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Wim Delvoye

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Présentation de l’artiste

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Wim Delvoye, né en 1965 à Wervik, vit et travaille à Gand. Il s’est notamment fait connaître pour son installation "Cloaca" qui, avec l’apparent sérieux d’un laboratoire scientifique, reproduit au plus près le processus de digestion et génère donc, scientifiquement s’entend, de véritables excréments.

Nautilus (modèle à l’échelle 1 /2,5) 2011 Acier inoxydable découpé au laser 97.5x50xH103cm © Wim Delvoye ADAGP, 2012

L’artiste avait été à l’honneur en 2009 à la Collection Peggy Guggenheim, à Venise, en 2010 au musée Rodin à Paris, et en 2011 au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.

Au fur et à mesure de ces expositions, il érige une flèche toujours plus haute jusqu’au spectaculaire Suppo, atteignant en 2012 au Louvre, avant son prochain record, 11m de haut.

Doit-on s’étonner que cet artiste ait une réputation sulfureusissime, et qu’il soit considéré comme irrespectueux en diable ?

Avec d’indéniables talents, Wim Delvoye mélange allégrement les genres, les époques et les catégories faisant tout à la fois preuve de sérieux, d’ironie, de technicités sophistiquées, et d’un stratosphérique sens esthétique.

Wim Delvoye © Christian Fabre DR

Il réinterprète sans réserve Walt Disney (dont il eut la révélation de partager les mêmes initiales : WD !), les œuvres des sculpteurs académiques du XIXe siècle, le style gothique, des publicités, approchant les genres avec une gourmandise computationnelle qui les lui fait malaxer, tordre, torsader, doublement hélicoïder, façon ADN, rorschaschiser, jusqu’à leur faire exprimer ce qu’ils ne savaient pas eux-mêmes : leur substantifique et esthétique moelle.

Un peu lassé peut-être d’avoir tant labouré les complexités de l’art gothique et les faiblesses endémiques de certains de nos arts occidentaux, Wim Delvoye pousserait résolument ses feux vers le corpus islamique, son architecture, ses arabesques, et son écriture. Ailleurs, ne dit-on pas que l’herbe est souvent plus verte, couleur de l’islam ?

L’exposition au Louvre

En 2012, le musée du Louvre a invité le plasticien belge Wim Delvoye à intervenir dans plusieurs des espaces du musée :
- sous la pyramide de Pei,
- au sein des appartements de Napoléon III, luxuriants et à la lourde décoration,
- dans les salles gothiques du département des Objets d’art,
- et dans le jardin des Tuileries.

Cette exposition fit polémique : permettre à un tel artiste contemporain artiste d’installer ses œuvres iconoclastes dans ce haut-lieu du bon goût qui rassemble tous les styles classiques ! Il a suffit de laisser aboyer les censeurs, ces gardiens du temple et ces pisse-froid ! Ce fut une grande réussite, et je plains ceux qui ne purent la voir.

Ainsi, après Tony Cragg, Wim Delvoye aura été en 2012 le 2e artiste contemporain à concevoir une nouvelle sculpture monumentale pour la colonne du belvédère, sous la Pyramide : une immense flèche gothique en acier corten torsadée, intitulée, très élégamment, Suppo (illustration).

Certes, elle n’était pas accrochée, comme le voulait initialement l’artiste, "au cul de la pyramide", mais elle y était bel et bien, et chacun pouvait contempler à son aise cette torsade gothique de 11m à l’élégance monumentale.

Une autre œuvre imposante de Wim Delvoye, également en acier corten mais dentelé cette fois, avait été placée dans le jardin des Tuileries de juillet à septembre 2012, s’inscrivant dans le parcours de sculptures de l’édition 2012 de la FIAC.

Au sein du musée, une trentaine de productions récentes en vitrail, en porcelaine, en bronze, en tapis, en acier, en pneu, et même certains ont pu voir Tim, - un ami de Wim, dont la peau tatouée a été achetée par un collectionneur... -, témoignant de ses recherches actuelles sur la sculpture du XIXe siècle et de l’exploration des techniques informatiques de reproduction, étaient présentées en contrepoint des collections des Objets d’art du musée du Louvre.

Ces sculptures étaient installées sur le mobilier, comme ce double squelette de bassin en marbre, sur un rebord de cheminée, ou parmi les habituelles dans les vitrines, ou le long de l’escalier du Ministre.

Un grand vitrail, présenté dans l’escalier Lefuel, entrait en résonance avec ceux de François Morellet, tandis qu’une chapelle gothique, hélas dans la semi-obscurité nécessaire à la préservation des tapisseries anciennes exposées dans cette salle d’Anne de Bretagne, dialoguait avec elles et quelques objets liturgiques. D’une grande beauté, elle pouvait laisser une impression de maquette et d’inachevé que l’artiste revendiqua en déclarant : "Il ne faut pas toujours matérialiser les rêves, et finalement les créations ne sont-elles pas aussi et encore des rêves".

De la relecture triviale du gothique jusqu’aux déformations baroques de crucifix, l’art populaire et décoratif de Wim Delvoye, qui prend ses racines dans un détournement ironique de certains des styles du passé, trouvait dans le musée du Louvre un écho particulièrement sonore, et des écrins extrêmement judicieux.

Le placement adroit, sournois et malicieux des créations de Wim Delvoye dans des environnements choisis et bien différents les uns des autres, parfois trop chargés et riches, permettait au visiteur à la fois d’effectuer une sorte de course aux trésors dotée de nombreuses récompenses, brillantes à plus d’un titre, mais aussi de redécouvrir des salles d’une grande opulence, qui étaient, comparativement à d’autres, plutôt moins visitées avant cet événement.

Ainsi le détourneur se trouvait-il lui-même détourné. Ne participait-il pas ainsi à irriguer ces salles assez pesantes d’un public rénové et curieux...

Il était essentiel au cours de la visite de maintenir son esprit en éveil au risque que certains objets de l’artiste, très discrètement placés dans des vitrines parmi d’autres plus anciens... comme le Bustelli Twisted, une peinture émaillée sur porcelaine (2010), ou les 4 lames de scies circulaires peintes avec des motifs de vaisselle de Delft, n’échappassent aux regards... et c’eût été vraiment dommage.

En revanche, les visiteurs n’avaient aucune chance de rater les trois cochons "tapisdermiés" sur formes : Muhal Jail, Kashan et Mashed, qui semblaient guetter les reliefs aux abords de la table d’apparat ; ni le superbe Nautilus, en acier inoxydable, à la fine transparence si élégante.

Marie-Laure Bernadac, conservateur général, chargée de mission pour l’art contemporain au Louvre, avait été la commissaire passionnée et investie de cette exposition, assistée d’Aurélie Tiffreau.

La Galerie Emmanuel Perrotin organisa un solo show de Wim Delvoye, intitulé "Rorschach", du 12 mai au 16 juin 2012 (illustration), où figuraient de nouvelles œuvres en écho à l’exposition "Au Louvre".

"Au Louvre", de Wim Delvoye, au musée du Louvre, du 31 mai au 17 septembre 2012. Les œuvres sont exposées dans les salles du département des Objets d’art, Aile Richelieu, 1er étage jusqu’au 17 septembre 2012, sous la pyramide jusqu’au 8 janvier 2013, et dans le jardin des Tuileries de juillet à octobre 2012.


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Vous retrouvez comme chaque année dans PARIS 2017. LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans Le CALENDRIER 2017 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2017-2018 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musées d’Orsay et de l’Orangerie, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, au musée Galliera, au Petit Palais, et au Château de Versailles.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : PARIS EXPOS HEBDO. Nouveautés / Conseils / Derniers Jours.

Vous pouvez consulter plus d’une centaine de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2017 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2016, 2015, 2014, 2013, 2012.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions 2017 dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Aix-en-Provence - Albi - Les Alpilles - Angers - Angoulême - Antibes - Arles - Aubagne - Avignon - Bègles - Biarritz - Biot - Blois - Bordeaux - Bourg-en-Bresse - Brest - Cagnes-sur-Mer - Cannes - Carcassonne - Dijon - Grasse- Grenoble - Hyères - Ile-de-France : Auvers/Oise, Boulogne-Billancourt, Bussy-Saint-Martin, Chamarande, Chantilly, Châtenay-Malabry, Compiègne, Écouen, Fontainebleau, Giverny, L’Isle-Adam, Jouy-en-Josas, Malmaison, Marne-la-Vallée, Meudon, Milly-la-Forêt, Noisiel, Pantin, Pierrefitte/Seine, Poissy, Pontoise, Royaumont, Rueil-Malmaison, Saint-Cloud, Saint-Denis, Saint-Germain-en-Laye, Saint-Ouen-l’Aumône, Sceaux, Sèvres, Versailles, Vitry/Seine, Yerres - L’Isle-sur-la-Sorgue - Landerneau - Le Cannet - Le Havre - Lens - Le Rayol - Le Canadel/Mer - Les Sables-d’Olonne - Les-Saintes-Maries-de-la-Mer - Libourne - Lille : Villeneuve d’Ascq, Roubaix, Tourcoing, Croix, Graveline, Cassel, Valenciennes - L’Isle-sur-la-Sorgue - Lodève - Lyon - Marseille - Martigues - Metz - Monaco - Montauban - Montpellier - Mougins - Nantes - Narbonne - Nice - Nîmes - Nogent/Seine -Ornans - Rennes - Rodez - Rouen - Saint-Étienne - Saint-Nazaire - Saint-Paul-de-Vence - Saint-Tropez - Sérignan - Sète - Strasbourg - Toulon - Toulouse - Tours - Valence - Vallauris - Vence - Vendôme - Villeurbanne

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam : Harlem, Rotterdam, La-Haye, Bois-le-Duc, - Bâle - Berlin - Bruxelles - Genève - Liège - Londres - Madrid - Milan - Monaco - Venise

André Balbo

sources : Visites, Wim Delvoye, musée du Louvre, Christian Fabre, Galerie Perrotin