directeur, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, les États-Unis et l’Union soviétique sont également représentés.

Univers souvent fantasmé, le monde secret du renseignement et des actions clandestines est connu du grand public par la fiction. Au point que l’exposition n’a pas pu s’empêcher de partir des images et des clichés qui peuplent nos imaginaires pour permettre de mieux comprendre ce moyen d’agir essentiel des États contemporains. Cela ne devrait gommer en rien la dimension tragique de l’affaire. Parmi ces agents exposés enfin aux regards de tous figurent de grands destins d’une totale cruauté... 2 pilules de cyanure sont là pour en attester, comme un argumentaire "chrétien" qui parle d’une forme de don qui autorise de façon exceptionnelle à transgresser l’interdit du suicide.

Sans lever le voile sur de grandes affaires d’espionnage, le parcours propose malgré tout quelques clés de lecture permettant de démêler le vrai(semblable) du faux par le truchement d’archives audiovisuelles et d’extraits de films de fiction. Il permet d’appréhender les complexités du renseignement et de l’action clandestine.

Un premier temps traite du contexte, des objectifs, des hommes et des moyens des guerres secrètes, ainsi que de leur mise en œuvre, de leurs formes et de leurs mécanismes.

Passeport d’un agent tchécoslovaque opérant sous identité fictive en se faisant passer pour une religieuse © DGSI

Cette première partie rappelle la création des services secrets, leur organisation et leur évolution, le métier et les moyens de l’agent.

Conçue entre un "mode d’emploi" et un "l’espionnage pour les nuls", elle présente le contexte et la conception des guerres secrètes, véritables instruments intermédiaires entre les guerres ouvertes et l’action diplomatique que peuvent mener les États.

Vous apprendrez ici les rudiments du recrutement, de la création de la "légende" qui est cette fausse biographie dont l’agent sera "habillé" avant l’action. Le "désilhouettage", sa transformation profonde qui peut aller, si besoin est (par exemple si l’agent peut être reconnu sur le lieu de sa prochaine mission) jusqu’à l’usage de la chirurgie esthétique.

L’organisation et l’évolution des services secrets français mais aussi britanniques, américains et soviétiques, sont exposées par l’évocation de responsables et de lieux emblématiques du renseignement tels les bureaux de la CIA à Washington puis à Langley en Virginie ; du SOE à Baker Street, rue des détectives privés à Londres ; du MI6 dans le quartier de Vauxhall sur les bords de la Tamise...

Welrod MK II A, n° de série 4366, calibre 7,65 © Paris - Musée de l’Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Emilie Cambier

Elle propose par ailleurs une typologie des agents, détaillant leur recrutement, leur formation et les moyens mis à leur disposition pour mener à bien leurs missions.

Tout un arsenal est à la vue de tous, armes blanches et kit de strangulation, discrètes armes de poing, nécessaire à crocheter toute serrure, à mourir en cas de besoin, voire matraque à torturer.

Contrairement à l’image qu’en donne la fiction, les agents ne cumulent pas de nombreuses fonctions, mais ont chacun leur spécialité propre.

Une seconde partie ouvre sur l’action en présentant la diversité des opérations confidentielles, secrètes et clandestines, en expliquant les deux grandes fonctions assignées aux services secrets, que sont le renseignement et le contre-espionnage d’une part, les opérations spéciales, la désinformation et la déstabilisation d’autre part.

Les opérations clandestines et subversives consistent à « voir l’invisible », à être invisible, à surprendre l’adversaire sans se faire surprendre, à agir dans l’ombre, grâce à des moyens humains ou techniques : renseignement, contre-espionnage, sabotage, attentats, opérations d’élimination, enlèvements, désinformation et propagande.

Ces actions, par nature illégales à l’étranger, s’inscrivent dans un cadre de contrôle spécifique, non parfois sans éventuelles tensions entre le donneur d’ordre gouvernemental et les services chargés de leur exécution.

La fin du parcours s’attache à rappeler certaines opérations qui ont été dévoilées au grand jour par les médias. Constituant le plus souvent un signe d’échec, cette irruption dans la sphère publique des affaires et parfois de leurs acteurs peut en outre occasionner des dégâts collatéraux.

Rasoir au manche évidé permettant de cacher un message, ayant appartenu au lieutenant Raymond Moquet, alias Dumont, dans le cadre de la mission "Daru" (Seconde Guerre mondiale) © D. Soulier Collection Sussex - MM Park

Pour la première fois sont rassemblés quelque 380 objets et documents d’archives, pour la plupart inédits, prêtés par de grandes institutions nationales et privées françaises, britanniques et allemandes, en particulier la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), le Combined Military Museum en Angleterre (Maldon, Essex), le MM Park (La Wantzenau) dont l’ouverture au public est prévue pour fin 2016, le service historique de la Défense (Vincennes), mais également la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), les Archives nationales (Pierrefitte/Seine), le Mémorial de Caen, la British Library (Londres), le National Archives (Kew), le Museum inder « Runden Ecke » (Leipzig), l’Alliertenmuseum (Berlin). De nombreux objets proviennent également de collections particulières remarquables.

Belle confrontation entre le réel et la fiction que ce discret kayak MKII "Cachalot" des marines William Ellery et Eric Fischer, seul subsistant de l’opération Frankton (1942) dont peu d’agents revinrent, devant cette réplique clinquante de l’Aston Martin DB5 échelle 1/3, utilisée par Sean Connery incarnant James Bond dans le film Goldfinger.

Pour la fiction, EON Productions (Londres), producteur historique de James Bond, le musée Gaumont (Neuilly/Seine), producteur des OSS 117 de Michel Hazanavicius et Mandarin Productions, producteur de la série Au Service de la France, ont accepté, à titre exceptionnel, de prêter des objets de leurs collections.

Guerres secrètes, du 12 octobre 2016 au 29 janvier 2017, au musée de l’Armée, Hôtel des Invalides, 129 rue de Grenelle, 75007 Paris. Ouvert tous les jours sauf le 25 décembre et le 1er janvier, de 10 à 18h (jusqu’au 31 octobre) et de 10 à 17h (à compter du 1er novembre). 8,50€ visite de l’exposition, 12€ visite de l’exposition et des collections permanentes. Gratuit pour les moins de 18 ans. Visites guidées, animations jeune public, cycle cinéma, concerts, conférences... musee-armee.fr. 0 810 11 33 99.


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Vous retrouvez comme chaque année dans PARIS 2017. LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans Le CALENDRIER 2017 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2017-2018 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musées d’Orsay et de l’Orangerie, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, au musée Galliera, et au Petit Palais.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : PARIS EXPOS HEBDO. Nouveautés / Conseils / Derniers Jours.

Vous pouvez consulter plus d’une centaine de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2017 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2016, 2015, 2014, 2013, 2012.

Le catalogue de cette exposition fait partie de notre sélection 2016 des catalogues d’expositions de Paris.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions 2017 dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Aix-en-Provence - Albi - Les Alpilles - Angers, - Angoulême - Antibes - Arles - Aubagne - Avignon : Saintes-Maries-de-la-Mer, L’Isle-sur-la-Sorgue - Biot, - Blois - Bordeaux : Biarritz, Bègles, Libourne - Bourg-en-Bresse - Cagnes-sur-Mer, - Cannes, - Carcassonne - Dijon - Grasse- Grenoble - Hyères - Ile-de-France : Auvers/Oise, Boulogne-Billancourt, Bussy-Saint-Martin, Chamarande, Chantilly, Châtenay-Malabry, Compiègne, Écouen, Fontainebleau, Giverny, L’Isle-Adam, Jouy-en-Josas, Malmaison, Marne-la-Vallée, Meudon, Milly-la-Forêt, Noisiel, Pantin, Pierrefitte/Seine, Poissy, Pontoise, Royaumont, Rueil-Malmaison, Saint-Cloud, Saint-Denis, Saint-Germain-en-Laye, Saint-Ouen-l’Aumône, Sceaux, Sèvres, Versailles, Vitry/Seine, Yerres - Le Cannet - Le Havre - Lens - Le Rayol - Le Canadel/Mer - Les Sables-d’Olonne - Lille : Villeneuve d’Ascq, Roubaix, Tourcoing, Croix, Graveline, Cassel, Valenciennes - Lyon - Marseille - Martigues - Metz - Monaco, - Montauban - Montpellier : Lodève, Sète, Nîmes, Sérignan, Narbonne - Mougins, - Nantes - Nice - Ornans - Rennes : Landernau, Quimper - Rodez - Rouen - Saint-Étienne - Saint-Nazaire- Saint-Paul-de-Vence, - Saint-Tropez - Strasbourg - Toulon - Toulouse - Tours - Valence - Vallauris - Vence - Vendôme - Villeurbanne

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam : Harlem, Rotterdam, La-Haye, Bois-le-Duc Berlin Bâle Bruxelles Genève Londres Madrid Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, musée de l’Armée

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