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PROLONGATION de Laetitia Casta, par Dominique Issermann, à la MEP, jusqu’au 6 mai

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Dominique Issermann, Laetitia Casta. Voilà le dernier travail en argentique de Dominique Issermann, qui a photographié Laetitia Casta, à Vals, en Suisse, trois jours durant, dans les thermes construits par l’architecte Peter Zumthor.

Laetitia Casta © Dominique Issermann

Travail à deux, chorégraphie photographique, enrichie de trois respirations :

- celle de l’émotion de la découverte pour Laetitia Casta, abandonnée au présent, présente mais fugitive,
- celle de Dominique Issermann, retenant son souffle pour mieux saisir les instants magiques créés par Laetitia Casta,
- dans un bâtiment où pourrait s’entendre à travers les murs, les marches, les bassins, les couloirs, le souffle de Peter Zumthor.

33 photographies, pour forger une seule image, définitive, archétypale, de Laetitia Casta, parfois dans une nudité libre et souveraine.

Un livre, de même titre que l’exposition, publié aux éditions Xavier Barral, est proposé. Il fait suite au livre de Dominique Issermann sur Anne Rohart publié aux éditions Schirmer et Mosel en 1987, ou le prolonge, c’est au choix.

La biographie de Dominique Issermann mérite d’être présentée succinctement, par elle-même, en quelques décennies :

1950. À la campagne, j’étais petite, la guerre revenait en fin de repas, c’était des traces de brûlures sur le thorax gazé de mon grand-père et mes parents qui avaient mangé des rutabagas pendant leur adolescence. La politique, c’était De Gaulle qui parlait haut. Les salades poussaient sous nos fenêtres. Plus tard, des cousins plus âgés ne revenaient pas d’Algérie et des enfants vietnamiens courant devant les flammes de l’enfer mouraient sur nos téléviseurs. Au fond du jardin, je vise dans le Brownie Flash de mon père, j’ai quatre ans, je photographie ma mère qui étend des draps, ma première photo.


1960. Je fais des photos de ma sœur, mon frère, mes voisins, des gens qui passent dans la rue. Je sentais bien qu’il fallait partir. L’école publique qui m’avait appris beaucoup de choses, et que je remercie au passage pour les délices de la petite école Saint-Joseph à Aubigné Racan, la beauté du lycée Marie Curie à Sceaux, les cerveaux agités des élèves et des professeurs d’hypokhâgne, la bienveillance du professeur à l’énoncé de mon choix de maitrise "Les rapports familiaux dans le monde de Mickey Mouse", m’a sans le vouloir, mais sûrement, ouvert les portes pour le grand chahut idéaliste de Mai 68.

1970. L’Italie : le cinéma. Cinq ans à Rome avec Cohn-Bendit en exil et une belle bande d’agitateurs inoubliables. Travail collectif pour le film de Jean-Luc Godard "Vent d’Est" et réalisation de deux longs métrages avec Marc’O. La ville est un brasero de rencontres qui changent la vie définitivement, de Pasolini aux Straub. Puis la révolution des œillets au Portugal, avec nos appareils photos on traque les visages épuisés des opposants qu’on vient de tirer des prisons-mouroirs de Salazar. Je sens qu’au milieu des blessés je pourrais devenir infirmière et que seule l’émotion devant la beauté peut me faire devenir photographe. Je me lance dans un concours de photos de mode, pour décrocher le premier prix qui me permettrait de payer ma note de téléphone, je gagne. Avant ce concours, ils y avaient les vrais gens dans la vraie rue et après il y a eu les vrais mannequins dans les vrais studios de mode.

1980. Je me gave de films à la Cinémathèque et je commence à photographier des actrices et des acteurs qui deviendront vite célèbres, les premiers étant Isabelle Adjani et Gérard Depardieu. Puis viendront Catherine Deneuve, Simone Signoret, Yves Montand, Jeanne Moreau, Fanny Ardant, Serge Gainsbourg, Jane Birkin, Robert de Niro, Anouk Aimée, Sir Lawrence Olivier, Isabella Rossellini, Marguerite Duras, Balthus, Leonard Cohen, Bob Dylan, Isabelle Huppert, Françoise Sagan.

Sonia Rykiel, regardant dans la petite valise où j’entassais mes portraits me dit : "Vous êtes libre la semaine prochaine ?", "Pouvez-vous photographier ma collection pour 18 pages dans Vogue ?", "Connaissez-vous un mannequin ?". J’ai répondu OUI aux trois questions. Je ne connaissais personne, j’avais vu en couverture de Elle Anne Rohart qui venait de remporter un concours pour devenir mannequin. "Parfait" dit Sonia. Je photographie toutes ses collections pendant plus de dix ans et réalise avec Anne Rohart un livre de nus au château de Maisons-Lafitte, 30 photos dans le même lieu avec la même personne, et juste un drap. Le livre porte son nom.

1990. Il s’ensuit de longues années d’une sorte de rap intensif avec ceux que je photographie, ceux qui commandent les photographies, ceux qui fabriquent les photographies avec moi, long rap essoufflant qui ne cesse que pendant les brefs instants magiques des déclics qui font mouche. Christian Dior, Nina Ricci, Yves St Laurent, Montana, Hermès, Chanel. Je travaille main dans la main avec les créateurs, ils me tiennent la main et me laissent faire, Eau Sauvage, Dolce Vita, Dune chez Dior, Tiffany, Trésor de Lancôme avec Isabella Rossellini, Chanel N°5 avec Carole Bouquet, Coco Mademoiselle avec Kate Moss puis Kiera Knightley, Allure avec Anna Mouglalis, N° 5 avec Audrey Tautou. Je vis avec un groupe que j’aime, presque toujours les mêmes mannequins, coiffeurs, maquilleurs, stylistes, voyageant d’aéroports en hôtels, au gré des saisons inversées des collections de mode, pour Vogue Usa, Vogue France, The New York Times magazine, Elle France, Usa, Uk et bien d’autres.

2000. On change de siècle, mais je travaille toujours avec la même famille de magazines et de grandes marques. Mon bureau s’agrandit, les machines débarquent, je passe au numérique. Je commence à travailler dans mes archives pour éditer des cartes postales, faire une grande exposition à Arles dans la vertigineuse église des Frères Prêcheurs. Je découvre l’architecture de Peter Zumthor, aux Thermes de Vals. J’y entraine Laetitia Casta dans la chorégraphie d’un nouveau livre, une femme magnifique, nue, qui se place dans la perspective généreuse et fuyante d’un bâtiment parfait. Un nouveau livre. L’expérience romaine m’a laissé le goût du cinéma. Leonard Cohen dans les années 90 m’a confié la réalisation de ses clips "Dance me" et "Manhattan", ainsi que Catherine Deneuve, Renaud et Patricia Kaas. C’est ainsi que Bob Dylan débarque un jour devant ma caméra, convié par Victoria’s Secret à faire une unique et légendaire apparition dans le monde du film publicitaire.

2010. J’ai toujours aimé faire des photos pour le papier, les pages de journaux, ça me plaisait de savoir que mes photos pourraient emballer du poisson ou empêcher les chaussures de perdre leur forme. Mes expositions étaient toujours des projections de photos. Je ne voulais rien d’autre, je n’aimais pas les cadres. Un tirage était pour moi, pendant longtemps, du matériel pour l’impression du journal, de l’affiche, du livre. Mais je regarde depuis peu mes boites de papier photographique d’un autre œil. Jean-Luc Monterosso, directeur de la MEP, m’a expressément demandée d’exposer des tirages, je présente donc, avec une joie nouvelle, 35 tirages sur papier Arches, tous issus des pages du livre "Laetitia Casta" publié aux Editions Xavier Barral.

Sacrée nana, non ?!?

MEP Métro Saint Paul ou Pont Marie. Bus : 67, 69, 96 ou 76.
Gratuité aux moins de 8 ans en individuel, personne handicapée , accompagnateur de groupe, personnel de la Ville de Paris, carte presse et le mercredi dans la tranche horaire 17 à 20h.

Vous retrouverez dans l’article « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 déjà annoncées par leurs établissements et musées, et dans l’article « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions classées par dates.

David méditant devant la tête de Goliath, d’Orazio Gentileschi, huile sur lapis-lazuli, exposition Artemisia

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et vous remercions des suggestions et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous tentons même de vous indiquer chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : "Que faire à Paris dans la semaine du..." et nous efforçons également à réaliser ceci chaque mois !

André Balbo

sources : MEP, Dominique Issermann, Laetitia Casta, Peter Zumthor.

Adresse

5/7 rue de Fourcy 75004 Paris

Horaires

Ouvert tous les jours de 11 à 20h, sauf les lundi, mardi et jours fériés. Accès à la billetterie jusqu’à 19h30.

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