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L’hôtel d’Hallwyll

Dernière mise à jour : jeudi 7 mai 2015, par Franck Beaumont

L’hôtel d’Hallwyll est la seule construction privée parisienne du grand architecte néo-classique Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806) qui nous soit parvenue.

En effet, la plupart de ses oeuvres parisiennes ont malheureusement été détruites, emportées par la spéculation (à l’exception de quatre barrières d’octroi : Denfert, Nation, Monceau et la Villette). Ainsi, tous ceux situés à proximité des Grands Boulevards ne nous sont aujourd’hui connus que par des gravures ou plans : l’hôtel Thélusson - sans doute son chef d’oeuvre parisien -, l’hôtel de Montmorency, l’hôtel de Melle Guimard, l’hôtel d’Uzès, l’hôtel Hocquart, l’hôtel d’Espinchal, la maison de Melle de Saint-Germain ou les célèbres maisons Hosten. Raison de plus pour nous intéresser à l’hôtel d’Hallwyll, qui lui est en parfait état, restauré en 1990 puis 2001.

Il existait à son emplacement, rue Michel Le Comte, un précédent hôtel entre cour et jardin, selon la tradition parisienne. En 1718, il appartient à François Midorge, conseiller au Parlement. En 1757, cet hôtel est loué à la banque Thélusson, Necker et Cie. Jacques Necker, banquier suisse, habitera l’hôtel de 1757 à 1766 ; il occupera la fonction de directeur général des finances de Louis XVI de 1777 à 1781 puis de 1788 à 1790. Le banquier Thélusson confiera d’ailleurs plus tard à Ledoux le projet de l’hôtel Thélusson (cité plus haut).

En 1766, la propriétaire de l’hôtel, Marie-Thérèse Midorge, héritière de Nicolas Midorge, et son mari, le comte d’Hallwyll, colonel des Suisses, chargent Claude-Nicolas Ledoux de remanier cet hôtel. Cette oeuvre qui incarne parfaitement le courant néo-classique va donner à Ledoux une certaine notoriété auprès des Parisiens fortunés.

Sur rue, l’hôtel présente peu de décorations : la pierre est appareillée à refends, et la façade est rythmée horizontalement par un entablement et une corniche à modillons. Le porche est traité de façon plus raffinée : deux colonnes doriques cannelées encadrent les portes cochères. Au-dessus, dans le tympan courbe, de belles sculptures représentent deux figures ailées, probablement de Louis-Claude Vassé.

Au fond de la cour (illustration) se dresse le corps de logis encadré de deux pavillons et de deux ailes plus basses. Si les refends horizontaux sont présents sur les côtés, ils laissent place au milieu à une surface lisse. A l’étage noble (le premier étage), les trois fenêtres sont surmontées de frontons courbes ou triangulaires dans lesquelles prennent place des couronnes de laurier et des feuillages. Ces fenêtres sont dotées de balustrades de pierre.

A l’intérieur de l’hôtel subsistent des éléments datant de la construction précédente : des plafonds à poutres et solives peintes, exécutés vers 1629, visibles au rez-de-chaussée et au premier étage. Un magnifique escalier d’honneur, situé dans l’aile gauche, présente une rampe à motifs de balustres.

La disposition sur jardin reprend la même que celle sur cour. Sur chacun des deux côtés du jardin, Ledoux a imaginé un portique soutenu par dix colonnes doriques, surmonté d’une terrasse ; ces portiques évoquent un atrium antique. Sous les deux colonnades, les murs sont décorés de bas-reliefs représentant des feuillages et des putti. Au fond du jardin subsiste un rare nymphée du XVIIe siècle. De chaque côté de la fontaine, Ledoux ajouta une urne renversée qui semble déverser une eau pétrifiée. Au-dessus de la fontaine, la niche abritait autrefois une statue.

Classé Monument historique, l’hôtel d’Allwyll ne se visite malheureusement pas. Seule sa façade sur rue est visible.

Source : Le Marais, édition Parigramme.

Adresse

28 rue Michel Le Comte


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