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Wifredo Lam

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Le Centre Pompidou présentait, du 30 septembre 2015 au 15 février 2016, une large rétrospective de l’œuvre du célèbre peintre cubain.

Présentation de l’artiste

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

Wifredo Lam (Cuba, 1902 - Paris, 1982), le peintre cubain, a su mêler une peinture métissée "recréée", puisant principalement dans l’Afrique et les Caraïbes, comme à de nombreuses avant-gardes modernes et occidentales. La disparition du "l" de son prénom n’est aucunement due à une coquetterie... mais à une erreur administrative, qu’il adoptera. Fatalisme ou sens de l’ésotérique ?

Sa mère descendait d’Espagnols et de Congolais noirs déportés. Son père était un Chinois originaire de Canton, lettré, et il fut écrivain public.

Wifredo fera très tôt preuve de grandes aptitudes pour le dessin, qu’il confortera aux Beaux-Arts de La Havane.

La rétrospective du Centre Pompidou a rassemblé quelque 400 de ses œuvres, peintures, dessins, photographies, revues et livres rares.

Suivant les 5 différentes séquences de la vie et du travail de l’artiste, le parcours présentait à la fois une découpe chronologique... et géographique :

Espagne, 1923-1938. Dans un premier temps sous leur emprise, Lam se détache progressivement des œuvres des grands maîtres (Bosch, Breughel, Léonard de Vinci, Albrecht Dürer, Velasquez, Goya) dont il s’était nourri au musée du Prado de Madrid.

Casas Colgadas, III, 1927. Huile sur toile, The Rudman Trust

Il travaille par la suite dans une académie libre (l’Escuela Libre de Paisaje, fondée par Julio Moisés), et s’intéresse aux avant-gardes de l’époque : Gauguin, les expressionnistes allemands, Gris, Miró, Picasso, et Matisse, qu’il découvre en 1929. Pressent-il alors les étroits liens qui unissent le baroque européen et "l’art primitif" ? Sur le papier, il use d’aplats de couleurs. Fortement engagé du côté des Républicains de 1932 à 1937, il s’enfuira pour la France en 1938, à la victoire de Franco.

Paris-Marseille, 1938-1941. Il arrive à Paris avec une lettre d’introduction à l’intention de Picasso, dont il faut souligner ici qu’il ne fut jamais l’élève. L’amitié entre les deux se tisse vite : mêmes sensibilité et idées politiques, mêmes appétits artistiques, ils sont de plus tous deux hispanophones. Picasso le présente très généreusement au Paris artistique (Georges Braque, André Breton, Paul Éluard, Fernand Léger, Michel Leiris, Matisse, Joan Miró, Tristan Tzara, Christian Zervos, ainsi que les marchands d’art Daniel-Henry Kahnweiler et Pierre Loeb).

Attentif à l’influence de la statuaire africaine sur l’art européen, les visages des personnages créés par Wifredo Lam se dépouillent et se géométrisent, tout en rejoignant les mythes de l’enfance et les divinités africaines.

Le Réveil, I, 1938. Gouache sur papier marouflé sur toile. Collection particulière

Picasso aurait eu devant son primitivisme cette sentence-clé : "Il a le droit, lui, il est nègre". Au moment où les Allemands entrent en vainqueurs à Paris, Wifredo descend à Marseille où il retrouve Breton et les surréalistes. Réalisation d’œuvres collectives (cadavres exquis, pratiques automatiques), et dessins à l’encre dans de petits carnets, peuplés de figures hybrides où l’érotisme et le monstrueux s’entremêlent.

Cuba et les Amériques, 1941-1952. Arrivée à la Martinique avec André Breton (grâce à l’Américain Varian Fry et à l’Emergency Rescue Commitee). Il y rencontre Aimé Césaire, poète de la négritude, qui deviendra son ami. Partage d’un même refus des rapports de domination raciale et culturelle, lectures marxistes, et engagement dans le siècle les rapprochent. À son retour à Cuba, Lam souffre de la prégnance de la corruption, de la prostitution, du racisme, du folklore de pacotille et de la misère qui sévissent sur l’île.

Son œuvre est alors peuplé de figures syncrétiques alliant le végétal, l’animal et l’humain, faisant écho à l’énergie et aux mondes spirituels des cultures caribéennes : surface saturée de figures féminines qui se fondent dans une végétation en jungle. Il est aidé dans sa quête de "cubanité" par les ethnologues Lydia Cabrera et Fernando Ortiz, ainsi que par l’écrivain Alejo Carpentier. Lam assume alors tous ses héritages, Afrique, Europe et vaudou pour explorer le monde des esprits. La santeria lui a été apprise par sa marraine, qui avait été une prêtresse renommée.

Paris, Caracas, La Havane, Albissola, Zurich, 1952-1967. De nombreux voyages l’éloignent alors souvent de son atelier. Les formes se sont simplifiées, ses œuvres se construisent sur des rythmes internes. En 1952, il s’installe de nouveau à Paris, multipliant les expositions internationales, notamment aux côtés des artistes CoBrA, que lui a présentés son ami Asger Jorn.

La spontanéité, la dimension collective ainsi que l’intérêt du groupe pour l’art populaire l’amènent à travailler de nouveaux matériaux, comme la terre cuite, et à expérimenter des formes nouvelles. Pour la série des Brousses de 1958, il fait sien le dynamisme de l’abstraction gestuelle américaine, rappel épuré des compositions à la végétation foisonnante des années 1940. Ses dessins, incisifs et oniriques, illustrent nombre de textes d’amis poètes et écrivains, tels René Char et Gherasim Luca.


Paris et Albissola Marina, 1962-1982. À l’invitation de Jorn, il découvre la lumière italienne d’Albissola en 1954 et s’installe en 1962 dans cette petite ville balnéaire de la côte ligure, comme de nombreux artistes : Asger Jorn, Enrico Baj, Fontana, Karel Appel, Corneille, Matta, Tullio Mazzotti, Piero Manzoni, Dangelo, Édouard Jaguer, Roberto Crippa, Guy Debord, Agenore Fabbri... Séduit par ce milieu libre et amical, favorable à la création et à l’émulation artistique, il décide d’y passer plusieurs mois par an.

Dans cet important centre de céramique où il séjournera régulièrement jusqu’à la fin de sa vie, il enrichit sa collection d’arts extra-occidentaux, exposée dans son atelier et révélatrice de la pluralité de ses sources d’inspiration. La libération spontanée que procure le travail de la terre cuite et l’intervention du hasard dans le processus de création « selon la durée, ou l’intensité de cuisson, les réactions de couleurs, leurs mutations », lui font produire près de 300 céramiques durant l’année 1975, dont les symboles renvoient à ses œuvres plastiques. Il voyage (Égypte, Inde, Thaïlande, Mexique), et s’attèle à son ouvrage autobiographique : Le nouveau Nouveau Monde de Lam, cartographie de ses affinités poétiques et géo-politiques.

Travailleur infatigable, il s’éteint en 1982 après avoir achevé les gravures pour son ultime livre d’artiste, L’Herbe sous les pavés, sur un texte de Jean-Dominique Rey.

L’œuvre phare de l’artiste, La Jungle (1943), conservée au MoMA de New York, avait été prêtée pour cette généreuse rétrospective exceptionnelle.

Des toutes premières années cubaines et du séjour espagnol (1924-1938), dont nombre d’œuvres n’ont été retrouvées que tardivement à Madrid, à l’éblouissante séquence des gravures des années 1960 et 1970, l’exposition apportait un nouvel éclairage sur les œuvres capitales du « Retour au pays natal » (1942 -1952), dans le contexte politique et culturel de l’époque.

Un court film de montage, réalisé par Fabrice Maze à partir des très nombreuses heures de rushes enregistrés par Wilfredo Lam à l’occasion de ses expositions et voyages à partir de 1946 et conservés dans les archives familiales, était présenté.

Une splendide rétrospective d’une grande richesse. Éblouissante. On remarquait la préférence de l’artiste pour l’usage de papier marouflé, pour les couleurs très mouillées, transparentes et complexes à la fois.

Wifredo Lam, du 30 septembre 2015 au 15 février 2016, au Centre Pompidou, 01 44 78 12 33.

Lire aussi : Toutes les expositions 2016 au Centre Pompidou.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : Paris Expos Hebdo : Nouveautés, Conseils, Derniers Jours.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Le catalogue de cette exposition a fait partie de la sélection CatalPa 2015.

Vous pouvez consulter quelques dizaines de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, Centre Pompidou

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