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DERNIERS JOURS de l’exposition Jardins, au Grand Palais

vendredi 14 juillet 2017, par André Balbo

Du 15 mars au 24 juillet 2017 au Grand Palais, Galeries nationales, accès par le square Jean Perrin.

Pour Cicéron, disposer d’un jardin et d’une bibliothèque pouvait suffire au bonheur de quiconque, ou du moins permettre à cette personne de jouir de tout le nécessaire.

Michel Foucault n’était pas très éloigné d’une telle idée quand il écrivait : « Le jardin, c’est la plus petite parcelle du monde et puis c’est la totalité du monde. »

Cette exposition aborde courageusement l’un des sujets de prédilection des Français, comme de bien d’autres peuples. Elle rassemble une foule d’angles qui nous dirigent vers ces instants de contemplation, de bonheur, de travail, de patience... et de constance.

Girolamo Pini, Italie, XVIe-XVIIe siècles, Étude de botanique, 1615, Huile sur toile, Paris, musée des Arts décoratifs

Quelques traits d’humour, de-ci de-là, comme ce tableau de Bertrand Lavier, Rouge Géranium, par Duco & Valentine, 1989 (Paris, collection particulière), qui met très clairement en exergue les différences d’interprétation de deux industriels sur ce qu’est cette couleur attaché à une plante...

De même, pour chacun d’entre nous ce que peut revêtir le mot "jardin" est et restera propre à notre histoire individuelle, à nos sensations, et à notre bibliothèque mémorielle, toujours richement dotée d’images.

Des extraits de films nous le rappellent au long du parcours de l’exposition, lancé par l’Arroseur arrosé, la petite farce de Louis Lumière (1895), suivi de Édouard aux mains d’argent, de Burton (1991), du délicieux Meurtre dans un jardin anglais, de Peter Greenaway (1984) et de quelques autres, dont la célèbre chute dans les plants de tomates de Marlon Brando, dans le Parrain.

Un somptueux diaporama d’images de jardins réalisés par de grands paysagistes contemporains, projetés sur deux côtés, mérite une longue station en fin d’exposition.

Émile Claus (1849-1924), Le Vieux Jardinier (détail), 1885, huile sur toile. Liège, musée des beaux-arts / La Boverie

L’entrée offre au visiteur le spectacle d’herbiers de tous âges, récoltes et présentations savantes de graminées et de fleurs, séchées et bien ordonnancées.

Curieusement, une pensée philosophique, et presque un art de vivre, jailliront de deux tableaux classiques à l’extrême : le chef-d’œuvre de grandes dimensions Le Jardinier, de Émile Claus, et Les Étagères, simple et calme image anonyme du XVIIIe siècle...

Le côté pratique et quotidien des travaux de jardinages est résumé dans l’accrochage d’outils beaux comme des bijoux ou des objets rituels de quelque art primitif. Il fut un temps où ils étaient furieusement collectionnés, bichonnés, et même cirés, devenant du même coup objets et traces d’une autre époque dont nous avons la nostalgie.

Nombre d’artistes ont chanté les jardins dans leurs œuvres : Dürer, David, Monet, Cézanne, Picasso, Matisse, Magritte, Wolfang Laib... dont on voit quelques tableaux, gravures et découpages.

Il y a 150 ans que fut publié l’ouvrage fondateur d’Arthur Mangin Les Jardins : histoire et description. 40 ans que s’est tenue l’exposition Jardins, "1760-1820. Pays d’illusion, terre d’expérience", réalisée par la Caisse nationale des monuments historiques et des sites.

Et l’engouement dont les Français font preuve pour leur patrimoine vert ne s’est pas démenti depuis, la France comptant quelque 22 000 parcs et jardins aujourd’hui offrant un intérêt historique, botanique ou paysager, et près de 2 000 d’entre eux sont inscrits ou classés au titre des monuments historiques.

L’exposition "Jardins" tente d’embrasser la grande efflorescence de ce sujet, en abordant à la fois l’histoire de l’art des jardins, de nombreux jardins, et celles des expositions qui traitèrent de ce thème, jusque-là curieusement peu traité par les institutions culturelles.

Claude Monet, Le Déjeuner (détail) vers 1873 Musée d’Orsay, Paris © Photo Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Pourtant, entre musées et jardins, de nombreuses similitudes existent. Ils sont lieux de savoir et de plaisir. Ils se ressemblent aussi parce que nous les inventons. Parce qu’ils sont, les uns comme les autres, d’une immense diversité, et que chacun peut souhaiter arpenter leurs espaces imaginés à son propre rythme, et profiter même parfois de leurs beautés exposées dans un ordre choisi.

Ici, le rassemblement de peintures, sculptures, photographies, dessins, films, ne saurait prétendre à l’exhaustivité. Mais des pistes et des chemins sont proposés aux imaginations.

Dans ce parcours, où s’entremêlent les histoires de l’art et des sciences, des promenades se dessinent où le jardin "réel", au-delà du littéraire, du symbolique ou du philosophique, s’entend comme un ensemble botanique et une construction artistique.

Bien sûr la part belle est faite aux expérimentations menées en Europe, et plus particulièrement en France, de la Renaissance à nos jours. Si le jardin médiéval est souvent le point de départ des grands panoramas de la discipline, l’histoire de l’art comme celle de la botanique invitent à privilégier un autre commencement.

À la Renaissance, savants et artistes, animés par une nouvelle démarche critique, relisent les sources antiques, illustrées par la présence inaugurale, dans l’exposition d’une fresque de la Maison du Bracelet d’or de Pompéi, à la lumière d’une observation minutieuse de la plante.

Ces réinterprétations, accompagnées de véritables révolutions artistiques incarnées par les dessins si précis d’Albrecht Dürer, conduisent aussi à la création à Padoue (1545) du premier jardin botanique.

Si les plantes y sont toujours cultivées pour leur rôle utilitaire, leur rassemblement a désormais aussi une vocation démonstrative et sert de support à l’enseignement scientifique.

Maison du Bracelet d’Or

L’hortus conclusus médiéval se brise et s’ouvre au monde, avec des jardins qui s’enrichissent des découvertes des grands explorateurs. Il s’ouvre aussi au paysage, entre dans le champ des arts et devient un véritable projet pictural pour des artistes qui disposent, notamment grâce à la perspective, d’outils de représentations inédits et révolutionnaires.

De la touffe d’herbe de Dürer au "jardin planétaire" de Gilles Clément, les jeux d’échelles constituent un fil rouge de ce parcours. La visite commence avec la terre, prélude à un vaste ensemble qui met à l’honneur les éléments premiers et le vocabulaire des jardins. Une sélection d’œuvres aux formats et aux matériaux divers évoque ces composantes essentielles.

Échantillons de sols, fleurs et fruits en verre et en plâtre, outils de jardiniers, font l’objet d’un accrochage dense aux allures de cabinet de curiosité. L’herbier, entendu comme un jardin sec, est au cœur de ce premier ensemble placé sous le signe de l’inattendu.

Qu’il soit décomposé, analysé, représenté ou imaginé, le jardin est toujours pensé en lien avec une figure dont la présence rythme l’ensemble du parcours : celle du jardinier.

Peint, sculpté, photographié, ce dernier est mis à l’honneur, depuis les premiers croquis jusqu’aux outils du travail quotidien. Le temps de la conception est abordé grâce à un rassemblement de dessins et de plans. La présentation des évolutions chronologiques se trouve rythmée par des moments propices à la méditation comme autour des Acanthes de Matisse qui parle de ses gouaches découpées comme d’un art qui se construit à la manière d’un "petit jardin".

Les jardins, comme les musées, sont lieux de rassemblements. Du grand domaine royal au parc public, ils sont montrés dans leur dimension collective, évoqués à travers l’histoire de leurs formes et de leurs usages. Lieux de fête et d’amour, de mélancolie et de destruction, soumis aux changements de modes et parfois laissés à l’abandon, ils font l’objet de transferts culturels intenses et sont, par excellence, une forme d’art marquée par l’ambivalence et le passage du temps.

Quelques temps forts sont privilégiés. Le XVIIIe siècle, incarné en majesté par l’exposition du chef-d’œuvre de Fragonard, La Fête à Saint-Cloud, occupe une place essentielle dans le parcours. De même, le tournant des XIXe et XXe siècles, quand représenter le jardin devient, pour les artistes, un moyen de mieux appréhender les contours d’un monde changeant et d’explorer le vocabulaire plastique de la modernité, constitue un moment-clé de cette histoire.

Jean-Honoré Fragonard (1732-1806), La fête à Saint-Cloud, huile sur toile, 2,16 x 3,35 m, Paris, Hôtel de Toulouse, siège de la Banque de France.

Cette promenade, qui réunit certaines des plus grandes représentations de jardins de cette période, propose un parcours immersif parmi des tableaux sans personnage. La déambulation, qui se déroule alternativement dans des espaces figés par les artistes, des captures d’images de jardins, et dans des ensembles marqués par le sentiment du passage du temps, ménage au visiteur bosquets et grandes perspectives.

De la terre au jardin planétaire, ce circuit prend de la hauteur et s’achève sur l’image, encore à définir, du jardin de demain et des nouveaux paradigmes artistiques, botaniques et sociaux qui le façonnent.

Comment s’écarter sans regret ni émotion des bruits de source et des lumières magiques de la Grotta Azzurra (2017) de Jean-Michel Othoniel...

L’exposition met à l’honneur ceux qui, notamment en France, constituent depuis plus de 30 ans une génération d’exception. Jardiniers, paysagistes, auteurs d’initiatives inédites quand le jardin est travaillé pour son usage écologique et social, participent à ce rassemblement qui mêle connaissance et délectation.

Le commissariat de l’exposition est assuré par Laurent Le Bon, conservateur général du patrimoine, président du Musée national Picasso, Paris. Sont commissaires associés Marc Jeanson, responsable de l’Herbier national du Museum national d’histoire naturelle ; Coline Zellal, conservatrice du patrimoine, Musée national Picasso, Paris.

Ernest Quost (1842-1931), Fleurs de Pâques, 1890, huile sur toile, Roubaix, La Piscine, musée d’art et d’industrie André Diligent. Peintre réputé au XIXe siècle, et référence pour Vincent van Gogh...

Jardins, du 15 mars au 24 juillet 2017, Grand Palais, 254-256 rue de Bercy, 75577 Paris cedex 12. Ouverture les dimanche, lundi et jeudi de 10 à 20h ; les mercredi, vendredi et samedi de 10 à 22h, fermeture hebdomadaire le mardi. 13 ou 9€. Informations et réservations www.grandpalais.fr.

Voir aussi Toutes les expositions 2017 au Grand Palais,
Et chaque mois Paris. Balcons et terrasses des jardiniers amateurs


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Vous retrouvez comme chaque année dans PARIS 2017. LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans Le CALENDRIER 2017 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2017-2018 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musées d’Orsay et de l’Orangerie, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, au musée Galliera, au Petit Palais, et au Château de Versailles.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : PARIS EXPOS HEBDO. Nouveautés / Conseils / Derniers Jours.

Vous pouvez consulter plus d’une centaine de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2017 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2016, 2015, 2014, 2013, 2012.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions 2017 dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
- Aix-en-Provence - Albi - Les Alpilles - Angers - Angoulême - Antibes - Arles - Aubagne - Avignon - Bègles - Biarritz - Biot - Blois - Bordeaux - Bourg-en-Bresse - Brest - Cagnes-sur-Mer - Cannes - Carcassonne - Dijon - Grasse- Grenoble - Hyères - Ile-de-France : Auvers/Oise, Boulogne-Billancourt, Bussy-Saint-Martin, Chamarande, Chantilly, Châtenay-Malabry, Compiègne, Écouen, Fontainebleau, Giverny, L’Isle-Adam, Jouy-en-Josas, Malmaison, Marne-la-Vallée, Meudon, Milly-la-Forêt, Noisiel, Pantin, Pierrefitte/Seine, Poissy, Pontoise, Royaumont, Rueil-Malmaison, Saint-Cloud, Saint-Denis, Saint-Germain-en-Laye, Saint-Ouen-l’Aumône, Sceaux, Sèvres, Versailles, Vitry/Seine, Yerres - L’Isle-sur-la-Sorgue - Landerneau - Le Cannet - Le Havre - Lens - Le Rayol - Le Canadel/Mer - Les Sables-d’Olonne - Les-Saintes-Maries-de-la-Mer - Libourne - Lille : Villeneuve d’Ascq, Roubaix, Tourcoing, Croix, Graveline, Cassel, Valenciennes - L’Isle-sur-la-Sorgue - Lodève - Lyon - Marseille - Martigues - Metz - Monaco - Montauban - Montpellier - Mougins - Nantes - Narbonne - Nice - Nîmes - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen - Saint-Étienne - Saint-Nazaire - Saint-Paul-de-Vence - Saint-Tropez - Sérignan - Sète - Strasbourg - Toulon - Toulouse - Tours - Valence - Vallauris - Vence - Vendôme - Villeurbanne

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam : Harlem, Rotterdam, La-Haye, Bois-le-Duc, - Bâle - Berlin - Bruxelles - Genève - Liège - Londres - Madrid - Milan - Monaco - Venise

André Balbo

sources : Visite, RMN-Grand Palais

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