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Paris
  

Le Véli-vandale de Paris démasqué

Dernière mise à jour : samedi 22 septembre 2012,    par: Morgan

JCDecaux est en émoi et la police de Paris sur le qui vive. Un mystérieux collectif s’en prenait depuis début septembre aux roues arrières des vélib’ garés dans les quartiers aisés de la capitale au nom d’une répartition injuste des stations.

Après une rapide enquête de la police de Paris, il s’est révélé que le collectif était en fait un homme de 46 ans habitant le nord de Paris. L’homme avoue avoir inventé le collectif, mais il nie les dégradations. Il a donc été laissé libre par les autorités.

Du 3 au 7 septembre, une cinquantaine de Vélib’ ont été dégradés dans les 7e et 15e arrondissement, les roues arrières lacérées. Une quinzaine de vélos étaient pris pour cible à la station Saint-François Xavier, boulevard des Invalides dans la nuit du 3 au 4 septembre, puis une autre douzaine à la station Dupleix du boulevard de Grenelle. Dans la nuit du 5 au 6, rebelote : vingt-deux vélos sont rendus inutilisables à l’angle du quai Branly et de l’avenue de la Bourdonnais.

Dans la journée du 6 septembre, le centre "Allo Vélib’" reçoit un appel qui revendique les actes de vandalisme. Un membre du « Collectif des habitants du XVIIIe arrondissement de Paris et des quartiers populaires » annonce des actions contre le groupe JCDecaux dans les « quartiers non populaires » de Paris. Dès le lendemain, le groupe réplique et porte plainte. Dès lors, c’est le branle-bas de combat. Le parquet de Paris charge le service d’investigation transversale de la DSPAP (Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne) d’enquêter sur les agissements de ce collectif et met immédiatement un grand nombre d’enquêteurs sur le front.

Une répartition inégale des stations de Vélib’ ?

Du côté de la mairie, on fait face aux critiques et on nie le caractère revendicatif de ces agissements qualifiés de « vandalisme pur et simple exercé contre un service public qui s’adresse à tous les Parisiens et dessert une trentaine de villes de banlieue. Prétendre viser des vélos hors des quartiers populaires n’a pas de sens puisqu’ils vont de station en station, au gré des déplacements des usagers ». Le collectif qui se dit auteur de ces exactions anti-vélib’ affirmerait que les stations sont moins nombreuses dans les zones du nord-est de la capitale, en comparaison avec le centre-ville. « C’est faux ! Le centre n’est pas plus doté en stations », se contente de répondre Albert Asseraf, directeur général stratégie, études et marketing chez JCDecaux France.

Du côté du groupe exploitant, la colère s’explique facilement. Après 5 années de démarrages très délicats, JCDecaux parvient aujourd’hui tout juste à l’équilibre financier dans l’exploitation des Vélib’. Dire que le groupe se félicitait récemment que « les dégradations ont chuté de 40 % depuis deux ans »...